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Les entreprises informent trop peu leurs travailleurs des formations dont ils pourraient bénéficier

Près d’un travailleur sur trois interrogés par Acerta déclare n’avoir suivi aucune formation générale ou technique durant l’année précédente. Loi stipule pourtant que toute entreprise belge doit investir dans des formations au niveau de l’entreprise. Plus de quatre travailleurs sur dix ne savent pas si l’entreprise dispose d’un budget de formation.

Le travailleur belge suit peu de formations dans le cadre de son contrat de travail. Selon ce sondage mené auprès de 2.000 travailleurs, il apparaît que 31% des travailleurs belges n’ont suivi aucune formation l’année précédente. Un quart des travailleurs ont suivi une formation générale visant à étendre leurs connaissances dans leur domaine professionnel l’année dernière. Vingt pour cent ont reçu une formation technique uniquement, où un sujet déterminé a été approfondi.

L’ancienneté et l’âge ne semblent pas jouer un rôle déterminant dans l’accès aux formations organisées par l’employeur. Il ressort du sondage que les travailleurs plus âgés bénéficient aussi d’opportunités de formation. « Les employeurs ont manifestement compris que les travailleurs plus âgés ont également besoin de formations dans le cadre de l’employabilité durable, analyse Olivier Marcq, expert juridique chez Acerta. Qui plus est, plus un travailleur est âgé ou plus il présente d’ancienneté, plus il est apte à déterminer quelle formation il souhaite suivre. »

En termes de régions, on constate quelques différences. En Flandre, un travailleur sur quatre affirme n’avoir reçu aucune formation durant l’année précédente. À Bruxelles, ce chiffre grimpe jusqu’à pratiquement 30%, et les travailleurs wallons sont les plus nombreux à ne pas bénéficier de formation: quelque 38% des personnes interrogées certifient n’avoir suivi aucune formation l’année dernière.

Tandis qu’un nombre significatif de travailleurs ne suivent aucune formation, l’autre extrême existe aussi: certains travailleurs ont la possibilité de suivre plusieurs formations par an. En effet, plus de 11% des participants indiquent avoir profité de plus de cinq formations aux frais de leur employeur au cours de l’année passée.

Manque d’information

Il est frappant de constater que 43% des participants ne savent pas si l’entreprise dispose d’un budget de formation par travailleur. Ce pourcentage passe même à 60% si nous nous concentrons sur les moins de 30 ans. Toutefois, les jeunes travailleurs aussi ont bien entendu besoin de poursuivre leur formation. Un budget de formation peut dès lors constituer un facteur de différenciation pour les entreprises actives dans des secteurs qui rencontrent une pénurie sur le marché de l’emploi.

« Les entreprises informent trop peu leurs travailleurs des formations dont ils pourraient bénéficier, souligne Olivier Marcq. De plus, la loi prévoit que chaque organisation doit consacrer 1,9% de la masse salariale à des formations. Ce terme englobe tant les cours internes que les cours externes, mais aussi le mentorat de nouveaux travailleurs, les stages ou les explications administratives. Chaque entreprise est dans l’obligation de déclarer par le biais du bilan social comment elle réalise ces 1,9 %. Dans l’idéal, chaque société devrait déterminer un budget de formation et le communiquer à l’ensemble des travailleurs. » Dans son projet de loi relatif au travail faisable, Kris Peeters souhaite en outre convertir ces 1,9% de la masse salariale en un nombre concret de jours par travailleur et par an qui doivent être consacrés à des formations et que le travailleur pourrait imposer à son employeur.

 

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