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L'État belge dans le top 5 des plus mauvais payeurs européens

Une étude menée dans 29 pays en Europe montre que l'État belge compte parmi les plus mauvais pays pour ce qui est du règlement des factures impayées aux entreprises. Le slogan « Créons des emplois, des emplois, des emplois » devrait se compléter de la formule « en montrant l’exemple »: un État qui n’honore pas ses propres factures bloque les investissements en personnel et la croissance, dénoncent les auteurs.

L’European Payment Report d'Intrum fournit une mine d’informations sur la manière dont les entreprises et organisations vivent le paiement des factures dans 29 pays européens. Organisée annuellement, cette étude a recueilli 10.468 réponses, dont 669 émanant d’entreprises belges. Il en ressort que la Belgique enregistre un très mauvais score pour ce qui est des paiements de l'État à sa propre industrie. Avec la Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne, elle figure dans le top 5 des pays qui diffèrent le plus le paiement des entreprises qui travaillent pour eux.

Conséquence? Les entreprises belges respectent elles-mêmes plus difficilement leurs obligations (impôts, ONSS, TVA et accises, etc…) et perdent un avantage concurrentiel vis-à-vis de leurs collègues européens. L’effet de cascade aidant, les entreprises paient plus tard, demandent des reports et doivent aussi accepter de leurs clients des délais de paiement plus longs. L’État joue ainsi un rôle remarquable de frein sur la croissance. En matière de pression fiscale (56%), de lois et règlementation (41%) et d’attitude générale vis-à-vis des entreprises et de l’esprit d’entreprise (35%), l'État enregistre en effet aussi un score très moyen et 669 entreprises indiquent que des mesures radicales s’avèrent nécessaires. Un tiers des entreprises belges (36%) ayant participé à l’étude appellent une nouvelle règlementation de leurs voeux et 17% réclament un plan d’action spécifique.
Dans le cadre de l’European Payment Report, Intrum S.A. mène chaque année une étude portant sur 3 thèmes spécifiques: risques et incidences des retards de paiement et morale en matière de paiements ou promptitude à honorer ses factures. Ensemble, ils constituent un indice de risque. Cette dernière étude révèle à nouveau des facteurs dont il ressort que les entreprises sont toujours payées plus tardivement (67%), ce qui limite d’autant leur capacité à investir dans une extension d’activité ou en personnel. Les entreprises observent par ailleurs que leurs clients diffèrent sciemment leurs paiements et préservent ainsi leurs propres liquidités. Cela relève souvent d’une approche très calculée.

En vue de protéger les PME, l’Union européenne a publié dès 2011 une Directive sur les retards de paiement. Celle-ci vise spécifiquement les PME afin de les prémunir d’une multiplication des factures impayées. Mais à l’heure qu’il est, cette directive reste inopérante. L'État belge lui-même n’y est pas assez familiarisé. « Je vois surtout dans ces résultats qu’il reste beaucoup à faire pour ce qui est de réduire le nombre de factures impayées. La vie est dure pour tout le monde mais l'État devrait quand même faire un effort pour soutenir ses propres entreprises, observe Guy Colpaert, CEO d’Intrum. Cela générerait plus de ressources et d’oxygène pour notre économie, restaurerait la confiance et créerait dès lors aussi des emplois supplémentaires. Il est également urgent de s’attacher à la moralité en matière de paiements. Il faut que les factures puissent être honorées dans les délais de paiement existants. Cela pourrait être si simple. Ensemble, avec toutes les parties concernées, oeuvrons donc dans ce sens. »

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