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Deux solutions pour limiter la progression des absences de longue durée

Les absences de plus d’un an continuent à croître de façon exponentielle, tandis que les absences à court et à moyen termes restent stables, indique la dernière étude de Securex. Les problèmes psychosociaux et les troubles musculaires et articulaires constituent les causes principales. Les solutions? Bouger davantage et rester moins longtemps assis.

Chaque année, le nombre de personnes en maladie de longue durée augmente de manière structurelle dans notre pays. Les chiffres récents de l’INAMI ont clairement souligné ce phénomène et l’étude de Securex confirme également cette tendance. Fait remarquable: outre les travailleurs âgés, de plus en plus de trentenaires et de quadragénaires sont absents de leur emploi pour une longue durée. Les problèmes psychosociaux, mais aussi les douleurs musculaires et articulaires constituent les principaux motifs des absences de longue durée d’au moins un an.

L’absentéisme de longue durée a triplé depuis 2001

Sur un jour ouvrable moyen en 2016, plus de 7 travailleurs sur 100 étaient absents pour cause de maladie ou d’accident privé. Le pourcentage de maladie total a cette fois progressé de 6,95% en 2015 à 7,26% en 2016. Tout comme les années précédentes, cette évolution est déterminée par l’augmentation continue des absences de plus d’un an, une tendance également constatée par l’INAMI il y a peu. Si l’absentéisme à court (moins d’un mois) et moyen termes (d’un mois à un an) est resté stable (respectivement 2,13% et 2,02%), l’absentéisme de longue durée a enregistré une hausse de 9,51%, à savoir qu’elle s’élevait à 2,84% en 2015 et à 3,11% en 2016. Aujourd’hui, plus de 3% de l’ensemble des travailleurs sont donc absents plus d’un an. Pour la cinquième année consécutive, nous assistons à une augmentation de près de 10% ou plus. Par ailleurs, en quinze ans, le pourcentage de maladie de longue durée a triplé.

Un nombre croissant de trentenaires et de quadragénaires concernés

Il apparaît que les jeunes travailleurs sont également absents de plus en plus longtemps, une tendance qui se maintiendra probablement dans les années à venir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: en 2016, le nombre d’absents de longue durée a augmenté de 16% chez les jeunes travailleurs entre 35 et 39 ans et de 13% chez les travailleurs entre 40 et 44 ans. Ou encore: le nombre de trentenaires absents plus d’un an a doublé ces cinq dernières années et triplé en dix ans.

Une surcharge cérébrale

En 2016, les problèmes psychosociaux et les douleurs musculaires et articulaires restent les premières causes d’absences de longue durée, devançant d’autres problèmes médicaux comme les cancers et les maladies cardiovasculaires. Le nombre de jours de maladie à cause psychosociale a enregistré une hausse de 27% en cinq ans. Les troubles musculaires et articulaires, deuxième cause de l’absentéisme de longue durée, sont restés stables. Chaque année, ils sont responsables d’un pourcentage identique du groupe croissant des absences de longue durée, sauf pour les 25-29 ans, pour lesquels Securex constate une augmentation de 21% en cinq ans.

« Nous remarquons toujours plus de travailleurs excessivement stressés présentant plusieurs douleurs liées au stress (+30 %), qui peuvent même devenir chroniques dans certains cas, analyse Heidi Verlinden, HR Research Expert. La progression du stress touche particulièrement les trentenaires. Selon le Werkbaarheidsmonitor (Moniteur du travail faisable), ils ont décroché la palme du déséquilibre vie privée-vie professionnelle en 2016. En effet, ils placent la barre très haut au niveau professionnel comme au privé et jonglent avec l’éducation des enfants, la construction ou transformation d’une habitation et l’ambition professionnelle. Les jeunes travailleurs apparaissent aussi plus sensibles aux stimuli des médias sociaux. En outre, n’oublions pas que d’autres problèmes psychosociaux, comme la dépression et les troubles de l’anxiété, surviennent plus souvent, comme nous l’affirment l’Organisation mondiale de la santé et l’Institut pharmaco-épidémiologique belge. »

Nous sommes assis trop longtemps

Il est évident que le vieillissement croissant et le relèvement de l’âge de la pension expliquent en grande partie l’absence de longue durée à la suite de douleurs musculaires et articulaires, principalement chez les travailleurs âgés. Les ouvriers exerçant un travail lourd d’un point de vue physique sont également toujours plus touchés par l’absence de longue durée au travail que les employés (+10% contre +7,5% entre 2015 et 2016). Cependant, de plus en plus de jeunes travailleurs sont absents en raison de douleurs physiques. Si le stress constitue parfois la source de ces douleurs musculaires et articulaires, il n’en est pas la seule cause.

« Nous sommes plus souvent assis qu’en mouvement et cela entraîne de nombreux risques pour la santé, pour les jeunes et les moins jeunes, explique-t-elle. Un style de vie actif entretient par contre les muscles et les articulations. De plus, s’asseoir moins présente d’autres avantages pour la santé, comme des yeux moins fatigués, un risque inférieur de maladies cardiaques et vasculaires, un indice de masse corporelle moins élevé, un risque moindre de différentes formes de cancer et de diabète de type 2. Ces bénéfices lié à un comportement moins sédentaire se font sentir, et ce que les personnes effectuent des exercices physiques intensifs ou modérés. Un style de vie sain associé à une activité physique suffisante prévient, en outre, l’excès de stress et la maladie d’Alzheimer. Il prolonge la durée de vie d’un an en moyenne. »

Les employeurs toujours plus favorables à un style de vie sain

« Les organisations belges investissent toujours davantage dans une politique proactive en matière de santé: près de 6 employeurs sur 10 accordent, selon leurs travailleurs, de l’attention à la charge physique de ceux-ci et près de 1 sur 2 se préoccupe également de la charge mentale, indique encore Heidi Verlinden. Actuellement, les entreprises qui promeuvent un style de vie sain auprès de leurs travailleurs restent minoritaires, mais leur nombre augmente: de 37% en 2013 à plus de 40% en 2015 et 43% en 2017. Et cet investissement est rentable, car chaque euro investi par les entreprises dans leur politique relative à la santé permet de réduire les coûts de l’absentéisme de 2,5 à 4,9 euros. Les travailleurs qui prennent eux-mêmes des initiatives en faveur d’une carrière et d’un style de vie sains renforcent encore ce résultat. »

Kris De Meester, Manager Health & Safety Affairs à la Fédération des entreprises de Belgique, ajoute: « L’employeur porte une responsabilité essentielle pour veiller au bien-être de ses travailleurs, mais bien d’autres actions sont possibles. Promouvoir la santé au travail peut également représenter une valeur ajoutée pour la faisabilité des emplois et la capacité de travail des travailleurs. En effet, les travailleurs attentifs à un style de vie sain et à une activité physique suffisante parviennent à mieux gérer la pression physique et émotionnelle. De ce fait, ils abandonneront ou décrocheront moins vite et leur éventuel retour au travail se fera aussi plus rapidement et plus facilement. Néanmoins, peu d’entreprises réfléchissent systématiquement aux bénéfices professionnels et personnels d’une gestion de la santé. »

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