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La grande distribution pèse lourd dans les licenciements collectifs annoncés en 2018

Après une année historiquement basse sur le front des restructurations en 2017, tant le nombre des procédures entamées que celui des licenciements annoncés sont repartis à la hausse l’an dernier. Entre janvier et décembre 2018, 87 unités techniques d’exploitation ont débuté une procédure d’information et de consultation. 6.027 travailleurs étaient concernés, pour 3.829 un an plus tôt.

Sur les 6.027 travailleurs concernés par une annonce d’intention de procéder à un licenciement collectif entre janvier et décembre 2018, 1.778 étaient occupés à Bruxelles, 3.319 en Flandre et 930 en Wallonie. C’est ce qu’on peut lire dans le dernier rapport publié par le SPF Emploi, Travail et Concertation sociale. Les secteurs de la distribution, de la transformation du métal et du transport ont été les plus touchés.

Le premier trimestre de 2018 a été caractérisé par une importante restructuration qui se fait sentir dans toutes les statistiques: Carrefour a annoncé à la fin de janvier le licenciement de 1.233 travailleurs sur un effectif total de 9.225. La restructuration des départements des hypermarchés et des services centraux de Carrefour comptent pour la moitié des licenciements annoncés au cours du premier trimestre de l’année. Cette annonce s’est fait sentir dans les chiffres de Bruxelles, où est établi le siège de la chaîne de supermarchés, et bien entendu sur le secteur de la distribution. Depuis le début des rapports (2009), c'est la deuxième fois que le SPF Emploi reçoit un licenciement collectif à grande échelle de la part de Carrefour. En 2010, il y a eu 3.363 licenciements dans le département des hypermarchés et 1.301 autres dans le département des supermarchés. Le secteur de la distribution et plus particulièrement les grands magasins subissent une forte pression depuis plusieurs années. Rappelons les cas de Delhaize (2014: 2.500 licenciements annoncés et 1.800 licenciements réalisés), Makro (2014: 353 licenciements annoncés et 333 licenciements réalisés, 2016: 568 licenciements annoncés et 563 réalisés) et Cora (2014: 448 licenciements annoncés et 447 licenciements réalisés). Les autres licenciements médiatisés ont été Nyrstar Belgique implantations de Balen et Overpelt (121 emplois du secteur métaux de base), Sanoma Media Belgium (96 emplois, auxiliaire), deux fournisseurs de Volvo Gent, Adient Belgique (81 emplois, distribution) et Faurecia (52 emplois, secteur de la métallurgie ), la distribution de matériel médical Medtronic à Opglabbeek (317 licenciements, transport) et le fabricant de chauffage Nortek Menen (71 emplois, traitement des métaux). Aussi assez spécifique le licenciement collectif à l'abattoir Verbist à Izegem (19 licenciements annoncés, agro-alimentaire).

Le deuxième trimestre, a connu initialement seulement trois annonces de licenciement collectif. Les faibles chiffres de février et de mars ont donc été maintenus. Les mois de mai et juin sont élevés, respectivement 13 et 15 annonces. Certaines annonces médiatisées ont concerné la société textile Initial à Malle (53 licenciements), le producteur de peinture Axalta Coating Systems à Malines (276 licenciements), la chaîne de supermarchés Mestdagh à Charleroi (450 emplois), le producteur d’articles de jardinage et ménagers Keter à
Dentergem (108 emplois). Avec le groupe Mestdagh qui gère les supermarchés Carrefour dans toute la Wallonie, le secteur de la distribution attire à nouveau l'attention. La pétrochimie avec Axalta Coating Systems et Keter a pour la première fois depuis longtemps un nombre relativement élevé. Pour la province du Hainaut, la même remarque doit être faite qui vaut également pour Carrefour. L'impact est régionalement plus large que pour la province puisque le groupe Mestdagh a son siège ici, mais le licenciement a atteint plusieurs filiales dans la région.

Durant le dernier trimestre de 2018, on observe, comme souvent durant cette période de l’année, moins d’annonces. Au sein du secteur du transport il y a eu un licenciement collectif relativement grand survenu chez le distributeur publicitaire BD Myshopi (124 emplois, Diegem).Ont aussi eu lieu des annonces de licenciements collectifs chez le producteur d’acier Duferco Trebos (65 emplois, Haacht), chez le producteur de snack de friture Mora (97 emplois, Mol) et dans la transformation du métal Hexcel (59 emplois, Welkenraedt). Le quatrième trimestre de 2018 a toutefois connu une forte augmentation de licenciements collectifs dans le sud de la Flandre occidentale. Sur une période de trois mois presque 400 emplois (x 2,5) perdus ont été annoncés. En particulier dans le textile, quelques licenciements sont à noté, un fabricant de tissus d’intérieurs Escolys à Deerlijk (65 emplois) et un fabricant de tapis Roger Vanden Berghe à Beveren-Leie (144 emplois). Fin du mois de septembre, le SPF Emploi a également reçu l’annonce de fermeture du fabricant de tapis Tansens & Casaert à Deerlijk (23 emplois). La même région a connu ce trimestre, en outre, le licenciement collectif d’un producteur de clôtures Betafence à Zwevegem (80 emplois) et un licenciement chez Superia radiateurs à Zedelgem (81 emplois). Une autre région impactée est celle des cantons de l’Est, avec l’annonce d’un licenciement collectif au sein de la Chocolaterie Jacques à Eupen (61 emplois) et chez le fabricant de produits de climatisation et ventilation Emerson Climate Technologies à Welkenraedt (72 emplois). Fin septembre a eu lieu également un licenciement collectif chez Hexcel. D’autres licenciements collectifs médiatisés ont eu lieu au sein du groupe de presse l’Avenir à Bouge (64 emplois), au sein du groupe Ikea (120 emplois) et chez Philips Turnhout (158 emplois).

Alors que les chiffres précédents étaient basés sur les procédures d’informations et consultations entamée en 2018, les chiffres suivants se basent, eux, sur les informations et consultations clôturées durant la période entre janvier 2018 à décembre 2018. Sur les 5.602 travailleurs initialement concernés par une annonce d’intention de procéder à un licenciement collectif, 5.088 travailleurs restent, après la procédure, touchés par un licenciement collectif.

De toutes les procédures notifiées entre janvier et décembre 2018, environ 25% ont été notifiées dans un délai inférieur à 30 jours. Plus que deux tiers des procédures d’information et de consultation ont été notifiées endéans les 90 jours. La durée moyenne de clôture de la procédure d’information et de consultation durant la période de janvier à décembre 2018 est de 81 jours. En tenant compte du fait que le calcul contient quelques valeurs aberrantes avec des durées extrêmement longues ou extrêmement courtes, il est utile de procéder au calcul de la médiane: le résultat est alors de 61 jours. A titre de comparaison, voici les données des années précédentes. En 2011: moyenne de 71/médiane de 57. En 2012: moyenne de 57/médiane de 42. En 2013: moyenne de 86/médiane de 57. En 2014: moyenne de 72/médiane de 52. En 2015: moyenne de 76/médiane de 64. En 2016: moyenne 86/médiane de 66. En 2017: moyenne 90/médiane de 80.

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