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Les entreprises semblent ouvertes à l’idée de laisser au personnel la liberté de choisir entre salaire, vacances ou pension

Trois dirigeants d’entreprise sur quatre sont positifs quant à l’idée d’épargne-carrière, indique un sondage effectué auprès de 469 CEO et membres de direction. L’épargne-carrière permet aux travailleurs de définir par eux-mêmes le moment où ils prennent leurs vacances ou leurs heures supplémentaires. Le gouvernement fédéral étudie encore la mesure pour début 2018. 45% des répondants sont même favorables à l’échange de vacances contre du cash.

Parmi les sujets brûlants de la loi sur le travail faisable et maniable, on retrouve l’épargne-carrière, concept permettant aux travailleurs de mettre de côté des vacances, des heures supplémentaires ou un crédit d’heures flottantes jusqu’à un moment qu’ils jugent plus opportun de les prendre. Dès le 1er février 2018, cette option deviendra une réalité. Employeurs et travailleurs pourront alors organiser le travail et le non-travail de manière plus flexible. « La loi sur le travail faisable et maniable crée une relation plus mature entre employeurs et travailleurs, commente Olivier Marcq, juriste chez Acerta. Elle donne aux employeurs et aux travailleurs plus de marge en matière de réglementation du travail. La flexibilité est d’ailleurs une préoccupation commune à tous les acteurs. Les travailleurs sont, eux aussi, demandeurs comme le révèle notre enquête travailleurs à laquelle 70 % d’entre eux ont déjà indiqué être partisans de l’épargne-carrière. Le fait que les employeurs déclarent maintenant y être également favorables démontre que notre marché du travail est prêt et qu’un cadre législatif est nécessaire d’urgence. »

Le fait que les partenaires sociaux ne parviennent pas au Conseil National du Travail à conclure un accord sur l’épargne-carrière montre que les parties ne s’accordent pas toujours sur le mode de mise en œuvre de cette flexibilité. Olivier Marcq explique: « Cela ne signifie pas qu’employeurs et travailleurs ne trouveront pas de terrain d’entente. Si nous pouvons constater que 75% des CEO sont bel et bien enclins à une mise en œuvre concrète et que les travailleurs y sont également favorables, une étape logique consiste à conclure des accords à ce sujet au niveau sectoriel ou à donner de la marge au niveau de l’entreprise pour réglementer la question. Reste à espérer qu’on en offre rapidement l’occasion aux travailleurs et aux employeurs. »

Des vacances contre du cash?

Dans le cadre de l’épargne-carrière, la question reste d’échanger des heures contre des heures. Il s’agit uniquement de temps, de regrouper le temps presté et le temps libre. Il ressort de l’enquête d’Acerta que les CEO sont d’accord pour étendre le débat. « Naturellement, il y a aussi le lien entre heures et salaire, explique Olivier Marcq. L’idée de livrer une partie du salaire contre des vacances supplémentaires n’est pas abracadabrante et les CEO y tendent également l’oreille. 45% ont placé en pole position ‘Échanger une partie du salaire en cash contre des jours de vacances supplémentaires’ comme option offerte aux travailleurs pour composer eux-mêmes leur package salarial. Si employeur et travailleurs peuvent convenir librement au niveau de l’entreprise, nous pouvons nous attendre à des mises en œuvre intéressantes et créatives dans lesquelles les deux parties se reconnaissent. Dans ce contexte, il est important de prévoir suffisamment de flexibilité, pouvant mener à des réponses individualisées aux besoins. »

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