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Le décalage entre enseignement et marché du travail s'accentue, à en croire les employeurs

Ils sont deux sur trois à le dire: la difficulté à pourvoir les postes vacants est plus frappante que jamais. L'une des causes principales identifiées est le décalage entre ce que propose l'enseignement et les besoins du marché du travail. Cette fracture est plus nette au sud (75%) qu'au nord du pays (52%). Mais d'après 44 % des employeurs, le manque de main-d'œuvre technique et scientifique y contribue aussi.

Huit employeurs sur dix estiment que l'enseignement doit mieux répondre aux réalités du marché du travail, indique une étude publiée par Tempo-Team. Selon 84 % d'entre eux, les futurs salariés n'ont pas eu assez de cours pratiques ou connaissent mal le chemin conduisant au marché du travail (65%). Ces avis sont corroborés par six travailleurs sur dix qui, une fois leur diplôme en poche, se sont sentis insuffisamment préparés pour leur premier emploi. Les travailleurs francophones l'éprouvent, à leur tour, de manière plus perceptible que leurs collègues néerlandophones (70% versus 51%). Un salarié sur quatre regrette par ailleurs son choix d'études.

Un fossé plus profond que jamais

Les conséquences de cette distorsion entre l'enseignement et le marché du travail sont aujourd'hui plus perceptibles que jamais. En 2010, six employeurs sur dix estimaient que l'école ne préparait pas assez les jeunes ; quatre ans plus tard, cet avis était partagé par deux employeurs sur trois ; et aujourd'hui, la proportion s'élève à huit sur dix!

Plus d'une moitié des patrons estime que les jeunes ne sont pas assez poussés vers les disciplines leur offrant ultérieurement de meilleures chances de décrocher un travail. Selon 44% d'entre eux, il n'y a pas assez de profils techniques sur le marché disponible du travail.

Les entreprises reconsidèrent leurs attentes

Les employeurs reconnaissent qu'ils doivent, eux aussi, apporter leur pierre à l'édifice pour mieux faire coïncider les flux sortants de l'enseignement aux besoins du marché du travail. Quatre sur dix pensent que le recrutement doit désormais se focaliser moins sur les diplômes du candidat et davantage sur ses compétences, son potentiel et ses affinités avec la firme.

Par ailleurs, deux tiers des employeurs veulent investir davantage dans de nouveaux talents, entre autres par des stages (41%), des opérations de parrainage (31%) ou encore une formation professionnelle individuelle en entreprise (18%). L'apprentissage sur le lieu de travail porte clairement ses fruits: après une telle expérience, sept travailleurs sur dix reconnaissent qu'elle les a aidés dans la suite de leur carrière. Neuf patrons sur dix assurent que c'est aussi un bon moyen de découvrir et de recruter de nouveaux talents. Huit sur dix organisent en outre des formations pour leur personnel que 90 % des jeunes salariés se disent disposés à suivre.

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