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Les risques RH, une problématique encore sous-estimée

C’est ce qu’affirment Abdel Bencheikh et Nicolas Dufour dans une chronique publiée par Harvard Business Review. Tout en tirant le signal d’alarme: les risques psychosociaux et leurs conséquences ne représentent que 12% des « risques RH » mis en avant par les entreprises. « Evitons par conséquent de résumer les risques RH à ces derniers, comme c’est souvent le cas depuis quelques temps. »

Un ensemble de facteurs (réorganisations, exigence accrue de rendement, renforcement des expertises, mutations profondes de nombreux métiers, disparition de certaines compétences, indisponibilité croissante des ressources…) contribuent à faire peser des risques sur les ressources humaines, expliquent Abdel Bencheikh, associé fondateur de Prométhée partners et président de la commission risques RH à l’AMRAE (Association pour le management des risques et l’assurance des entreprises), et Nicolas Dufour, professeur affilié à Paris School of Business. Parallèlement, risk manager dans le secteur des assurances et membre de la commission risk management-ressources humaines de l’AMRAE.

Que faut-il entendre par « risques RH »?

Selon l’enquête menée en 2014 et 2015 par la commission risques RH de l’AMRAE auprès d’une trentaine d’entreprises nationales et internationales opérant dans différents secteurs et de taille relativement importante (représentant au total plus d’un millions de salariés), les risques RH peuvent être classés en trois familles :

52% de risques internes dont:

  • 17%: Homme clé, taux de rotation, motivation;
  • 14%: recrutement, formation, mobilité, gestion des compétences;
  • 12%: risques psychosociaux (RPS), suicides, harcèlement, santé, troubles musculo-squelettiques (TMS);

34% de risques périphériques dont:

  • 14%: conditions de travail, sûreté, sécurité;
  • 13%: réglementaire, contractuel, environnement professionnel, responsabilité sociale des entreprises (RSE);

14% de risques externes dont:

  • 6% : environnement social;
  • 5% : image, réputation;

« Plus de la moitié des risques RH identifiés sont internes à l’entreprise. En rajoutant les risques liés aux conditions de travail, de sûreté et de sécurité ainsi que les risques liés à l’image et à la réputation de l’entreprise, plus des deux tiers des risques RH répertoriés sont potentiellement maîtrisables par l’entreprise, affirment-ils. Les risques psychosociaux (RPS) et leurs conséquences, ainsi que les risques liés à la santé au travail, ne représentent que 12% des risques mis en avant par les entreprises. »

Du déni à la complexe analyse des causes

Sur les entreprises interrogées en 2014 et 2015, seules 20% reconnaissent avoir une conscience forte de l’intérêt des démarches de gestion des risques RH en tant que levier de création de valeur. Les autres restent à convaincre pour plusieurs raisons: « Le risque RH prête souvent à débat, voire à confusion, ses impacts sont difficiles à mesurer et il revêt un caractère politique au sein des organisations. Pire encore, l’analyse des causes racines et la définition de plans d’action adéquats sont complexes à formaliser. Pour ces raisons, la gestion des risques RH est souvent confidentielle et limitée à certains acteurs dans l’organisation. A cela vient s’ajouter le volet sensible des RPS considéré trop souvent et à tort comme la référence en matière de risques RH. Cet amalgame est non seulement faux mais il est surtout préjudiciable pour l’entreprise et pour ses salariés. Comme l’arbre qui cache la forêt, il empêche les organisations d’avancer sur les autres 88% qui représentent de vrais effets de levier, capables d’améliorer la performance et le bien-être des salariés. »

De la maîtrise des risques à la qualité de vie au travail

« Les risques RH sont souvent corrélés entre eux, concluent-ils. Agir en même temps sur tous les risques RH permet d’améliorer rapidement et efficacement la situation dans sa globalité. Les traiter séparément en privilégiant les plus médiatiques, ou les plus consensuels, ne permet pas de bâtir un réel dispositif de maîtrise des risques. Toute l’entreprise est concernée par la gestion des risques RH. Les ressources humaines et le département gestion des risques doivent montrer l’exemple, en travaillant de concert pour préserver, voire renforcer, la sécurité à tous les niveaux. La santé et la qualité de vie au travail, plus connues sous le sigle ’S-QVT’, constituent l’objectif final en termes de maîtrise des risques RH pour toute entreprise qui souhaite se développer et se démarquer de ses concurrents. Ce n’est pas un simple terme marketing. »

Source: Harvard Business Review France (www.hbrfrance.fr)

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