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Les risques d'automatisation des emplois varient considérablement suivant les régions à l'intérieur des pays

Le risque d'automatisation des emplois est nettement plus élevé dans certaines régions que dans d'autres à l'intérieur des pays, montre un rapport publié par l’OCDE. Ce qui implique que les pouvoirs publics devront prendre des mesures en cas de creusement des inégalités entre les territoires en matière d'emploi au cours des années à venir. L’étude met aussi en évidence des différences saisissantes entre les régions des pays de l'OCDE en termes d'accès à des emplois de qualité.

D'après le rapport Création d'emplois et développement économique local 2018 Préparer l'avenir du travail, les différences géographiques de risque d'automatisation des emplois sont d'une ampleur frappante dans les 21 pays pour lesquels des données sont disponibles. La proportion d'emplois fortement exposés au risque d'automatisation est proche de 40% dans certaines régions (en Slovaquie-Occidentale, par exemple), tandis qu'elle est de 4% seulement dans d'autres (notamment dans la région d'Oslo, la capitale norvégienne).

Dans le cadre d'analyses antérieures, l'OCDE avait estimé que dans l'ensemble de la zone OCDE, 14% des emplois environ risquaient d'être automatisés, tandis que 32% étaient susceptibles d'être profondément modifiés. Parmi les pays étudiés, c'est en Espagne que la proportion d'emplois fortement exposés au risque d'automatisation varie le plus, puisqu'on y observe un écart de 12 points de pourcentage entre la région où cette proportion est la plus élevée et celle où elle est la plus faible. Cet écart – qui tient en partie au fait que les secteurs et les emplois les plus susceptibles d'être automatisés ne sont pas répartis de manière égale sur chaque territoire national – est également important en République slovaque, en République tchèque et en France. À l'inverse, le Canada est le pays où cette variation est la plus modeste, l'écart étant seulement d’un point de pourcentage entre la région où la proportion d'emplois fortement exposés au risque d'automatisation est la plus élevée et celle où elle est la plus faible. L'Autriche et l'Italie se caractérisent également par des disparités nettement inférieures à la moyenne.

« Les innovations technologiques telles que l'automatisation peuvent alimenter la croissance de la productivité, créer de nouveaux emplois et contribuer à rehausser le niveau de vie. Mais nous devons nous prémunir contre tout creusement des disparités régionales en termes d'emploi, tant sur le plan qualitatif que quantitatif, a déclaré le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría. Nous devrions nous attacher avant tout à améliorer les compétences et l'efficience des entreprises dans toutes les régions. »

Qualité de l’emploi

Au-delà de la question de l'automatisation, l'édition 2018 du rapport Création d'emplois et développement économique local met en évidence des différences saisissantes entre les régions des pays de l'OCDE en termes d'accès à des emplois de qualité. Les disparités entre régions se sont accentuées en termes de nombre et de qualité des emplois créés, de chômage et de niveau de formation. Plus de la moitié de toutes les régions ont vu leur population d'âge actif diminuer entre 2010 et 2016. Les villes continuent d'attirer des jeunes travailleurs diplômés, au détriment des zones rurales.

La proportion de personnes occupant des emplois temporaires ou à temps partiel varie aussi sensiblement entre les régions d'un même pays. Dans des pays comme la France, la Belgique, la Hongrie, l'Italie, l'Espagne ou la Grèce, l'écart entre régions est supérieur à 10 points de pourcentage. Dans la région française d'Auvergne, par exemple, l'emploi atypique représentait 33,6% de l'emploi total en 2016, tandis que dans la région Île‑de‑France (où se trouve Paris), cette proportion était seulement de 21,7%.

De manière encourageante, le rapport indique que dans 60% des régions des 21 pays étudiés, les créations d'emplois peu susceptibles d'être automatisés ont été plus nombreuses depuis 2011 que les destructions de postes dans les secteurs fortement exposés au risque d'automatisation. Les régions où la proportion d'emplois susceptibles d'être automatisés est relativement faible tendent à être fortement urbanisées, dotées d'une main‑d'œuvre ayant un niveau de formation élevé et caractérisées par un secteur de services exportables dynamique. Le rapport appelle les pouvoirs publics à déployer davantage d'efforts pour renforcer les compétences de la main-d'œuvre, en particulier dans les zones rurales, et à améliorer l'efficience des entreprises au niveau des régions et des villes, afin qu'elles puissent réduire la proportion de travailleurs affectés à des tâches répétitives, qui sont plus exposés au risque d'automatisation. Tant les administrations centrales que les collectivités locales devront parvenir à concilier la nécessité de laisser l'automatisation renforcer la productivité avec la nécessité de gérer les pertes d'emplois qui pourraient en découler, en particulier dans les régions qui se caractérisent déjà par une faible croissance de la productivité et un chômage élevé.

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