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La qualité d’emploi des aides ménagères titre-service passée à la loupe

Manque d’opportunité de carrière et d’évolution, travail pénible, faible salaire, qualité d’emploi variable selon le type de tâche prestée: la qualité d’emploi des aides ménagères titre-service, si elle est très variable selon le statut de l’employeur, reste aussi peu élevée, comme le montre une étude de l’UCL. L’obtention d’un revenu est la principale motivation des travailleurs, également motivés par l’envie d’avoir un impact social.

De 2011 à 2015, Olivier Brolis et Marthe Nyssens, chercheurs à l’UCL, ont mené une vaste enquête sur la qualité d’emploi et la motivation au travail des aides ménagères titre-service. Ils ont récolté des données auprès de 824 aides ménagères pour le compte du Cirtes, centre de recherche de l’UCL sur le travail, l’Etat et la société. Les résultats de leur étude ont été présentés ce 12 avril 2016 à Louvain-la-Neuve.

Les chercheurs de l’UCL ont observé une qualité d’emploi variable selon le statut de l’employeur. Les entreprises d’insertion sont les seules qui semblent à même d’insérer les travailleurs les plus vulnérables sur le quasi-marché des titres-services (formations plus nombreuses et plus diversifiées, niveau d’accompagnement et d’encadrement très poussé, meilleure sécurité d’emploi). Les associations d’aide aux familles et aux personnes âgées développent un environnement de travail plus stimulant (niveau d’autonomie élevée, possibilité de prendre part aux décisions de façon formelle ou informelle, meilleur salaire horaire, opportunité de carrière en interne). Les entreprises privées à but lucratif, quant à elles largement majoritaires sur ce quasi-marché, déploient généralement un modèle d’emploi basé sur une politique de minimisation des coûts, ce qui les amène à offrir une faible qualité d’emploi et à se cantonner la plupart du temps à un rôle de simple intermédiaire administratif entre l’aide-ménagère et l’usager. Toutefois, certaines de ces entreprises développent un modèle d’emploi qui tend à s’approcher de celui des entreprises d’insertion.

Problématiques observées en matière de qualité d’emploi:
- le manque d’opportunités de carrière et d’évolution. les postes d’aide-ménager ne constituent généralement pas un tremplin vers des emplois de plus haut statut, que ce soit dans l’entreprise (absence d’opportunités de carrière) ou hors de l’entreprise (manque de formations et de développement des compétences). Cette situation est problématique car un travailleur avec une ancienneté de plus de 2 ans représente un coût important (incitation pour l’employeur à favoriser un taux important de rotation des travailleurs) et car ce travail peut être caractérisé de « pénible », ce qui rend plus que compliqué l’exercice de ce métier sur l’ensemble d’une carrière professionnelle.
- le faible salaire. Les aides ménagères perçoivent, en moyenne, des salaires qui se situent en-dessous du seuil de pauvreté. En cause? La faiblesse de leur rémunération horaire et le fait que la plupart travaillent à temps partiel (le temps passé à se déplacer entre deux usagers n’est pas comptabilisé dans les heures de travail et le caractère pénible de ce métier constitue un frein au temps plein sur le long terme).
- une qualité d’emploi variable selon le type de tâche prestée. Les aides ménagères travaillant dans une centrale de repassage bénéficient d’une moins bonne qualité d’emploi que leurs homologues qui travaillent au domicile de l’usager.

Motivation au travail

Les nouveaux engagés sur le quasi-marché titre-service sont principalement motivés par l’obtention d’un revenu. Mais ils sont également motivés par l’envie d’avoir un impact social (motivation pro-sociale) en venant en aide aux usagers, ce qui a une influence positive sur leur estime de soi, leur performance et leur satisfaction au travail;
- dans les entreprises à but lucratifs, cette motivation pro-sociale a tendance à disparaitre après quelques mois d’activité car la pression exercée par la recherche de rentabilité et de minimisation des coûts ne leur laisse pas suffisamment l’opportunité de venir en aide aux usagers comme ils le voudraient.
- du côté des associations d’aide aux familles, la motivation pro-sociale semble être particulièrement favorisée de par un environnement de travail plus stimulant et de par le caractère plus régulièrement dépendant de leurs usagers.

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