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« On est encore très loin de pouvoir crier victoire sur le front du chômage »

Les annonces d’amélioration sur le front du chômage se succèdent. Réalité ou illusion d’optique? Deux chercheurs de l’IRES (UCL) relativisent en qualifiant la récente amélioration de « toute relative » et « bien modeste ».

Le rapport annuel 2015 de l’ONEM recense 570.902 « chômeurs » en moyenne en 2015. En 2014, ce même groupe représentait 633.361 personnes et en 1992, 705.815 personnes. Par rapport à 2014 la baisse est de 10%; par rapport à 1992, elle s’élève à 19 %. Comment interpréter ces chiffres? Le chômage a-t-il atteint en Belgique son niveau le plus bas depuis 1992? Si l’on tente de cerner la notion de chômage au sens convenu internationalement, Muriel Dejemeppe et Bruno Van der Linden montrent que (1) le chômage est plus élevé aujourd’hui qu’au début des années 90 et (2) que la récente amélioration est toute relative et bien modeste. 

L’ONEM quantifie ici le nombre de « chômeurs » que l’Office indemnise. C’est une grandeur importante pour cette institution et pour la sécurité sociale. Mais, cette notion n’est pas celle qui nous permet de prendre la mesure de l’importance du chômage. Il y a à cela deux raisons. D’abord, il faut s’entendre sur les mots. Le Bureau International du Travail (BIT) définit un chômeur comme une personne sans emploi, à la recherche d’un emploi et disponible pour occuper un tel emploi. Cette définition internationale ne précise pas si la personne est indemnisée ou non. Par conséquent, pour dénombrer la population en chômage, il faut dépasser la notion de chômage indemnisé. Surtout, lorsque des réformes, comme la limitation dans le temps des allocations d’insertion, modifient les règles d’accès à une indemnité.

Ensuite, ce qui compte ce n’est pas tant de dénombrer les chômeurs que de mesurer l’ampleur du risque de chômage. Pour cela, il faut s’intéresser au taux de chômage, qui est le rapport entre la population en chômage et celle qui souhaite travailler, qu’elle soit en emploi ou en chômage. Cette dernière porte le nom de population active. Un aspect important complémentaire est l’hétérogénéité du risque de chômage. Une même évolution moyenne peut recouvrir des évolutions divergentes selon le type de population.

Pour en savoir plus: Regards économiques, numéro 123, mars 2016.

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