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Les entreprises ont engagé près de 10% de travailleurs de plus de 55 ans en plus

En moyenne, 7% des nouveaux collègues entrés en fonction en 2018 avaient 55 ans ou plus. Cela signifie que les entreprises ont engagé près de 10% de 55+ de plus qu’un an auparavant. Ces chiffres confirment la tendance en hausse des années précédentes. Sauf en Wallonie. Dans le sud du pays, le nombre d’engagements de travailleurs de plus de 55 ans a chuté d’un peu moins d’un pour cent vis-à-vis de 2017.

Les plus de 55 ans engagés sont souvent des hommes ouvriers, mais les femmes de plus de 55 ans ont clairement enclenché la vitesse supérieure. C’est ce que montre une analyse publiée par Acerta. Près d’un quart (23,5%) des nouveaux collègues engagés en 2018 avait plus de 45 ans. Ces travailleurs ont encore quelque 20 années à travailler avant de prendre leur pension et il semblerait que les employeurs aient bel et bien (re)découvert ce groupe qui commence la seconde moitié de sa carrière comme des candidats valables. « La législation et la sensibilisation concernant la pension ont permis de ‘rajeunir’ positivement le travailleur de plus de 45 ans, commente Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult. Aidés par la pénurie sur le marché de l’emploi, les employeurs sont poussés à ne plus simplement puiser dans le segment classique populaire des 25-45 ans, qui reste néanmoins bon pour près de 60 % des engagements. Les travailleurs de plus de 55 ans ne se voient plus non plus 'ralentir la cadence'. À 55 ans, les attentes professionnelles restent élevées. Cette revalorisation chez les deux parties a permis de rendre une place aux plus de 55 ans dans le flux entrant des entreprises. »

Les femmes rattrapent les hommes

Dans les segments hommes et femmes aussi, l’augmentation du nombre de plus de 55 ans engagés se dessine. En 2018, le total de femmes de plus de 55 ans engagées n’est qu’un demi pour cent en dessous du pourcentage d’hommes: 6,65 % contre 7,38%. Elles rattrapent ainsi un retard conséquent sur les travailleurs masculins du même âge.

Le luxe de pouvoir choisir

Le flux entrant de plus de 55 ans est un peu à la traîne dans les plus grandes entreprises: en 2018, les plus de 55 ans n’atteignaient pas 6% des engagements. Ceci pourrait bien être dû à l’attitude tant des employeurs que des travailleurs, commente Benoît Caufriez. « Les plus grandes entreprises offrent souvent des conditions de salaire et de travail plus intéressantes aux travailleurs plus âgés : elles proposent par exemple des congés supplémentaires liés à l’âge ou une prime plus élevée pour l’assurance groupe. Il se peut qu’en raison de ces frais supplémentaires, les plus grandes entreprises soient plus sélectives dans leur choix d’engager un travailleur plus âgé. Les plus grandes entreprises ont également la cote auprès des jeunes travailleurs, qui y voient d’innombrables occasions de développer leur carrière. »

Du mouvement parmi les ouvriers 55+

Si nous analysons les engagements des ouvriers et des employés, il s’avère que les ouvriers plus âgés sont plus engagés que les employés plus âgés: 8,3% contre 6%. « La rémunération est un facteur moins décisif pour l’engagement d’ouvriers plus âgés. C’est d’office un élément qui pèse dans la balance. En outre, le travail parfois plus dur physiquement des ouvriers ne semble pas démotiver les employeurs à engager des ouvriers plus âgés. »

Différences régionales

Des trois régions belges, la pénurie sur le marché du travail se fait le plus sentir en Flandre et c’est également là que le nombre d’engagements de travailleurs de plus de 55 ans est le plus élevé: 7,16%. En Région de Bruxelles-Capitale, les engagements de travailleurs plus âgés sont les moins présents par rapport aux autres régions: 5,8%. Cette Région compte également une population jeune, de nombreux postes d’employés et assez de 25-45 ans pour les occuper. En Wallonie, nous notons pour 2018 une baisse du nombre d’engagés de plus de 55 ans d’un peu moins d’un pour cent, à savoir de 7,61% à 6,71%.

Pas au détriment de ceux des moins de 25 ans

Dans le tableau avec la répartition des engagements en fonction des différentes catégories d’âge, nous constatons, outre une augmentation du nombre de plus de 55 ans, une baisse des engagements de travailleurs de moins de 55 ans. Cela ne signifie néanmoins pas automatiquement que les plus de 55 ans ont davantage la cote que les moins de 25 ans sur le marché de l’emploi. « Il y a davantage d’emplois qu’avant, plus de travailleurs âgés sont disponibles sur le marché du travail, les jeunes n’arrivent que plus tard sur le marché de l’emploi et ne changent pas directement de travail…, relève Benoît Caufriez. Les 7% de plus de 55 ans soulignent leur pourcentage dans le nombre total d’engagements, pas qu’il existe un chiffre absolu de plus ou moins de travailleurs âgés/jeunes engagés. Nous visons ici la répartition sur les différentes catégories d’âge. Et nous constatons que les travailleurs les plus âgés remontent. »

7%, c’est beaucoup ou trop peu?

L’augmentation du nombre de plus de 55 ans qui relèvent un nouveau défi professionnel se poursuit d’année en année. Mais 7%, c’est beaucoup ou trop peu? Benoît Caufriez: « L’âge réel de la pension aujourd’hui est 62 ans. Une personne de 55 ans doit donc en moyenne encore travailler 7 ans. Est-ce la peine d’investir dans une telle personne? C’est certain! Pour un travailleur de 55 ans, relever un nouveau défi auprès d’un nouvel employeur au cours des dernières années de sa carrière peut être une bouffée d’air frais. Attention toutefois : comme le montre une précédente enquête d’Acerta, il ne peut cependant pas s’attendre que son nouvel employeur lui garantisse automatiquement une rémunération complète calculée en fonction de l’ancienneté dont il bénéficiait auprès de son employeur précédent. D’autre part, les employeurs devront continuer à investir dans tous leurs travailleurs, comme ces travailleurs devront continuer à investir dans eux-mêmes, peu importe leur âge ou formation. Les tâches continueront d’évoluer et, par conséquent, les compétences requises aussi. Un plus de 55 ans qui entre au service d’un employeur verra son travail changer au cours de ses prochaines années de carrière et devra gérer positivement ces changements. Les nouveaux venus de plus de 55 ans ont l’avantage de pouvoir se reposer sur des années d’expérience, ce qui leur offre une base solide sur laquelle construire. La pénurie sur le marché de l’emploi a également pour conséquence qu’un travailleur plus âgé occupé chez un employeur prend peu de risques à solliciter un autre défi, ce qu’il semble faire, si l’on en croit les chiffres. Nous nous attendons à ce que le nombre de travailleurs de plus de 55 ans nouvellement engagés continue d’augmenter dans les années à venir. »

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