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Le facteur de risque le plus fréquent est la confrontation à des clients

Les facteurs de risques psychosociaux et musculo-squelettiques sont les plus répandus sur les lieux de travail en Europe. En Belgique, près de deux tiers des organisations sont confrontées à ces types de risques, indique la deuxième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents. Une même proportion des entreprises belges effectuent régulièrement de telles analyses des risques.

L’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a récemment présenté au Parlement européen à Bruxelles les principales conclusions de la deuxième enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents (ESENER-2). Les résultats de l’enquête, tirés de réponses recueillies sur près de 50 000 lieux de travail dans 36 pays, dont les 28 États membres, permettent d’avoir une vue détaillée de la façon dont les risques pour la sécurité et la santé au travail (SST) sont gérés sur les lieux de travail en Europe. Avec ses résultats aisément accessibles grâce au tableau de bord en ligne, cette enquête constitue une nouvelle ressource importante pour les décideurs politiques, les chercheurs et les praticiens.

L’enquête européenne ESENER-2 vise à déterminer comment les organisations de toutes tailles, y compris des microentreprises de 5 à 10 employés, gèrent en pratique la santé et la sécurité, et en particulier les risques nouveaux et émergents, tels que les risques psychosociaux. Les questions de l’enquête ont été adressées à la personne de l’organisation qui connaissait le mieux les aspects de la SST. Les répondants ont recensé les principaux facteurs de risque au sein de leur organisation et ont décrit la façon dont ils les gèrent. Chose importante, ils ont également fourni des informations sur les raisons pour lesquelles ils gèrent ces risques, ainsi que les principales difficultés qui les dissuadent de procéder à une quelconque analyse des risques sur le lieu de travail.

Risques psychosociaux et troubles musculo-squelettiques 

Le facteur de risque le plus fréquemment signalé est la confrontation à des clients, des patients, des élèves, etc. difficiles (58% des établissements dans l’UE-28), ce qui reflète en partie la croissance continue du secteur des services. En Belgique, 65,5% des répondants ont coché la case « oui » pour ce facteur de risque. La pression du temps (43%) est le deuxième facteur de risques psychosociaux le plus fréquemment cité dans les établissements de l’EU‑28. Les facteurs conduisant à des troubles musculo-squelettiques, tels que les positions fatigantes ou douloureuses (59,8 % en Belgique) et les mouvements répétitifs des mains ou des bras (48,4 % en Belgique), sont très fréquemment signalés dans tous les secteurs d’activité.

L’analyse des risques

Les résultats indiquent que 77,2% des établissements de l’UE-28 effectuent des analyses régulières des risques. Adapté à la Belgique, cela concerne 66,5% des entreprises. Plus de 90% des entreprises considèrent ces évaluations comme un moyen utile de gestion de la sécurité et la santé. Des différences importantes s’observent à l’échelle nationale dans la part des entreprises qui font exécuter ces analyses des risques par le personnel interne par rapport à celles qui recourent à des prestataires externes. Parmi les établissements qui indiquent réaliser régulièrement des analyses de risques, le recours au personnel interne va de 83,2% au Danemark à 7,4% en Slovénie, en passant par la Belgique: 42,3%. L’analyse des risques sur le lieu du travail menée principalement par des prestataires externes est de l’ordre de 34,4% dans notre pays. L’analyse confondue (c’est-à-dire menée tant par le personnel interne que par des prestataires externes de manière plus ou moins égale) atteint seulement les 23,3% dans notre pays. Enfin, si la taille de l’établissement a une solide influence, dans certains pays, même la plupart des plus petits établissements réalisent généralement des analyses des risques avec le personnel interne.

Une autre constatation clé fait référence à la mesure dans laquelle un taux élevé de participation (formelle ou informelle) des employés constitue un solide indicateur de bonne qualité de travail, y compris la qualité de la gestion de la SST de manière générale et la gestion des risques psychosociaux en particulier.

Près de 24% des établissements interrogés (1 sur 4), qui ne réalisent pas d’analyses régulières des risques, invoquent comme principale raison la connaissance déjà établie des risques et des dangers (83%) et l’absence de problème majeur (80%). Selon Frank Dehasque du Focal Point belge d’EU-OSHA, cela soulève la question suivante: « Ces établissements, en particulier les plus petits, ont‑ils réellement moins de problèmes ou sont‑ils simplement moins conscients des risques liés au lieu de travail? ». Selon l’enquête, les risques psychosociaux sont perçus comme le plus grand défi; près d’un établissement sur cinq, qui indique être confronté à des clients difficiles ou être soumis à des contraintes de temps, signale également manquer d’informations ou d’outils adéquats pour traiter le risque efficacement. Frank Dehasque souligne que « les risques psychosociaux sont, cependant, tout aussi gérables que les risques traditionnels de sécurité et de santé. En Belgique, plusieurs outils et documents informatifs sont disponibles sur ce sujet, notamment sur le site belge www.respectautravail.be. »

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