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Le co-sourcing peut être une solution pour les carrières plus longues

C’est ce que montre une étude publiée par l’Antwerp Management School: celle-ci met en évidence un retour positif du co-sourcing, aussi bien pour les entreprises et les collaborateurs que pour les pouvoirs publics. Tous les quinquagénaires qui pratiquent le co-sourcing acquièrent des connaissances dans leur nouvelle fonction et se voient comme une valeur ajoutée dans la nouvelle entreprise.

Une façon inventive d’aborder le problème des carrières plus longues est le co-sourcing. Ce système permet aux travailleurs seniors d’une entreprise d’être employés dans d’autres entreprises, tout en maintenant leur contrat avec leur employeur d’origine. Les travailleurs restent donc entièrement sur la liste salariale de leur employeur d’origine. Les entreprises où les travailleurs sont occupés remboursent une partie de cette charge salariale. Pour l’employeur d’origine, la différence est nettement plus avantageuse qu’un RCC. La plate-forme Experience@Work promeut déjà depuis un certain temps le concept du co-sourcing en Belgique. Elle a été fondée en 2015 à titre expérimental par HazelHeartwood, KBC, Proximus et AXA, avec le soutien de SD Worx, VDAB et The Shift. Depuis sa création, soixante personnes ont été mises au travail chez un nouvel employeur. Le ministre de l’Emploi Kris Peeters est favorable à l’initiative.

Un gain pour toutes les parties

Dans le cadre de la Chaire SD Worx, David Stuer et le professeur Dr. Ans De Vos de l’Antwerp Management School ont interrogé plusieurs participants de Experience@Work. Il en ressort que le co-sourcing peut améliorer la satisfaction des travailleurs âgés en Belgique, en leur donnant le défi d’un nouvel emploi dans une autre entreprise. Tous les travailleurs jugent qu’avec leurs compétences, ils apportent une valeur ajoutée à leur nouvelle organisation. En même temps, 80% se considèrent toujours comme les ambassadeurs de leur employeur d’origine. En outre, toutes les personnes interrogées confirment que leur nouvelle fonction leur apprend des choses. Les deux tiers indiquent que ce n’était plus le cas dans leur ancienne fonction. Et trois personnes sur quatre estiment que la nouvelle fonction leur permet d’exploiter leurs atouts de façon optimale. Enfin, les travailleurs « détachés » semblent pouvoir constituer une source d’innovation pour la nouvelle organisation.

« Je suis employé chez KBC et j’ai reçu l’opportunité de travailler dans l’entreprise de travail adapté De Sleutel via le co-sourcing, témoigne Lucien Van Dijck. C’est bien sûr un tout autre secteur, mais ce nouveau défi me donne beaucoup de satisfaction et un second souffle. C’est comparable à un saut en parachute, mais avec un double parachute : on se risque à un grand saut dans une nouvelle organisation, tout en gardant la sécurité de son ancien employeur. »

L’initiative n’est pas seulement avantageuse pour les travailleurs, mais aussi pour les entreprises et l’ensemble de la société. Les entreprises qui « détachent » des travailleurs peuvent préserver leur satisfaction plus longtemps via le co-sourcing, ce qui réduit les risques de bore-out. En outre, les organisations qui détachent des travailleurs peuvent offrir des possibilités de promotion à leurs jeunes collaborateurs et réduire les coûts de la prépension/du RCC des travailleurs âgés. Et les entreprises qui « empruntent » des travailleurs ont l’opportunité d’avoir recours à l’expérience des travailleurs âgés au prix d’un profil junior. D’après Inge Janssens de Experience@Work, « le co-sourcing élimine la barrière salariale pour les travailleurs âgés. C’est très important, vu que lors des entretiens, les quinquagénaires ont indiqué ne pas vouloir trop sacrifier sur le plan de leur paquet salarial. »

Enfin, il est très précieux pour la société que l’expérience des travailleurs âgés ne soit pas perdue et qu’ils puissent rester actifs plus longtemps. Les résultats d’une étude de HazelHeartwood démontrent par ailleurs que le rendement social du projet est positif à hauteur de 1,93. Cela signifie que pour chaque euro investi, le co-sourcing génère une contre-valeur de 1,93 euros pour toutes les parties prenantes: les entreprises, les collaborateurs et les pouvoirs publics, notamment par la réduction du nombre de malades de longue durée.

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