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Le renforcement de la croissance devrait se traduire par une progression plus marquée de l’emploi

L’économie belge devrait croître de 1,2% en 2015 et 1,9% en 2016, indique l’étude de conjoncture publiée par le Service d’analyse économique de l’IRES (UCL). L’emploi devrait quant à lui augmenter, en termes nets, de 22.600 unités en 2015 et 45.400 unités en 2016. Le nombre de chômeurs diminuerait de 11.900 unités en 2015 et 14.600 unités en 2016.

A l’avenir, la croissance de l’activité devrait bénéficier aussi bien d’un renforcement de la demande intérieure que des échanges commerciaux, soulignent les auteurs de l’étude dont une synthèse est publiée dans le numéro de juillet 2015 de « Analyses économiques et prévisions ». Au vu de l’amélioration de la confiance des ménages observée au cours des mois récents, la consommation privée devrait augmenter de façon significative sur la période de projection. La progression du pouvoir d’achat des ménages devrait cependant rester lente. En 2015, malgré le rétablissement de la situation du marché du travail et la faiblesse de l’inflation, la croissance du pouvoir d’achat serait limitée à + 1% en raison du blocage des salaires. En 2016, des augmentations de salaires pourront à nouveau être octroyées, à hauteur de maximum 0,67%, mais la hausse du pouvoir d’achat serait réduite par une inflation plus élevée (+ 1,6%) et par la décision du gouvernement de suspendre la prochaine indexation salariale. Le revenu disponible réel des ménages n’augmenterait ainsi que de 1,2% en 2016. Etant donné le regain d’optimisme des ménages, nous prévoyons une baisse du taux d’épargne sur la période de projection. De la sorte, la consommation privée afficherait une croissance supérieure à celle du pouvoir d’achat, de 1,6% en 2015 et 1,5% en 2016.

Autre enseignement: les industriels ont constaté au cours des derniers mois une augmentation significative du volume de l’ensemble de leurs commandes et de leurs commandes à l’exportation en particulier. La pression accrue sur les ressources existantes devrait inciter les entreprises à entreprendre des investissements d’extension, en particulier si la demande continue à se raffermir. Les entreprises devraient par ailleurs bénéficier d’un assouplissement des conditions d’octroi de crédits ainsi que des faibles taux d’intérêt. Malgré ces perspectives de reprise, la croissance de l’investissement des entreprises resterait négative (- 0,8%) en 2015, en raison d’un effet de seuil fortement négatif (- 1,1%) pour 2015. Sa croissance moyenne en 2016 serait en revanche positive, à 4,8%.

L’application du Pacte européen de stabilité et de croissance impose à la Belgique de continuer à réduire son déficit budgétaire. La croissance des dépenses publiques devrait dès lors rester limitée sur l’horizon de projection même si, grâce au raffermissement de l’activité économique, les efforts à consentir devraient probablement être moins importants que ceux réalisés au cours des années récentes. L’amélioration du climat conjoncturel international et, plus particulièrement, des perspectives économiques des principaux marchés d’exportation de la Belgique devraient se refléter dans une hausse de la demande extérieure sur l’horizon de projection. Prochainement, les exportations belges devraient également profiter de la dépréciation passée de l’euro face au dollar. En effet, étant donné que les échanges extérieurs s’ajustent avec un retard parfois important aux variations des taux de change, il est très probable que l’impact de l’affaiblissement de la monnaie européenne sur les exportations belges n’ait été que très limité jusqu’à présent. Cet impact devrait donc augmenter à l’avenir. L’augmentation très significative du volume des carnets de commandes étrangères des entreprises industrielles depuis février signale également que les exportations devraient retrouver une croissance plus soutenue sur l’horizon de projection. Malgré un effet de seuil très négatif (- 0,5% sur un an), les exportations belges augmenteraient de 1,8% en moyenne en 2015. En 2016, le renforcement attendu de l’activité économique mondiale engendrerait une hausse de 5,7% en moyenne.

Gonflement de la population active 

Le renforcement de la croissance attendu pour 2015 et 2016 devrait se traduire par une progression plus marquée de l’emploi que celle observée au cours des années récentes. Selon les indicateurs d’enquêtes, les perspectives d’embauches sont surtout en hausse dans les services aux entreprises. Dans l’industrie, les entreprises restent prudentes. On prévoit cependant que si leur activité continue à se raffermir, leurs besoins en main d’œuvre devraient s’accentuer. L’activité dans l’intérim continue par ailleurs à croître, au point d’atteindre en avril son niveau de septembre 2008. La croissance attendue du volume de l’activité économique ne devrait cependant pas complètement se transmettre en nouveaux emplois. En effet, le nombre d’emplois créés dépendra également de l’évolution de la productivité du travail et de la durée moyenne du temps de travail. A propos de la productivité du travail, étant donné qu’elle atteint à peine le niveau d’avant crise, il est supposé qu’elle devrait se raffermir sur l’horizon de projection. La durée moyenne du temps de travail ayant stagné en 2014, nous nous attendons également à ce qu’elle augmente avec le raffermissement de l’activité. Le nombre d’emplois devrait dès lors augmenter proportionnellement moins que le volume de travail. La croissance de l’emploi devrait en revanche continuer à être soutenue par le système des titres-services, même si le nombre de titres utilisés tend à stagner depuis quelques mois. Le plan « Activa » devrait également favoriser la création d’emplois: au 1er trimestre, 38.000 paiements ont été effectués dans le cadre de ce programme, dont 9.400 concernaient des personnes peu qualifiées de moins de 30 ans. Au total, compte tenu de ces différents éléments, 22.600 nouveaux emplois seraient créés, en termes nets, endéans 2015 et 45.400 endéans 2016.

Sur la période de projection, en plus des effets démographiques habituels, l’évolution de la population active sera affectée par les nouvelles mesures gouvernementales qui, depuis le début de cette année, imposent aux travailleurs âgés de plus de 60 ans de s’inscrire comme demandeurs d’emplois. Ces nouvelles dispositions auront pour effet de gonfler la population active, qui devrait croître de 0,3% en 2015 et 0,4% en 2016. La croissance prévue de l’emploi étant supérieure à celle de la population active, le chômage reculerait sur la période de projection, d’une manière encore limitée en 2015 mais plus significative en 2016. On prévoit ainsi une baisse du nombre de demandeurs d’emploi inoccupés de 11.900 unités endéans 2015 et 14.600 unités endéans 2016. Le taux de chômage harmonisé Eurostat atteindrait ainsi 8,1% fin 2016.

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