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Les mesures gouvernementales vont soutenir une croissance de 3% en 2016, estime Agoria

Après quelques années difficiles, les entreprises technologiques belges renouent avec la croissance et la création d’emplois. Pour 2015, la fédération de l’industrie technologique Agoria table sur une croissance d’1,5%. L’an prochain, elle pourrait passer à 3%.

« Notre économie commence à cueillir les fruits des mesures prises par le gouvernement afin de résorber le handicap salarial de notre pays. On constate ainsi que les produits belges redeviennent peu à peu plus concurrentiels à l’étranger », explique Marc Lambotte, CEO d’Agoria. Et c’est une bonne nouvelle pour l’emploi dans notre pays: « Nous comptons sur 1.500 nouveaux emplois en 2016. Si nous parvenons à réduire encore plus le handicap salarial d’ici 2020, l’industrie technologique sera à l’origine de 10.000 nouveaux emplois. »

L’année 2014 s’est clôturée sur une légère croissance du chiffre d’affaires, mais le quatrième trimestre de 2014 s’est terminé sur une fausse note: l’effet des grèves contre le nouveau gouvernement, la fermeture de Ford Genk et la détérioration de la conjoncture mondiale ont subitement fait plonger les chiffres économiques dans le rouge. Heureusement, l’année 2015 a débuté par une croissance plus importante que prévu.

La numérisation, moteur de croissance

Les secteurs des camions, de l’aérospatiale et de la défense, ainsi que le secteur TIC ont tout spécialement contribué à l’amélioration des résultats. La numérisation galopante de notre économie entraîne une forte croissance chez les entreprises TIC spécialisées dans les services, le développement de logiciels et les solutions B2B. Marc Lambotte: « De plus en plus d’entreprises belges font appel à des services externes pour leur gestion TIC. Contrairement à ce que prétendent certains, la numérisation de notre économie favorise la croissance et génère de nouveaux emplois. »

Agoria estime que la croissance globale du chiffre d’affaires de cette année atteindra 1,5%. Avec un tel résultat, l’industrie technologique de notre pays renouerait ainsi avec son chiffre d’affaires de 2008, juste avant l’éclatement de la grave crise économique au lendemain de la crise bancaire.

En 2016, la croissance va encore s’accélérer. Agoria table sur une croissance totale de 3%, alimentée notamment par l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises à l’étranger. « Notre pays et tout particulièrement l’industrie technologique vivent de l’exportation. Les importants coûts salariaux en Belgique ont littéralement exclu nos produits du marché à l’étranger. Une situation qui a entraîné des restructurations et des pertes d’emploi chez nous. Heureusement, des mesures sont actuellement prises afin d’améliorer notre compétitivité. Les mesures visant à résorber le handicap salarial de notre pays devraient nous permettre de regagner des parts de marché à l’exportation. »

Au cours du premier semestre de cette année, les exportations ont enregistré une croissance de 1%, principalement grâce à une hausse de 4% des exportations vers les pays membres de l’UE. Même les exportations vers d’autres destinations, comme les États-Unis, ont signé une forte progression. Voilà qui compense la baisse des exportations vers la Chine, où l’on constate un ralentissement de la croissance. Agoria part du principe que la croissance des exportations devrait se poursuivre au deuxième semestre de cette année. Pour 2016, la fédération de l’industrie technologique prévoit une accélération de la croissance des exportations grâce à l’amélioration de notre handicap salarial.

Les exportations à l’origine de créations d’emplois

Après plusieurs années marquées par des pertes d’emplois, l’industrie technologique de notre pays peut à nouveau songer à en créer. « 1.500 nouveaux emplois devraient voir le jour en 2016 », explique Marc Lambotte. Un chiffre confirmé par un sondage auprès des CEO d’entreprises membres d’Agoria: « 56% des entreprises interrogées s’attendent à une nette amélioration de la compétitivité, tandis que 21% ont déjà des projets d’embauche concrets pour l’année prochaine. »

À l’horizon 2020, la création d’emplois devrait s’accélérer davantage grâce à la réduction progressive du handicap salarial: « Rien que dans l’industrie technologique, les mesures gouvernementales vont permettre de créer 10.000 nouveaux emplois. La vague de restructurations qui a frappé notre pays ces dernières années semble derrière nous. Cela indique une confiance renouvelée des investisseurs vis-à-vis de notre pays. »

« Même la rentabilité des entreprises s’améliore peu à peu et les investissements reprennent progressivement, après avoir atteint un niveau historiquement bas ces dernières années. » Fin 2014, notre handicap salarial était de 15,5% par rapport à nos trois pays voisins. « Ce handicap s’est creusé encore à cause de l’indice santé à la hausse et des coûts liés à l’accord social interprofessionnel. Mais des mesures gouvernementales comme le saut d’index, combinées à des augmentations de salaire dans les pays voisins, permettront à notre handicap salarial d’atteindre les 12% fin 2016 et de continuer à se réduire au cours des années suivantes. »

« Nos avantages de localisation, qui font que les investisseurs choisissent notre pays, pèsent à nouveau davantage dans la balance. À l’inverse, un inconvénient comme le handicap salarial cède peu à peu du terrain, comme nous le constatons au quotidien. Si le gouvernement venait à prendre des mesures supplémentaires dans des dossiers comme la modernisation de la loi sur la compétitivité de 1996 et une plus grande flexibilité du marché du travail, encore plus d’emplois pourraient être créés. Quoi qu’il en soit, les chiffres pour 2016 indiquent déjà un regain d’intérêt pour notre pays. »

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