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« L’encadrement du droit de grève est dorénavant une priorité », estime l’UWE

L’agitation organisée: trop, c’est trop, s’insurge l’Union Wallonne des Entreprises, par la voix de son président, Yves Prete, et de ses anciens présidents, Jean-François Héris, Jean-Pierre Delwart, Eric Domb, Jean-Jacques Verdickt, Jean Stéphenne et Philippe Delaunois. Voici leur prise de position.

Les dernières années ont vu se multiplier les grèves et les mouvements en tout genre. Même si la montée de la précarité suscite de légitimes interrogations, sans se prononcer sur le bien-fondé de certains mouvements, arrive un moment où trop c’est trop. Ce moment est venu.

  • Le droit au travail des non-grévistes est systématiquement bafoué;
  • Des entreprises sont mises à l’arrêt de force par des piquets de grève;
  • Des indépendants sont menacés de représailles s’ils osent ouvrir leur commerce;
  • Des voies publiques sont bloquées, ce qui empêche ou ralentit l’intervention des services d’urgence tels que pompiers ou ambulances;
  • Dans les services publics stratégiques pour le fonctionnement de certaines entreprises ou de l’économie en général, des minorités abusent de leur position;
  • L’absence ou l’impossibilité de contrôle, voire même l’exercice de rapports de forces permettent à des grévistes “de fait” de se faire rémunérer normalement.

Forts de leur capacité à bloquer l’ensemble du pays, en affirmant haut et clair leur volonté de faire tomber un gouvernement démocratiquement élu, les syndicats sortent de leur rôle.

Il devient difficile d’admettre l’absence de réaction face à la multiplication des entraves au fonctionnement normal de l’économie. Tous devraient comprendre:

  • Que la généralisation de la semaine de quatre jours de manière uniforme et décidée centralement est impossible, destructrice, et ne permettrait pas de créer les emplois dont nous avons tant besoin ;
  • Que les dirigeants d’entreprises ont besoin de leurs travailleurs, et que, de ce simple fait, ils ont tout intérêt à les respecter;
  • Qu’on ne dirige pas une société par décret et encore moins une entreprise en lui imposant une forme d’organisation du travail;
  • Qu’on n’attire pas les investisseurs en les menaçant ni les entrepreneurs en limitant leur pouvoir de décision au sein de leur entreprise. La situation de la Wallonie ne le permet pas, notamment eu égard à son besoin d’investissements étrangers. Elle n’a pas non plus intérêt à agrandir la fracture communautaire en prenant ce genre d’initiatives.

Il est plus que temps de réagir, il en va de l’avenir du pays et de l’ensemble de ses habitants.

A chacun son rôle: les dirigeants et les travailleurs au sein de l’entreprise, l’opposition parlementaire doit faire preuve de sens des responsabilités, et le gouvernement gouverner en veillant au respect de l’intérêt général. Et nous attendons des syndicats qu’ils aident à créer de l’emploi et un climat propice à l’investissement, dans un syndicalisme de construction et non d’opposition permanente.

L’encadrement du droit de grève est dorénavant une priorité. La Belgique est un des derniers pays à ne pas l’avoir compris. Dans les pays voisins, y compris ceux qui ont développé une culture de concertation, diverses mesures sont d’application ; il faut suivre la même voie. La question de la personnalité juridique des syndicats doit également être remise à l’ordre du jour.

C’est de cette manière que pourra se créer un climat dans lequel les entreprises wallonnes ont à nouveau envie d’embaucher et de se développer.

Yves PRETE, Président de l’UWE
Jean-François HERIS, Jean-Pierre DELWART, Eric DOMB, Jean-Jacques VERDICKT, Jean STEPHENNE, Philippe DELAUNOIS, anciens présidents de l’UWE

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