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Les entreprises étrangères créent (un peu) plus d’emplois, mais restent réservées quant aux investissements futurs

En 2016, la Belgique a attiré 200 projets d’investissement étrangers, nous plaçant au huitième rang du classement des pays européens les plus attrayants. Pour ce qui concerne la création d’emplois, la Belgique n’est que 18e, avec 3.309 nouveaux emplois issus de projets d’investissement étrangers directs (+4%).

C’est ce qui ressort du Baromètre de l’attractivité belge, un rapport annuel d’EY qui mesure l’attractivité de la Belgique en tant que pays d’investissement. Notre pays enregistre ainsi un léger recul par rapport à l’année record 2015, mais fait mieux que durant toutes les années précédentes. Comparé à d’autres pays d’Europe occidentale, le résultat s’avère toutefois moyen. La pression fiscale élevée, la capacité d’innovation limitée et l’absence d’une solution au problème de la mobilité continuent à préoccuper les chefs d’entreprise, qui se montrent très attentistes lorsqu’il s’agit de programmer de nouveaux investissements.

Les chiffres du Baromètre de l’attractivité indiquent une relance manifeste de l’économie en Europe. Avec 5.845 nouveaux projets, le nombre d’investissements étrangers directs dans tous les pays d’Europe réunis atteint un nouveau record. La Belgique décroche le deuxième meilleur résultat jamais obtenu avec 200 projets, enregistrant pour l’occasion une baisse de 5% par rapport à l’année record 2015 (211 projets). Notre pays se situe ainsi au huitième rang du classement des pays européens les plus attrayants et doit laisser passer, comme c’est le cas depuis plusieurs années, des pays voisins tels que l’Allemagne, la France et les Pays-Bas.

Une enquête auprès de chefs d’entreprise étrangers au sujet des facteurs qui influencent l’attractivité de la Belgique fait apparaître une attitude très attentiste vis-à-vis des investissements futurs dans notre pays. Tout comme en 2015, 26% des dirigeants sondés pensent que le climat d’investissement évoluera de manière positive dans les trois prochaines années. La majorité prédit un statu quo (56%) ou un recul (7%). Cette vision peu optimiste s’exprime également dans le faible nombre d’entreprises qui ont l’intention de lancer ou d’étendre des activités en Belgique l’année prochaine (13%). Les investissements étrangers sont de taille plus réduite et créent peu de nouveaux emplois. Il s’agit d’une tendance qui s’observe dans tous les pays industrialisés. « C’est surtout la diminution de l’intérêt des entreprises américaines pour la Belgique qui est inquiétante. Si on y ajoute la fermeture récente de plusieurs filiales importantes en Belgique (Ford, Caterpillar...), cela signifie qu’à l’avenir, nous allons davantage devoir compter sur notre propre entrepreneuriat », analyse Leo Sleuwaegen, professeur de stratégie commerciale internationale à la KU Leuven. Il n’y a toutefois aucune raison de paniquer. À peine 2% des chefs d’entreprise ont l’intention de retirer des activités de la Belgique, soit le nombre le plus faible enregistré depuis le lancement de l’étude de perception en 2005.

Le score moyen de la Belgique par rapport à nos pays voisins semble imputable à une série de problèmes coriaces. La pression fiscale élevée pour les entreprises, par exemple, reste un des principaux soucis pour les investisseurs étrangers. Pas moins de 46% des chefs d’entreprises interrogés estiment que la réduction de la pression fiscale constitue la première priorité pour accroître la compétitivité de la Belgique. « Une réforme de l’impôt des sociétés s’impose. Avec le tax shift, le gouvernement Michel a fait un pas important en direction d’une plus grande compétitivité, mais il faut manifestement un effort supplémentaire pour convaincre des investisseurs étrangers d’opter pour la Belgique, estime Herwig Joosten, responsable du département fiscalité internationale chez EY. Le taux d'impôt nominal de 33,99% est le taux d’impôt des sociétés le plus élevé en Europe. Nous voyons que tous nos pays voisins diminuent leur taux d'impôt nominal global ou envisagent de le faire. Cette situation empêche non seulement des investisseurs de continuer à opter pour la Belgique, mais elle entraîne également une tendance au cours des deux dernières années de déplacement d’activités stratégiques de la Belgique vers des pays comme, la Suisse, l'Irlande... »

Différences régionales 

Pour pouvoir jouer un rôle plus important au niveau international, la Belgique se doit de miser davantage sur la technologie et l’innovation. D’après 38% des sondés, cela peut renforcer la position de la Belgique dans l’économie mondiale. La réduction des charges salariales complète le top trois; c’est une priorité pour un tiers des chefs d’entreprise, même si c’est surtout auprès des plus petites entreprises que ce point constitue un élément essentiel dans le cadre de leur flexibilité. Le problème de la mobilité, enfin, devient un obstacle de plus en plus important lorsqu’il s’agit d’attirer des investissements étrangers. De tous les chefs d’entreprise interrogés, 45% considèrent que les encombrements et l’accès à l’infrastructure routière ont un impact négatif sur leurs décisions d’investissement. La Flandre est la plus attrayante, mais ferait bien de ne pas se réjouir trop vite

Les résultats de l’étude mettent en évidence quelques différences régionales notables. Pour 42% des chefs d’entreprise interrogés, la Flandre est la région la plus intéressante pour les investissements. Ce qui frappe en l’occurrence, c’est que la Flandre séduit surtout les investisseurs qui sont déjà actifs en Belgique. Au sein de ce groupe, 65% optent pour la Flandre comme région d’investissement favorite, tandis qu’une majorité des entreprises qui n’ont pas d’activités dans notre pays s’en tiennent à la capitale (61%, contre 14% pour la Flandre). L’attractivité de la Flandre s’exprime dans les chiffres d’investissement réels. Avec 105 projets, cette région s’adjuge plus de la moitié des investissements en Belgique et laisse comme toujours la Wallonie et Bruxelles à distance. Il n’y a toutefois aucune raison de se montrer euphorique. Le nombre de projets réalisés en Flandre a sensiblement reculé par rapport à l’année dernière (passant de 141 à 105), tout comme le nombre de créations d’emplois (de 2.387 à 1.804, soit -24,4%). Bruxelles progresse de manière spectaculaire. Les 47 projets réalisés dans la Région de Bruxelles-Capitale ont généré pas moins de 660 emplois (contre seulement 48 l’année passée). La Wallonie fait mieux qu’en 2015, avec 845 emplois (+15,3%) créés par 48 projets (contre 41 projets en 2015 ou + 17,1%).Bruxelles se maintient dans le top dix européen, mais est loin d’être une Silicon Valley!

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