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Package salarial: plus d’un travailleur sur quatre voudrait « acheter » ou « vendre » des vacances

Sept travailleurs sur dix estiment important de pouvoir faire leurs propres choix quant à la composition de leur package salarial. Les travailleurs semblent en outre plus critiques qu’il y a deux ans quant à cette composition. Dans ce contexte, la rémunération va au-delà d'un simple salaire en espèces. Les vacances, la mobilité et la pension constituent les trois ingrédients importants.

Ces enseignements ressortent d’une enquête menée par Acerta auprès de plus de 1.700 travailleurs. La possibilité d’un échange entre des jours de vacances et du salaire en espèces se place en tête des souhaits sur les options pour leur package salarial. 31% envisageraient de ne pas prendre de jours de vacances s’ils reçoivent en échange du salaire en espèces. Ce sont en particulier plutôt les jeunes travailleurs qui sont demandeurs: 42 % des travailleurs mettant ce choix en avant ont moins de 30 ans. Mais attention: 26 % des travailleurs ne sont pas contre un échange dans le sens inverse. Ils préféreraient davantage de vacances et sont prêts à les payer avec du salaire en espèces. Un employeur désireux de répondre au maximum aux besoins de ses travailleurs prévoira par conséquent les deux possibilités.

Les travailleurs n’attendent pas la réforme des pensions

On attend encore la réforme des pensions et le budget mobilité annoncé, mais les travailleurs indiquent de toute façon que ces thèmes leur tiennent à cœur. 25% ont manifestement décidé qu’ils avaient intérêt à miser davantage sur leur pension pour plus tard. Même si la notion « plus tard » est relative: dans le questionnaire, ce sont surtout les travailleurs plus âgés qui avancent l’option d’échanger du salaire en espèces contre une constitution de pension supplémentaire.

Espèces, voiture, e-bike: autant d’éléments du package mobilité

Un travailleur sur quatre relie la composition de son package salarial à la mobilité. Ceux-là sont prêts à payer pour avoir la liberté de choisir de se rendre au travail en voiture de société ou à vélo de société électrique. Malgré l’attention publique négative pour la voiture de société et les louanges pour le vélo comme solution de mobilité, il ressort du questionnaire que la voiture de société est deux fois plus populaire que le vélo. « Ce n’est pas totalement illogique, commente Olivier Marcq, juriste chez Acerta. Pour les personnes qui vivent trop loin du travail, le vélo – même électrique – ne sera jamais une solution. L’option cash-for-car, qui existe déjà, est une bonne initiative qui va dans la bonne direction, mais il s’agit toutefois d’une solution insuffisante à la question de la mobilité. On attend encore beaucoup de la proposition plus large d’un budget de mobilité, qui est en cours de création. Mais ici aussi, on s’attend à ce que le travailleur qui a déjà une voiture de société échange en premier lieu sa grosse voiture de société contre un modèle plus petit. »

Plus de la moitié des travailleurs qui ont une voiture de société indiquent dans le questionnaire préférer jouer sur la proportionnalité: taille de la voiture, version hybride et... vacances. Olivier Marcq: « Eh oui, les travailleurs voient aussi les vacances comme une monnaie d’échange dans la question de la mobilité, ce qui prouve qu’il y a intérêt à examiner le package salarial en général et le package mobilité en particulier avec un regard totalement frais et bien plus large. »

Les travailleurs sont plus critiques qu’il y a deux ans

La pénurie sur le marché du travail laisse supposer aux travailleurs qu’ils peuvent en tirer avantage au niveau de leur rémunération. En tout cas, ils se montrent plus critiques sur ce point. « À toutes les questions qui sondent la satisfaction sur le salaire et le package salarial, les travailleurs répondent 20% moins positivement qu’il y a deux ans, observe-t-il encore. Ils sont plus critiques à propos de la composition de ce package, sont plus stricts dans leur comparaison avec les autres (les collègues et le marché) et sont en outre moins positifs également sur le rapport salaire-travail. Le lien avec les difficultés rencontrées par les employeurs pour pourvoir certains postes vacants et donc le cercle vertueux qui en découle semble clair. Les entreprises ont également intérêt à en avoir conscience. Il est important que les entreprises engagent le dialogue sur la rémunération avec leurs (futurs) travailleurs, cette rémunération étant perçue comme une partie seulement de la relation professionnelle dans son ensemble. Un élément à ne pas perdre de vue dans le dialogue est que la rémunération ne constitue qu’un aspect de la relation entre l’employeur et le travailleur, et de l’entité sociale que forme une entreprise. En outre, la rémunération va au-delà du simple salaire en espèces. »

Travailleurs et employeurs sont d’accord: il faut avoir le choix

61% des travailleurs trouvent important et 9% trouvent même très important de pouvoir choisir parmi plusieurs ingrédients pour la composition de leur package salarial. Les CEO et les managers savent donc quoi faire s’ils veulent être un employeur attractif. Il est déjà apparu qu’ils l’avaient compris lorsqu’Acerta leur a soumis les mêmes questions l’an dernier: 71% misent en effet sur une mise en œuvre flexible du package salarial. Rien n’empêche donc les parties de rémunérer de manière flexible sans pour autant augmenter les coûts salariaux de l’organisation.

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