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Les cinq défis associés à l'absentéisme qu'il faut relever

Aujourd’hui, le coût de l’absentéisme en Belgique s’élève déjà à un quart de l’ensemble total des frais annuel des coûts de santé qui, lui, atteint 41,8 milliards d’euros. Une conférence vient de se tenir au Parlement fédéral afin d’éclairer les pistes s’ouvrant aux acteurs de terrain pour le réduire.

Le coût élevé de l’absentéisme est un fait reconnu. Ce qui est alarmant est qu’il ait pu augmenter. S’appuyant sur des rapports récents, le Professeur Dr. Ivo Nuyens (KU Leuven/Organisation mondiale de la Santé) constate de surcroit que, ces dix dernières années, le taux d’absentéisme chez les ouvriers comme chez les employés a continué de monter, ainsi que le nombre de personnes avec une allocation invalidité. En outre, les coûts du présentéisme (à savoir les frais cachés, indirects de l’absentéisme, par exemple des heures supplémentaires de collègues devant remplacer la personne absente, des livraisons tardives, des clients mécontents, …) sont souvent oubliés ou sous-estimés dans le calcul des frais. Mesurer ces coûts indirects est en effet beaucoup plus difficile.

Nastassia Gumuchdjian (EURA NOVA) a calculé que les coûts de l’absentéisme et du présentéisme en Belgique s’élèvent maintenant à 10,6 milliards d’euros par an, soit presque un quart de l’ensemble total des frais annuel des coûts de santé de 41,8 milliards d’euros. « En limitant le calcul des coûts des soins de santé à celui des simples coûts médicaux ou pharmaceutiques, nous manquons des possibilités d’économies importantes. Les entreprises sous-estiment l’impact que la politique de santé au travail  peut avoir sur leurs résultats »,  indique-t-elle. 

Le rôle de prévention 

« Il est clair que tous les acteurs sur le terrain – gouvernements, entreprises, médecins du travail, services de prévention, associations de patients,… - devront faire plus d’efforts afin de réduire l’absentéisme, et le coût social correspondant, déclare Olivier De Greve, organisateur de la Conférence Prévention. Nous devons activer une collaboration structurelle et déterminer des buts communs. Pourtant 20% des entreprises flamandes et bruxelloises ne prévoient pas de plan de prévention global, c’est ce que relèvent les chiffres récents du professeur Dr. Ivo Nuyens. C’est très alarmant, vu que les problèmes de santé connus comme l’excès de poids et l’obésité commencent à prendre des allures d’épidémie.

Selon Dr. Katrien Mortelmans (Mensura), les médecins du travail actuels doivent faire face à  cinq défis. En premier lieu, ils doivent offrir un emploi acceptable et de qualité aux employés plus âgés. Ensuite, la reprise de travail doit être évoquée immédiatement après le constat d’une incapacité de travail. De plus, le rôle des médecins du travail en promotion de la santé ne fera qu’augmenter, de même que le travail basé sur des recherches objectives va gagner en importance. Le cinquième défi, consiste en un wake-up call et clair appel à la collaboration entre tous les acteurs qui sont impliqués directement ou indirectement dans cette problématique.

Mais il y a aussi de bonnes nouvelles: selon le Professeur Dr. Lode Godderis (KU Leuven), il y a de plus en plus d’indications allant dans le sens que ceux qui travaillent sont en meilleure santé. Le travail peut donc aussi avoir un impact positif sur la santé.

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