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Deux fois plus d’employés que d’ouvriers optent pour le crédit-temps

Le pourcentage de travailleurs qui prennent un crédit-temps croît chaque année. Ces cinq dernières années, la part totale de travailleurs en crédit-temps a augmenté de plus d’un quart. Il est frappant de constater que de manière générale, les employés recourent deux fois plus au crédit-temps que les ouvriers.

C’est ce qu’il ressort d’une étude d’Acerta sur l’évolution des différents types de crédits-temps. Le crédit-temps est une forme de temps libre supplémentaire auquel le travailleur peut prétendre dans un cadre légal. Durant la période de crédit-temps, l’exécution du contrat est suspendue sans salaire ou le travailleur passe au travail à temps partiel. Les pouvoirs publics versent une allocation pendant la durée du crédit-temps. Ces dernières années, les possibilités de prendre simplement un crédit-temps assorti d’une indemnité sont devenues restreintes. Depuis janvier 2015, l’âge de la pension pour l’aménagement de la fin de carrière, c’est à dire une procédure de réduction de la carrière, a été relévé de 55 à 60 ans. Outre le système de crédit-temps général, il existe les congés thématiques. Il s’agit ici d’un crédit-temps pris en raison de circonstances particulières : congé parental, assistance médicale pour un membre de la famille gravement malade et congé palliatif. L’ONSS octroie une indemnité majorée pour ces congés thématiques.

Les cinq dernières années, la part totale de travailleurs en crédit-temps a augmenté de 1,94% à 2,49%. Le crédit-temps thématique, comme le congé pour soigner un membre de la famille malade ou le congé parental à temps partiel, a principalement connu une croissance soutenue pendant cette période. Le nombre de travailleurs qui s’occupent d’un membre de leur famille gravement malade a triplé. En 2012, 0,03% de l’ensemble des travailleurs du secteur privé ont décidé de prendre un congé à temps plein, et 0,05% à temps partiel, en vue d’une assistance médicale. En 2016, ces chiffres s’élèvent respectivement à 0,08% et 0,15%.

Disparition du tabou auprès des hommes

En ce qui concerne l’essor du crédit-temps thématique, le congé parental à temps partiel prend surtout une grande partie à son compte. Depuis 2012, il affiche manifestement une tendance à la hausse et, par conséquent, a augmenté de 30 % pendant ces cinq ans. Benoit Caufriez, Account Manager chez Acerta, précise le phénomène: « Chez les hommes principalement, le tabou lié au congé parental semble s’effacer toujours davantage. Le nombre d’hommes qui ont demandé un congé parental à temps partiel durant les cinq dernières années a enregistré une augmentation de 40 %. Comme les mères, les pères souhaitent pouvoir passer du temps avec leur enfant. Si, en outre, ils prennent le congé parental à temps partiel à une autre période que la mère, avant les douze ans de l’enfant, une famille peut économiser un montant élevé pour la garde. Nous escomptons une poursuite de la croissance de cette tendance à l’avenir. »

De manière générale, un nombre bien plus élevé de femmes que d’hommes optent pour les différentes formes de crédit-temps. En termes de pourcentages, les hommes sont en train de réduire cet écart: en 2012, 25% de l’ensemble des travailleurs qui sollicitaient un crédit-temps étaient des hommes, contre pratiquement 30% déjà en 2016.

Disparité entre les employés et les ouvriers

Manifestement, dans l’ensemble, les employés recourent plus de deux fois plus au crédit-temps que les ouvriers. Cette part reste surtout très faible chez les ouvriers masculins, puisque seuls 1,6% d’entre-eux ont demandé un crédit-temps, contre 3,2% des employés. « Les employés sont souvent plus informés de leurs droits que les ouvriers, note-t-il. En outre, dans l’univers des ouvriers, il règne toujours une culture selon laquelle le crédit-temps et le congé parental ou palliatif ne sont pas convenables. » Près de trois fois plus d’employés que d’ouvriers ont choisi de prendre un congé parental à temps partiel. Seul le congé pour assistance médicale — à temps plein comme à temps partiel — survient curieusement plus souvent chez les ouvriers.

Le travail à quatre cinquièmes le plus populaire

Plus de la moitié des personnes qui bénéficiaient d’une forme de crédit-temps lors des cinq dernières années l’ont utilisé sous la forme du travail à quatre cinquièmes. Au total, 61% des travailleurs en crédit-temps choisissent actuellement ce régime. Les interruptions totales ou les emplois à mi-temps ont clairement perdu en popularité.

Modifications légales du crédit-temps

En 2015, un certain nombre de facettes du cadre juridique en matière de crédit-temps ont été modifiées. D’un point de vue légal, le crédit-temps motivé reste inchangé. En revanche, l’âge pour la diminution de carrière jusqu’à l’âge de la pension a été relevé de 55 à 60 ans, et les allocations pour les crédits-temps sans motif ont été supprimées. Si, dans les deux cas, le travailleur a encore le droit de demander ces formes et l’employeur est encore obligé d’attribuer le crédit-temps sans motif, aucune indemnité n’est plus octroyée à cet effet.

L’influence des modifications du cadre juridique ne se reflète pas encore dans les chiffres. En effet, le législateur avait demandé l’entrée en vigueur de cette mesure bien à l’avance. Bon nombre de travailleurs entre 55 et 60 ans à ce moment-là y ont eu recours pour bénéficier encore rapidement de l’aménagement de fin de carrière avant l’augmentation effective de l’âge. Nous attendons un recul du crédit-temps à long terme à la suite de ces adaptations légales.

Travail faisable sans crédit-temps

Au niveau des entreprises, il existe une multitude de possibilités — en accord avec l’employeur et le travailleur — pour parvenir à des solutions qui procurent plus de flexibilité au travailleur concernant le nombre d’heures de travail, ou le lieu et le moment du travail. « Dans le cadre des soins aux enfants ou à un membre de la famille malade, le télétravail peut par exemple soulager une préoccupation majeure sur le plan de la garde. Dans ce cas, l’employeur et le travailleur peuvent facilement déboucher sur un compromis », selon Benoit Caufriez.

Dans le contexte du travail faisable, la proposition de Kris Peeters relative à l’épargne-carrière peut offrir une solution pour les personnes qui requièrent du temps libre supplémentaire à des moments déterminés de leur vie. « Avec l’épargne-carrière, un travailleur peut travailler plus dur durant les périodes de pointe, pour ensuite prendre des vacances supplémentaires quand il en a besoin. De plus, le travailleur peut constituer chaque année un certain nombre de jours de vacances comme avantage extralégal, en accord avec l’employeur. Il peut éventuellement prendre ses jours de vacances épargnés au fil des années, conclut-il. Néanmoins, le cadre légal actuel permet déjà d’offrir davantage de vacances aux travailleurs. Ainsi, le travailleur peut par exemple convertir une partie de son bonus en des congés payés supplémentaires sans que le coût salarial pour l’employeur augmente de ce fait. Le travailleur qui preste des heures supplémentaires peut également décider de ne pas percevoir le sursalaire pour les heures supplémentaires et de convertir celles-ci en repos compensatoire complémentaire. Il devra par contre convenir avec son employeur du moment précis où il prendra ce repos compensatoire. »

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