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Les trois quarts des entreprises du Bel 20 rémunèrent moins leur CEO qu'en 2007

Au cours des huit dernières années, la rémunération totale a diminué dans 75% des entreprises du Bel 20, une tendance clairement supérieure à celle constatée dans les grandes entreprises cotées en bourse en France (46%), en Allemagne (33%) et aux Pays-Bas (33%). La régression constatée en Belgique est surtout due à la diminution du bonus.

Au cours des 8 dernières années (2007-2014), la rémunération globale des CEO de toutes les entreprises cotées en bourse a augmenté en moyenne de 23% en Belgique, notre pays étant précédé en la matière par l'Allemagne (32%). En France et aux Pays-Bas, l'augmentation n'est par contre que de 11%. Il existe néanmoins de grandes disparités en fonction de l'indice boursier concerné (Bel 20, Bel Mid, Bel Small). En matière de composition du pack salarial, il s'avère que la rémunération liée aux actions est en régression. Alors qu'en 2007, 45% des entreprises de l'échantillon attribuaient encore cette forme de rémunération, ce chiffre est tombé à seulement 23% en 2014. On notera par ailleurs que la rémunération variable est essentiellement déterminée par des critères financiers à court terme. Signalons enfin que la Belgique, par rapport à d'autres pays, obtient un score relativement plus élevé en termes de diversité, surtout en ce qui concerne la nationalité et le sexe du CEO.

Ce sont les principales conclusions de l'enquête annuelle portant sur les gros salaires, réalisée par le professeur Xavier Baeten de l'Executive Remuneration Research Centre de Vlerick Business School. L'échantillon 2014 se compose de 669 entreprises cotées en bourse de Belgique, de France, des Pays-Bas, d'Allemagne et du Royaume-Uni.

De grandes disparités

Indépendamment de la taille de l'entreprise, ce sont les CEO du Royaume-Uni qui gagnent le plus (4.050.000 euros), suivis par l'Allemagne (2.045.000 euros) et les Pays-Bas (1.065.000 euros). La Belgique et la France ferment la marche avec respectivement 670.000 et 495.000 euros. Il s'agit en l'occurrence de la médiane de la rémunération totale, incluant la rémunération fixe, la rémunération variable et celle dépendant du cours de l'action. Le CEO d'une grande entreprise cotée en bourse gagne près de 10 fois plus que celui d'une petite entreprise cotée en bourse.

Si la rémunération totale des entreprises du Bel 20 est orientée à la baisse, dans les petites entreprises cotées (Bel Small), la rémunération a par contre augmenté pratiquement partout (89% des entreprises). Alors que la diminution des entreprises du Bel 20 était en moyenne de 16%, on a constaté dans le Bel Small une augmentation de 45%. À titre de comparaison: entre 2007 et 2013, les salaires moyens ont augmenté de 17% en Belgique.

Si nous nous arrêtons sur la composition du pack de rémunération, on pourrait décrire la Belgique comme étant le pays affichant la plus forte aversion au risque, puisque la rémunération fixe y représente systématiquement une plus grande partie de la rémunération totale que dans les autres pays. Dans le Bel 20, 52% du pack est fixe (48% variable); dans le Bel Mid, ce pourcentage est de 58% et dans le Bel Small de 77%. Dans tous les pays, la partie de la rémunération variable a diminué. « Il s'agit d'une tendance que l'on prévoyait déjà voici plusieurs années, observe Xavier Baeten. La législation a imposé de très nombreuses obligations concernant la composition de la rémunération variable. On a par conséquent constaté un glissement vers la rémunération fixe. »

Même si l'on constate de plus en plus souvent qu'il est nécessaire d'établir un mix entre des indicateurs de performance financiers et non financiers pour déterminer le bonus, on notera néanmoins que 96% des entreprises font appel à des critères comptables (bénéfice) alors que seulement 21% d'entre elles attachent également de l'importance à leurs employés (degré de satisfaction) et à peine 10% à des critères liés au client. Xavier Baeten: « Dans le cadre de la conférence de Paris sur le climat qui vient de se terminer, on notera qu'à peine 1 entreprise sur 10 tient également compte de critères environnementaux pour déterminer le bonus, et ce alors que les entreprises jouent tout de même un rôle non négligeable en la matière. »

On constate par ailleurs que la rémunération liée au cours de l'action affiche un net recul. Alors que près de la moitié des entreprises cotées en bourse (45%) prévoyaient cette forme de rémunération en 2007, ce pourcentage est désormais retombé à 23%. C'est en France que la chute est la plus spectaculaire. La Belgique s'avère en ce sens atypique puisque les options sur actions constituent manifestement la forme la plus populaire de rémunération liée aux actions, ce qui n'est pas le cas dans les autres pays.

Diversité : la Belgique obtient un bon score

Cette année, les enquêteurs ont aussi spécifiquement cherché à établir un lien entre les caractéristiques démographiques du CEO et sa rémunération. On constate tout d'abord que seulement 3% des entreprises sont dirigées par une CEO. La Belgique fait nettement mieux que la moyenne avec 8%, alors que l'Allemagne enregistre le score le plus mauvais avec aucun CEO féminin. La Belgique obtient également un bon score en termes de nationalité, avec 35% de CEO étrangers. Seul le Royaume-Uni fait mieux (44%). « Contrairement à ce que beaucoup escomptaient, nous n'avons pas trouvé de lien entre le sexe et le niveau de rémunération, conclut Xavier Baeten. Cela s'explique toutefois, pour une grande part, par le fait qu'il y a très peu de CEO féminins. On notera par ailleurs que les CEO étrangers sont nettement mieux payés. »

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