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La flexibilité a atteint ses limites, estime la FGTB

La FGTB vient de présenter les résultats de son enquête « Modern Times » 2017 à laquelle ont pris part quelque 14.500 travailleurs évoquant leurs conditions et rythme de travail, la flexibilité et les conséquences que peuvent avoir leur emploi sur leur santé. Pour l’organisation syndicale, les résultats témoignent du fait que les limites de la flexibilité ont été atteintes: « Il faut repenser en profondeur l’organisation et le temps de travail. Il est grand temps de faire marche arrière par rapport à la déshumanisation

Le travail est déjà très flexible, analyse la FGTB: journées extensibles, heures supplémentaires, horaires atypiques, temps partiels… La charge de travail pour certains est trop élevée, ou les effectifs sont à ce point insuffisants qu’il n’y a d’autre choix que de faire des heures supplémentaires (parfois ni payées ni récupérées). En outre, le temps partiel est très largement contraint. En majorité, ceux qui auraient la possibilité d’augmenter leur temps de travail le feraient volontiers.

La durée hebdomadaire de travail établie en entreprise est fixée à plus de 38h par semaine pour 33,2% des répondants. Les horaires varient régulièrement pour 16% des travailleurs à temps plein interrogés. Le travail à temps partiel concerne 44,2% des femmes et 13,8% des hommes. 80,8% travaillent de jour, du lundi au vendredi mais nous remarquons que les horaires atypiques sont fréquents. 11,9% des répondants disent travailler de nuit, 22 % travaillent en équipe, 31,2% travaillent le samedi et 20,2% travaillent le dimanche. La part de travailleurs exerçant le télétravail a augmenté entre notre enquête de 2014 et celle de 2017, de 6,2% à 9,8%. 76,6% des travailleurs de l’échantillon prestent plus d’heures que prévu dans leur contrat. Pour 23% des travailleurs les heures supplémentaires ne sont ni payées ni récupérées.

Insécurité de l’emploi

Plus de la moitié des travailleurs craignent pour leur emploi. Cette insécurité de l’emploi ou ce sentiment d’insécurité, facteur de stress, n’est pas nécessairement liée à la précarité des statuts. 53,4% des répondants disent qu’ils sont inquiets pour leur avenir dans leur entreprise. C’est dans le secteur des activités financières et d’assurances qu’ils sont les plus nombreux à l’affirmer (61,9% des répondants du secteur), viennent ensuite le secteur de l’information et de la communication (60,7% des répondants du secteur) et la sécurité/gardiennage avec 57,0% des répondants du secteur.

Technostress

Pour 80% des répondants, l’organisation du travail a un impact négatif sur la santé physique ou mentale. En cause, principalement la non adaptation du travail à l’homme: 66,3% des répondants ne peuvent adapter l’organisation de leur travail en cas de fatigue physique ou psychique, ce qui va à l’encontre du principe même de travail faisable et travail soutenable.

Les technologies modernes de communication estompent la frontière entre travail et vie privée. Elles contribuent au technostress et pas uniquement chez les cadres. La responsabilité des entreprises dans cette situation ressort à travers les réponses sur la politique de prévention – ou de réintégration - qui s’avère largement déficiente. Il en résulte le sentiment largement partagé que le travail dans ces conditions n’est pas soutenable jusqu’à l’âge de la retraite. 53,3% des travailleurs ressentent le besoin de vérifier leurs messages professionnels en dehors des heures de travail. Parmi ces travailleurs, les impacts ressentis concernent principalement le niveau de stress (57,2%), l’humeur (46,6%), la vie de famille (43,2%) et le temps consacré aux proches (35,1%).

Soutenabilité du travail

80,4% des répondants pensent que la manière dont le travail est organisé actuellement par leur employeur peut avoir des conséquences sur leur santé physique ou mentale. Les principaux maux envisagés sont le stress (83,7%), les troubles du sommeil (48,7%), le burn-out (47,7%), l’irritabilité (42,4%) et les maux de tête (36,9%). Ces conséquences avaient aussi été pointées comme importantes en 2014. 41,7% des questionnés répondent clairement qu’ils ne sentent pas capables physiquement et/ou mentalement d’exercer leur fonction actuelle jusqu’à l’âge de la pension. Seuls 11,5% des répondants affirment qu’il y a un plan pour les travailleurs âgés dans leur entreprise. Ce chiffre est inquiétant dans un contexte de réforme des pensions et de soutenabilité du travail.

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