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Le chevauchement entre privé et professionnel vaut sans doute mieux qu’une délimitation stricte

6,5 sur 10: c’est le score que s’accordent les répondants à une enquête portant sur l’équilibre entre travail et famille. La clé d’un meilleur équilibre? Ne plus dissocier totalement l'un de l'autre (pour autant que ce soit encore possible). Les travailleurs chez qui l'activité professionnelle n'est pas strictement dissociée de la vie privée, mais qui passent de l'un à l'autre au cours de la journée, semblent plus heureux et plus satisfaits de leur équilibre entre travail et vie privée.

Trouver un bon équilibre entre famille et temps de travail demeure toutefois une pierre d'achoppement chez de nombreux travailleurs. Quatre sur dix estiment que les horaires compliquent le respect des obligations domestiques, et près d’un sur cinq déclare avoir tant de travail à la maison que son boulot en pâtit. Un quart des travailleurs interrogés ne s'accordent même pas la cote de 5/10 pour l'équilibre entre travail et vie privée. Par contre, ceux qui sont satisfaits de leur répartition du temps sont nettement plus heureux dans leur travail (80% vs 32%) et éprouvent moins de stress (50% vs 82%) que les autres. Près de trois quarts des Belges disent pouvoir totalement se détendre de leur travail grâce à leur famille. Et deux tiers, qu'elle leur fait oublier tous les soucis.

Ces enseignement ressortent de l’enquête menée fin 2017 auprès d'un échantillon représentatif de 1.050 travailleurs et employeurs par un bureau d'études indépendant pour le compte de Tempo-Team, et publiée dans le cadre de la Journée Internationale de la Famille, ce 15 mai. Assez étonnamment, il semble justement qu'une délimitation moins stricte entre travail et famille soit la clé d'un meilleur équilibre entre les deux. Près d’un travailleur belge sur trois le prétend, et même 57% de ceux âgés de 20 à 34 ans. Ils se disent plus heureux au travail (72% vs 60%) et nettement plus satisfaits de la répartition du temps entre emploi et famille que leurs collègues chez qui ces deux sphères sont strictement séparées (67% vs 54%). Environ la moitié de tous les travailleurs et employeurs de Belgique envisagent favorablement un chevauchement entre les activités privées et professionnelles. Cette souplesse accrue présente surtout des avantages aux yeux des travailleurs de plus de 35 ans (42%) ou avec enfants (45%).

Une heureuse répartition du temps entre vie privée et professionnelle gagne également en importance dans le choix d'un employeur: pour 58% des salariés, c'est le critère principal au moment de poser sa candidature. C'est beaucoup plus que les 38% enregistrés en 2013. Mais durant les années de crise économique, les travailleurs accordaient nettement plus d'importance à la stabilité financière et à la saine gestion de l'entreprise.

Pouvoir faire ses propres choix

Autonomie et souplesse revêtent une grande importance pour un mariage harmonieux entre travail et famille. Ceci est confirmé par les travailleurs interrogés qui, pour une coordination optimale entre les sphères familiale et professionnelle, attendent que leur employeur adapte les horaires de travail à leur situation familiale (48%), veille à une communication claire (42%), facilite le télétravail (30%) et permette de régler des affaires de nature privée durant le temps de travail (26%). Les salariés chez qui les activités familiales et professionnelles se succèdent de façon cohérente déclarent bien plus souvent que les autres avoir le droit de travailler à domicile (38% vs 23%) et bénéficier d'horaires flottants (54% vs 44%). Une méthode qui semble se généraliser en milieu professionnel. 6 entreprises sur 10 autorisent leurs collaborateurs à fixer leurs heures de travail en fonction de leurs obligations familiales et à s'occuper d'affaires de nature privée durant leurs heures de travail. Quatre employeurs sur dix autorisent le télétravail d'un salarié dont l'enfant est malade.

Deux travailleurs sur 3 reconnaissent faire eux-mêmes les efforts nécessaires pour un bon équilibre entre travail et vie privée et s'imposer une certaine discipline. Un quart des répondants s'engagent à mieux respecter les heures de travail (31%) et dégager davantage de temps pour la famille et le conjoint (27%). Mais il y a encore du pain sur la planche, puisque les travailleurs reconnaissent eux-mêmes consacrer en moyenne 8 heures au travail pour une journée ordinaire et seulement 4 heures à leur famille.

« Les recherches ont déjà montré que la création d'un environnement de travail plus ‘permissif’ s'avère judicieux non seulement pour que le personnel éprouve un meilleur équilibre et bien-être, mais soit également plus performant et entretienne aussi de meilleures relations avec la hiérarchie, commente par ailleurs la docteure Sara De Hauw, experte en équilibre entre travail et vie privée et enseignante à l'Open Universiteit. Mais la façon d'exploiter cette souplesse et cette autonomie pour l'imbrication entre vie privée et professionnelle peut varier énormément. Je tiens ici à préciser que plusieurs enquêtes menées aux États-Unis, mais également en Belgique et aux Pays-Bas, révèlent qu'il n'est pas indispensable soit d'intégrer, soit de dissocier totalement les activités privées de celles relatives à la profession, mais qu'il vaut mieux, plus précisément, que chacun puisse opter pour son régime de prédilection et obtienne de son employeur et de sa famille la possibilité et les marges de manœuvre suffisantes afin de concilier vie privée et vie professionnelle. Bref, ce qu'il faut éviter, c'est la culture ‘always on’, celle du ‘bain professionnel permanent’, par laquelle les travailleurs auraient l'impression d'être connectés 24 heures sur 24 à leur boulot. »

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