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La santé du travailleur belge continue à régresser

Plus de quatre travailleurs sur dix pensent ne pas être à même de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension en raison d’une charge physique trop importante au travail. C’est 10% de plus qu’il y a 2 ans. La charge de travail mentale empêcherait même plus de la moitié des travailleurs de travailler jusqu’à la pension. La santé physique et mentale générale en soi a elle aussi régressé ces deux dernières années.

Ces constats ressortent du baromètre bisannuel de Securex réalisé sur base d’un échantillon de 1.754 travailleurs interrogés quant à leur bien-être physique et mental. Ainsi, le travailleur belge se sent aujourd’hui physiquement moins à même qu’il y a 2 ans de continuer à travailler:

- 10% de travailleurs en plus trouvent que la charge physique liée à leur travail ne leur permet pas de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension (40% en 2015 contre 30% en 2013).
- Plus d’1 travailleur sur 3 (38%) estime les conditions de travail physiques (ex. bruit, lumière et température) inacceptables pour pouvoir travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. En 2013, c’était seulement un peu plus d’1 sur 4 (28%).
- Selon plus d’1 travailleur sur 3 (38%), les habitudes de vie (ex. manger, dormir et bouger) ne leur permettront pas de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. En 2013, c’était seulement le cas pour 1 travailleur sur 4.
- 2 travailleurs sur 3 (66%) sont convaincus que, sur la base de leur état de santé actuel, ils pourront continuer à travailler jusqu’à l’âge légal de la pension (dans leur job actuel ou non).

L’étude montre par ailleurs que la santé physique a, elle aussi, régressé. Les travailleurs indiquent se sentir moins en forme physiquement en 2015 qu’en 2013. Ainsi, davantage de travailleurs qu’il y a 2 ans sont confrontés à une affection constatée par un médecin au dos, aux épaules ou aux jambes par exemple (46% en 2015 contre 32% en 2013). Les travailleurs se sentent aussi davantage gênés par des douleurs corporelles (34% en 2015 contre 27% en 2013) dans l’exécution de leur travail.

La santé mentale demeure un gros souci

Un peu moins de la moitié des travailleurs (49%) trouve que la charge mentale au travail (ex. stress, rythme et intensité du travail) leur permet aujourd’hui de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. En 2013, plus de la moitié (56%) en était encore convaincue. En 2013, 69% des travailleurs belges étaient d’avis que leurs conditions de travail émotionnelles (ex. ambiance de travail, collègues, clients, situations prenantes au niveau émotionnel et agression) leur permettraient de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. A présent, 61% pensent encore ainsi. 6 travailleurs belges sur 10 (61%) trouvent que leur actuel équilibre travail-vie privée leur permettra de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension (en 2013, c’était encore 74%). L’étude démontre aussi que la santé mentale en soi a diminué. Davantage de travailleurs indiquent régulièrement ne pas se sentir bien dans leur peau (40% en 2015 contre 33% en 2013). Leur travail souffre également davantage de la façon dont ils se sentent (46% en 2015 contre 35% en 2013).

Surtout les personnes peu qualifiées

En 2013, Securex remarquait déjà que les travailleurs peu qualifiés se sentaient moins à même physiquement de travailler jusqu’à l’âge de la pension que les travailleurs hautement qualifiés (65% contre 82%). En 2015, la différence entre les deux groupes a augmenté. La détérioration de la santé physique est la plus forte chez les personnes peu qualifiées (de 65% en 2013 à 53% en 2015). Cela provient probablement, en partie, du fait qu’il y a plus d’ouvriers dans le groupe des peu qualifiés aujourd’hui qu’en 2013. Et pour les ouvriers ayant un emploi contraignant au niveau physique, la santé physique constitue un obstacle plus important pour travailler deux années en plus.

Cette étude confirme que les personnes peu qualifiées sont généralement davantage exposées à des conditions de travail physiquement éprouvantes. Ainsi, 44% des personnes peu qualifiées indiquent que les conditions de travail physiques ne leur permettent pas de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension. Chez les personnes plus qualifiées, il s’agit de seulement 32%. Cela a des conséquences pour leur santé, mais aussi pour l’âge de la pension souhaité. Ainsi, les personnes peu qualifiées sont souvent demandeuses d’un départ anticipé. En Belgique, davantage de travailleurs peu qualifiés, comparativement aux travailleurs hautement qualifiés, utilisent la possibilité de quitter anticipativement le marché du travail. Ils ont souvent commencé leur carrière plus tôt, si bien qu’ils ont plus rapidement un plus grand nombre d’années de travail au compteur.

Bien que les personnes peu qualifiées – mais aussi celles hautement qualifiées – ressentent une charge mentale de plus en plus lourde et se voient par conséquent moins à même de travailler jusqu’à l’âge légal de la pension, les personnes hautement qualifiées ressentent malgré tout une meilleure santé mentale que les peu qualifiées. Cela est sans aucun doute lié à leur contexte de travail souvent ‘actif’ laissant plus de place à la capacité de s’organiser et aux possibilités d’évolution. Ainsi, près d’1 travailleur hautement qualifié sur 3 peut choisir quand il travaille (contre seulement 1 sur 4 chez les peu qualifiés). Ce qui a pour effet de réduire le stress.

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