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Le seuil à franchir pour changer d'emploi est en train de baisser

Dans les entreprises confrontées à une pénurie de main-d'oeuvre, le personnel se montre plus ouvert à l'idée de trouver un nouvel employeur: près d’un travailleur sur deux se dit alors prêt à changer d’entreprise, montre une enquête publiée par Tempo-Team. Plus d’une entreprise sur trois serait ainsi à risque de perdre des talents suite à la pénurie de main-d'œuvre.

Plus de la moitié des entreprises belges sont aujourd'hui confrontées à la pénurie de main-d'oeuvre. Et cela se ressent sur le terrain. Quatre collaborateurs sur dix déclarent avoir plus de travail qu'autrefois. Dans les entreprises touchées par les carences en personnel, l'évaluation moyenne de l'ambiance du travail et de l'agrément entre collègues (respectivement 6,5 et 6,6 sur 10) est sensiblement moindre dans les entreprises non touchées par la pénurie (respectivement 7,0 et 7,2 sur 10). La tendance est similaire en ce qui concerne le bonheur ressenti au travail: la moyenne était de 7,2 sur 10 en 2015, lorsqu'il n'était encore (pratiquement) pas question de guerre des talents ; il est tombé à 7,0 l'an dernier, et 6,5 aujourd'hui.

Une large ouverture à un changement d'emploi

D'après l'étude de Tempo-Team menée auprès d'un échantillon représentatif de 2.904 travailleurs et employeurs (marge d'erreur maximale de l'enquête de 3,39%), il semblerait que la pénurie de main-d'oeuvre aille de pair avec une mobilité accrue des travailleurs sur le marché de l'emploi. Plus d'un tiers des patrons reconnaissent en effet éprouver des difficultés à conserver les collaborateurs talentueux. Ce que confirment d'ailleurs les travailleurs: quatre sur dix peuvent aujourd'hui envisager un nouvel emploi auprès d'un autre employeur. Or, ils n'étaient que 21% en 2015! La rotation professionnelle est sensiblement plus élevée dans les entreprises confrontées à la pénurie sur le marché du travail (47% vs 36%). Cette envie de changer d'air est surtout présente dans les petites entreprises (24%) ou chez les travailleurs de moins de 50 ans (20%).

Le salaire comme principal argument

Pour fidéliser le personnel, les travailleurs estiment que leur entreprise doit avant tout leur proposer un meilleur salaire (53%) et plus d'avantages extralégaux (38%). On constate un lien évident entre salaire et pénurie: en 2015, un bon équilibre entre travail et vie privée trônait encore en haut de la liste des priorités (50%), bien avant une rémunération attrayante (41%), qui n'était alors que cinquième au classement! Mais depuis, les choses ont changé: le salaire est redevenu l'argument numéro 1, l'équilibre travail/vie privée n'est plus que troisième (chez 35% des répondants).

Un quart des patrons est disposé à consentir une augmentation salariale pour les travailleurs performants. Parmi les autres leviers proposés, plus d'autonomie (38%), davantage de moments d'évaluation (34%), des formations et un travail captivant (30%). Mais malgré les problèmes de carence, une entreprise sur dix dit ne faire aucun effort supplémentaire pour fidéliser son personnel.

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