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Dans l’équation ‘travail/bien-être’, le temps reste une variable centrale, mais l’espace gagne en importance

Quand on demande aux Français travaillant dans un bureau ce qu’il leur faudrait en priorité pour améliorer leur bien-être et leur efficacité au travail, c’est la demande de flexibilité temporelle accrue (« pouvoir choisir plus librement l’aménagement de votre temps de travail dans la semaine ») qui arrive en tête. Le deuxième choix — en forte progression — porte sur l’espace: un répondant sur quatre souhaite « pouvoir choisir plus librement son lieu de travail selon ses besoins ».

Tous les deux ans depuis dix ans, Actineo publie son baromètre qui décrypte, analyse et mesure l’évolution des modes de vie des Français au travail, sous la direction scientifique d’Alain d’Iribarne, chercheur au CNRS et président du conseil scientifique d’Actineo. Cette édition montre que les actifs français sont de plus en plus conscients de l’influence de l’espace de travail sur le bien-être au travail.

Ceux qui travaillent dans un bureau sont-ils heureux? Oui… en apparence! Si la très grande majorité des actifs interrogés (87%, un chiffre en hausse de 7 points depuis l’édition 2017) se déclarent « satisfaits de leur qualité de vie au travail », d’autres indicateurs remettent en question cette satisfaction globale. Se sentir « stressé dans son travail » est le lot de 46% des actifs. Et 42% d’entre eux se prennent parfois à penser que « leur travail manque de sens ». Plus inquiétant encore, parmi les 63% qui sont, peu ou prou, d’accord avec l’affirmation « mon employeur se préoccupe de mon bien-être au travail », seuls 17% en sont tout à fait convaincus. Ainsi, plus d’un tiers d’actifs travaillant dans un bureau (et près d’un sur deux dans les très grandes entreprises) pensent que leur employeur ne se préoccupe pas de leur bien-être.

Parmi les actifs travaillant dans un bureau, seulement 13% sont insatisfaits de leur qualité de vie au travail. Cependant, parmi ces 13%, on note une insatisfaction plus forte chez ceux qui pratiquent le flex-office, avec 22% d’insatisfaits. Les « sans bureau fixe » s’installent, dans 60% des cas, dans un espace partagé et, pour 15%, à un poste « dans un espace isolé, où ils sont seuls ». Mais 24% d’entre eux déclarent s’installer soit dans un espace ouvert, soit dans à un poste de travail individuel, selon ce qui est disponible à leur arrivée.

Si tous les bureaux ne se sont pas mués en open space, il n’en reste pas moins que les lieux de travail connaissent une lente mais sûre métamorphose. Le phénomène du « travailleur nomade » qui, smartphone en poche et ordinateur portable sous le bras, passe de cafés en hôtels, et de halls de gare en jardins publics, est en pleine croissance. On en compte 53% en 2019, soit 5 points de plus qu’en 2017. Les travailleurs nomades réguliers (qui travaillent en dehors de leur lieu principal de travail au moins plusieurs fois par semaine), quant à eux, restent stables, à 30%. Ils représentent près d’un actif travaillant dans un bureau sur deux (47%) en Ile-de-France et 47% également chez des Millennials (18-29 ans). Où travaillent ces travailleurs nomades réguliers? Pour 62% d’entre eux, dans les transports en commun, premier score devant les cafés et restaurants (53%) et les espaces voyageurs des gares et des aéroports (30%). Un bémol cependant: les transports en commun sont essentiellement des lieux subis, et ceux qui les utilisent se disent, à 53%, contraints d’y travailler.

Contrairement aux transports en commun, le domicile est un lieu de travail de plus en plus apprécié. 54% des interrogés affirment « utiliser leur domicile comme lieu de travail dans le cadre de leur activité professionnelle » et pratiquent ainsi un télétravail ponctuel et informel. Ils sont 29% à déclarer pratiquer le télétravail. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un accord formel entre le salarié et l’employeur, puisque 70% des télétravailleurs déclarent que cette pratique s’inscrit dans un cadre juridique strict. Pouvoir travailler depuis chez soi est largement perçu comme un avantage. Pour 80% de ceux qui pratiquent le télétravail,c’est une source de satisfaction, et lorsqu’on demande aux actifs où ils préféreraient travailler, ils ne sont pas moins de 26% à opter pour une solution « uniquement en télétravail à domicile ». On ne s’étonnera pas de voir cette proportion monter à 40% chez ceux qui habitent à plus d’une heure de leur lieu de travail (ce qui est le cas de 8% des Franciliens selon les chiffres de l’enquête).

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