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La participation des salariés dans les entreprises reste mesurée

Quand on demande aux salariés d'évaluer leur possibilité de participation dans l’entreprise sur une échelle de 1 à 10, le résultat moyen s’élève à 6,3. L’étude de Randstad relativise l’hypothèse d’une révolution du travail se traduisant par une délégation des décisions à des équipes relativement autonomes. Le soutien apporté aux syndicats et aux élections sociales demeure solide, et même est conforté.

Si nous devons en croire les consultants, une révolution de l'organisation du travail est en cours dans les entreprises. Les marchés se mondialisent et changent rapidement. La disruption numérique bouleverse de nombreux secteurs. Du coup, on assisterait à une certaine décentralisation. De plus en plus de décisions seraient déléguées à des équipes relativement autonomes. La participation du salarié moderne serait donc beaucoup plus active.

L’enquête menée par Randstad démontre cependant qu'il faut relativiser ces hypothèses. Selon les travailleurs, les possibilités de participation n'ont pas augmenté au fil du temps. La traditionnelle organisation hiérarchisée du travail résiste beaucoup mieux qu'on ne pourrait le croire. La même étude indique également que les syndicats bénéficient toujours d'un soutien solide dans les entreprises. Cet appui s’est même renforcé au cours des quatre dernières années, après un tassement antérieur.

On constate bien une légère hausse du taux de participation moyen (6,3) par rapport à 2012 (6,1 à l'époque), mais on reste en dessous du score de 2008 (6,5). Sur une longue période, il n'est donc pas question de progression structurelle, au contraire. Cette année encore, les scores du secteur privé sont supérieurs à ceux du secteur public. Cependant, cette différence ne se remarque que dans les organisations de plus de 100 personnes. Dans les institutions publiques plus petites, les travailleurs sont plus satisfaits que dans le secteur privé.

Une érosion compensée

En 2012, les canaux de participation institutionnels, comme le conseil d'entreprise, le comité de prévention et de protection au travail et la délégation syndicale avaient perdu de leur popularité par rapport à 2008. En 2016, cette perte a été globalement compensée. Il faut probablement y voir un effet conjoncturel. Par rapport à 2012, l'intérêt des salariés pour les élections sociales est en augmentation. 53% d'entre eux sont intéressés et 55% iraient voter s'ils en avaient l'occasion (72% là ou les élections sociales seront effectivement organisées). La hausse est très sensible dans les deux cas (respectivement 40 et 48% à l'époque). La diminution constatée en 2012 ne se confirme donc pas. Au contraire.

Pas d’affaiblissement du soutien aux syndicats

Enfin, le soutien apporté aux syndicats dans les entreprises reste très net après une baisse en 2012 et connaît même un renforcement. 71% des salariés affirment que les syndicats savent ce qui se passe au sein du personnel. Il y a quatre ans, ils n'étaient que 66% à le penser. 53% des salariés se sentent très concernés par l'action syndicale (44% en 2012). Contrairement à ce que certains observateurs avancent, on n'assiste donc pas à une baisse structurelle du soutien apporté aux syndicats dans les entreprises belges. L'érosion observée précédemment avait probablement des causes conjoncturelles.

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