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La rotation des travailleurs atteint son niveau le plus bas en 2015

La mobilité sur le marché du travail semble paralysée, laisse entendre une étude de Securex. En 2015, seuls 16% des travailleurs ont changé d’employeur (volontairement ou non). Depuis 2007, la rotation du personnel n’a jamais été aussi faible.

Cette situation s’explique en majeure partie par le vieillissement de la population active. Par ailleurs, les travailleurs possédant un contrat à durée indéterminée prennent de moins en moins l’initiative de changer d’employeur. D’autres facteurs qui contribuent à cette situation résident dans le rehaussement de l’âge de la pension et la suppression de la prépension. La fin des contrats temporaires devient l’un des principaux moteurs de la rotation totale du personnel en Belgique.

Entre 2010 et 2014, la rotation involontaire a légèrement augmenté, mais, en 2015, la tendance s’est inversée. Seuls 10,68% des travailleurs ont quitté leur employeur involontairement en 2015, soit un quart de moins qu’en 2014. La rotation involontaire a connu un niveau encore plus bas qu’en 2007. Dans plus de 6 cas de rotation involontaire sur 10, il s’agit de la fin d’un contrat temporaire. Dans les autres cas, il s’agit, entre autres, de ruptures de contrat, de préavis donnés par l’employeur ou de motif grave.

Cependant, la rotation volontaire continue, elle aussi, de baisser et ce, depuis 2011. En 2015, seuls 5% des travailleurs ont quitté leur organisation de leur propre initiative, éventuellement pour cause de démission ou parce que l’employeur n’a pas voulu répondre à leur demande d’adaptation des conditions de travail ou encore pour cause de fin de contrat de commun accord. En 2013, 7,01% des travailleurs ont décidé de quitter leur employeur. Ils étaient encore 6,62% en 2014.

Vieillissement de la population active = baisse de la rotation

L’une des raisons contribuant à la baisse de la rotation du personnel est le nombre de personnes de plus de 50 ans, actives sur le marché du travail, qui augmente proportionnellement chaque année. La rotation dépend, en effet, étroitement de l’âge d’un travailleur. Et souvent, l’âge va de pair avec l’ancienneté acquise ou le nombre d’années de service effectué. Plus un travailleur vieillit / plus il a de l’ancienneté, moins vite il quittera son employeur de son plein gré. Plus un travailleur a acquis de l’ancienneté, moins vite il sera licencié par son employeur. Nous ne constatons une augmentation de la rotation involontaire que dans la tranche d’âge 55+ (et une ancienneté de plus de 21 ans), du fait que nombre d’entre eux prennent leur pension. Il en résulte logiquement que l’augmentation proportionnelle du sous-groupe des travailleurs âgés sur le marché du travail implique une diminution des chiffres de la rotation totale. La rotation involontaire en 2015 a aussi été fortement influencée par le rehaussement de l’âge de la pension et la disparition du système de prépension, ce qui a soudain réduit le nombre de travailleurs qui ont pris leur pension cette année-là.

Seuls 5 sur 100 osent sauter eux-mêmes le pas

La rotation volontaire continue de baisser année après année. Les travailleurs belges se sentent-ils trop bien chez leur employeur ? Il s’avère que ce n’est pas toujours le cas. Une étude antérieure de Securex nous apprend qu’une partie des travailleurs craint de perdre son travail et ne voit souvent aucune autre perspective de carrière au sein de l’organisation ou en dehors. Par conséquent, ils se cramponnent à leur emploi actuel. D’autre part, nous savons, suite à une enquête antérieure, que plusieurs travailleurs recherchent activement des solutions en interne, par exemple via le job crafting, afin de pouvoir rester chez leur employeur.

« C’est justement l’absence de changement de travail ou d’employeur qui peut entraîner le manque de perspective d’un autre travail, commente Emely Theerlynck, HR Research Expert. Un grand nombre de travailleurs (surtout âgés?) risque de se figer dans leur travail actuel. Nombreux abandonnent en raison du stress, par exemple, parce que le contenu de leur poste ne correspond pas (plus) à ce qu’ils aiment faire ou parce qu’ils sont physiquement épuisés. Un 'bore out' menace également. De la sorte, leurs chances de pouvoir travailler ailleurs s’amenuisent encore et cela hypothèque en outre l’attente sociale d’un allongement de la durée du travail. »

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