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« La reprise, c’est toujours pour demain! »

Les perspectives d’activité des entreprises wallonnes pour les 6 prochains mois ne progressent que très modérément, relève l’Union Wallonne des Entreprises (UWE) à l’occasion de son « point conjoncturel » du printemps. L’économie wallonne ne se distingue toutefois pas de son environnement européen où la croissance des principales économies semble bloquer à environ 1,5% de croissance.

Pourtant un certain nombre de facteurs devraient jouer un rôle d’accélérateur de la reprise, indique l’UWE. À commencer par le prix du pétrole, qui est quasiment à un plancher. Les coûts de production des entreprises ont donc diminué et le pouvoir d’achat des citoyens a de son côté augmenté. D’autre part, l’euro s’est sensiblement déprécié au cours des derniers trimestres, améliorant ainsi la compétitivité des entreprises européennes, et donc wallonnes, à la grande exportation. Enfin, les taux d’intérêt ont encore baissé récemment, réduisant le coût des investissements des entreprises et des ménages. Pourtant, malgré tous ces éléments, la croissance patine.

Où est le problème?

Au moins 3 raisons peuvent être avancées pour expliquer la modestie de la reprise, d’après la fédération patronale. « D’abord un des poumons de l’économie mondiale, la Chine, respire difficilement avec un impact direct et indirect sur l’économie européenne. Pour la Wallonie, c’est via ses exportations vers l’Allemagne ou d’autres pays exportateurs directs vers la Chine, que le ralentissement chinois se fait sentir. Un deuxième facteur réside dans les séquelles de la double récession sur les entreprises. » En Wallonie, selon l’enquête UWE, seules 45% des entreprises ont retrouvé leurs marges d’avant 2008, et 55% leurs carnets de commandes.

La dernière raison, et non des moindres, est la faible confiance dans l’avenir. « Il est vrai que les facteurs anxiogènes ne manquent pas : inquiétudes sur l’état de l’économie mondiale, risque de déflation, délitement du projet européen, menaces terroristes, déséquilibres géopolitiques… Nul étonnement dès lors que les entreprises hésitent à investir. »

La croissance de 2016 aux environs de celle de 2015

Sur base de ces éléments, l’UWE prévoit aujourd’hui pour la Wallonie une croissance stable en 2016 par rapport à 2014 et 2015, soit 1,3%. La Belgique devrait faire légèrement mieux, avec 1,5% compte tenu d’une dynamique cyclique toujours un peu plus marquée au nord du pays. La Zone Euro devrait de son côté être très légèrement mieux lotie, avec 1,6%, en raison des bonnes performances affichées par les pays qui ont été le plus frappés par la crise, comme l’Irlande et l’Espagne.

Le temps est-il venu d’une relance par l’investissement public?, se demande l’UWE. « Dans un contexte de perte de confiance généralisée, la question peut être légitimement posée: ne serait-il pas temps de recréer de l’activité au travers de l’investissement public? Une relance par des projets ambitieux d’infrastructures aurait le double avantage de stimuler la croissance à court terme et de préparer les conditions de celle à plus long terme. La Wallonie pourrait, par exemple, amplifier l’alliance emploi-environnement par un vaste plan d’isolation du bâti, ou réaliser les investissements routes/voies d’eau du plan Prévot, ou encore accélérer l’équipement des zones économiques et la réhabilitation des friches industrielles. »

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