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Moins d’un Belge sur deux accepterait de faire un pas en arrière pour travailler plus longtemps

Près de la moitié des entreprises emploient davantage de gens de plus de 50 ans qu'il y a quelques années. Mais travailler jusque 65 ans, voire plus, est toujours aussi peu envisageable pour beaucoup: trois Belges actifs sur quatre trouvent l'âge de la retraite trop élevé. Pour plus de la moitié des répondants, un allongement des carrières exige un travail adapté, intéressant et pas trop exigeant. Une rétrogradation vers une fonction et un salaire inférieurs n'est que peu envisagé.

Afin de maintenir les gens plus longtemps et plus heureux au travail, la ministre Maggie De Block a mis en place en début d'année la loi sur les fins de carrière en douceur. Grâce à cette mesure, les employeurs peuvent compenser la perte de salaire subie par les travailleurs qui acceptent un recul de leurs conditions. C'est dans ce contexte que Tempo-Team a interrogé la population active (via un échantillon représentatif de 2.100 travailleurs) pour évaluer les mesures qui selon elle seraient nécessaires en vue de permettre un allongement de la durée des carrières.

Les travailleurs estiment avant tout que leur travail doit rester captivant jusqu'à la fin de leur carrière (89%). Huit sur dix sont favorables à un rythme professionnel plus avantageux, avec des tâches allégées, plus de vacances et moins d'heures supplémentaires, mais sans perte du point de vue salarial. Par ailleurs, la moitié des travailleurs demandent à ce que leur entreprise investisse davantage dans les formations. Mais clairement, faire un pas en arrière au profit d'une fonction moins exigeante et d’un salaire moindre ne rallie pas la majorité: seulement quatre travailleurs sur dix peuvent l'envisager pour rester au travail plus longtemps. Et même dans ce cas, 88% ne veulent pas perdre en conditions salariales.

Des mesures demeurent nécessaires

Pour inciter le personnel à travailler plus longtemps dans de bonnes conditions, les patrons préconisent un travail captivant (91%), des tâches moins exigeantes (86%) et des horaires de travail adaptés (75%). Sept employeurs sur dix estiment qu'il faut affecter les travailleurs plus âgés aux projets réclamant une grande expérience, ou leur attribuer un rôle de parrainage des débutants. Mais cela n’est pas mis en pratique partout. Ainsi, à peine un quart des employeurs font en sorte que le travail du personnel plus âgé demeure passionnant ou que les tâches soient adaptées à leur âge. Un sur cinq seulement accorde des formations complémentaires et un rythme de travail adapté. Et un sur dix dit mener une politique du personnel adaptée à toutes les générations.

Des efforts supplémentaires se révèlent nécessaires pour motiver les gens à travailler plus longtemps, révèle l'enquête de Tempo-Team. Seul un quart des travailleurs interrogés acceptent en effet de poursuivre le travail jusque leur 65e anniversaire et 6% de poursuivre au-delà de 65 ans. Sept sur dix estiment que l'âge de la pension à 67 ans n'est pas tenable. En moyenne, les travailleurs belges aimeraient partir à la retraite à 59,8 ans. Les néerlandophones, les gens de plus de 50 ans et les travailleurs qui se sentent heureux dans leur emploi acceptent en général de travailler plus longtemps, car leur âge de retraite idéal est sensiblement plus élevé que la moyenne des francophones, des jeunes ou des collègues moins heureux.

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