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Égalité entre les femmes et les hommes en Wallonie: décalage entre les perceptions et la réalité

Les Wallons estiment que l’égalité des femmes et des hommes est plutôt satisfaisante dans leur région. Trois sur cinq considèrent que les discriminations les plus importantes résident dans l’accès à l’emploi. 14% des actifs disent ne pas être traités de façon égale dans leur emploi. Les stéréotypes de genre restent en outre plus présents que ces perceptions pourraient le laisser penser.

Ces enseignements ressortent du Baromètre social de la Wallonie qui s’est plus spécifiquement intéressé à la discrimination liée au genre à travers les perceptions des citoyens. Plus de 1.410 individus (marge d’erreur de 2,6% pour 95%), âgés de 18 ans et plus, ont été interrogés en face à face à leur domicile par des enquêteurs expérimentés et formés par l’IWEPS.

Pour une majorité des répondants, en Wallonie, la situation générale en ce qui concerne l’égalité des femmes et des hommes est plutôt satisfaisante: 71% des répondants partagent cet avis. Néanmoins, 17% déclarent qu’au cours des 12 derniers mois, ils ont fait l’objet d’une ou plusieurs discriminations. Lorsqu’on analyse les raisons des discriminations subies par les femmes et les hommes, la première raison citée par les femmes (22%) est le sexe? La deuxième raison citée par 17% est l’âge.
Parmi les hommes victimes, la première source de discrimination est liée à l’origine ethnique (24%) et ensuite l’âge (11%).

Trois citoyens sur cinq estiment, en tenant compte de l’environnement dans lequel ils vivent, que les discriminations les plus importantes sont dans l’accès à l’emploi. En deuxième position, pour 19% des répondants, c’est dans l’accès au logement que les discriminations sont les plus importantes. Les enquêteurs ont également demandé aux actifs, si dans leur travail, ils estimaient être traités de façon égale: 14% des actifs en Wallonie estiment qu’ils ne sont pas traités de façon égale lorsqu’ils se comparent aux personnes du sexe opposé. Ce pourcentage est plus important pour les femmes, qui sont 18% à ressentir cette inégalité de traitement en raison de leur sexe comparativement aux hommes qui sont 11% à ressentir cette inégalité (la différence selon le sexe est statistiquement significative).

En Wallonie, un tiers des actifs (34%) déclare avoir été témoin d’une situation où la carrière professionnelle d’une femme était freinée parce qu’elle avait des enfants. Et un actif sur cinq (22%) a été témoin d’une situation où une femme n’a pas retrouvé son emploi ou un emploi similaire à son retour de congé de maternité. Autre impact de la maternité: deux actifs sur dix ont vu, au cours de leur carrière professionnelle, une femme enceinte écartée d’un avantage du fait de sa grossesse.

Les stéréotypes ont la vie dure 

L’ambiance sur le lieu de travail a également été testée auprès des répondants. Ils sont 48%, soit presqu’un actif sur deux, à avoir été témoin de blagues ou propos à connotation sexuelle sur le lieu de travail. Il s’agit d’un pourcentage très important alors que ces attitudes semblent faire peu l’objet de sanctions puisque la sanction de l’auteur d’une discrimination ou d’un harcèlement sexuel par son employeur n’a été relevée que par 16% des répondants. Ils sont un peu plus nombreux, 29% des répondants, à avoir été témoins d’un rappel à l’ordre de l’auteur d’une blague ou de propos sexistes par son supérieur.

« Ce que nous révèle cette enquête, c’est que ce n’est pas tant au niveau des lois et de l’absence de réglementation que se pose actuellement le problème, concluent les auteurs. Ce qui fait obstacle à la lutte contre les discriminations, ce sont aussi les mentalités car le poids des résistances réside dans les représentations collectives des citoyens, dans des schémas stéréotypés parfois même intériorisés chez certains. » 25 affirmations ont ainsi été testées - telles que ‘pour une femme, la vie professionnelle doit être moins importante que la famille’, ‘lorsque la femme travaille à temps plein, la vie de famille en souffre’ ou encore ‘lorsque les emplois sont rares, la priorité doit être alors donnée aux hommes’ -. « L’analyse montre que les stéréotypes de genre sont bien présents au sein de la société wallonne même s’ils ne sont pas partagés par la plupart des enquêtés. C’est surtout dans les rôles dévolus aux femmes et aux hommes que les stéréotypes sont les plus prégnants. » 

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