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Compétitivité en matière de talents: la Belgique se positionne au 18e rang mondial

La Suisse, Singapour et le Luxembourg sont les nations les plus compétitives en matière de production, d’attraction et de fidélisation des talents, révèle un index publié par l’INSEAD. Le rapport souligne l'importance du développement de « l’employabilité » et de l'enseignement professionnel face à l'évolution des marchés du travail et la hausse du chômage.

L’Index mondial sur la Compétitivité et les Talents (Global Talent Competitiveness Index - GTCI), élaboré en collaboration avec le Human Capital Leadership Institute of Singapore (HCLI) et le groupe Adecco, tend à mesurer la compétitivité des nations, selon la qualité des talents que ces dernières sont en mesure de produire, d’attirer et de retenir. C’est la Suisse qui se classe ainsi à la 1ère place en 2014, suivie de Singapour et du Luxembourg. Le top dix est complété des Etats-Unis, du Canada, de la Suède, du Royaume-Uni, du Danemark, de l’Australie et de l’Irlande.

Parmi les champions du GTCI 2014, on note un nombre important de petites économies à revenus élevés. « Il est assez frappant de constater que parmi les trois premiers États, deux sont enclavés et un est une île, observe Bruno Lanvin, directeur général pour les Indices Mondiaux à l'INSEAD, et co-auteur du rapport. Confrontés à des défis géographiques spécifiques et à une quasi-absence de ressources naturelles, ces pays n’ont eu d’autre choix que d’être des économies ouvertes, un ingrédient essentiel pour être compétitif sur le marché des talents. »

Un grand nombre des économies du « top 20 » s’appuient elles sur une longue tradition dans le domaine de l’immigration, parmi lesquelles les États-Unis (4), le Canada (5), la Suède (6), le Royaume-Uni (7) et l’Australie. Ces pays extrêmement performants donnent également depuis longtemps la priorité à l’éducation, comme c’est notamment le cas pour les autres pays scandinaves, tous figurant parmi les 15 premiers: le Danemark (8), la Norvège (11) et la Finlande (13).

« L’une des plus intéressantes conclusions de cette année porte probablement sur l’importance renouvelée de l’enseignement professionnel, commente Paul Evans, Professeur émérite en ressources humaines et développement organisationnel, titulaire de la Chaire Shell à l’INSEAD et co-rédacteur du rapport. L’enseignement supérieur n’est pas la seule composante importante à l’heure actuelle ; l’apprentissage professionnel doit être intégré dans l’enseignement secondaire. En Suisse, la question de l’employabilité est abordée très tôt à l’école. Dès 15 ans, plus de 70% des élèves suisses choisissent la voie de l’apprentissage, laquelle allie expérience professionnelle pratique et apprentissage théorique traditionnel. Au sein du gouvernement suisse actuel, la moitié des ministres est issue de la filière professionnelle. Pour être compétitifs à l’avenir sur le marché des talents, les pays doivent prendre l’enseignement professionnel, c’est-à-dire l’employabilité, beaucoup plus au sérieux. »

Patrick De Maeseneire, PDG du groupe Adecco, souligne également l’importance de la formation en alternance pour favoriser l’essor des talents: « L’inadéquation des talents est évidente: alors que 33 millions de personnes recherchent un emploi aux États-Unis et en Europe, plus de 8 millions de postes demeurent vacants. Dans le même temps, le chômage des jeunes, qui s’élève à plus de 50 %, persiste dans certains pays européens. Il est essentiel d’encourager la mise en œuvre de réformes structurelles afin de créer des emplois en Europe et de relancer l’économie. Les gouvernements et les entreprises telles que la nôtre doivent travailler main dans la main pour créer un environnement où les expériences de premier emploi, l’éducation et l’apprentissage prépareront mieux nos jeunes aux besoins des entreprises. »

Au-delà de la corrélation existant entre compétitivité des talents et richesse, l’étude du GTCI révèle six facteurs clés impactant la compétitivité des talents entre des pays affichant un PIB par habitant et des niveaux de développement distincts:

L’ouverture à la compétitivité des talents est essentielle: la Suisse, Singapour et le Luxembourg bénéficient tous trois d’une grande ouverture aux échanges commerciaux, aux investissements, à l’immigration et aux idées nouvelles, embrassant la mondialisation tout en valorisant leurs ressources humaines.

Les pays financièrement stables ont besoin de talents pour nourrir leur développement à long terme: les pays dotés d’importantes ressources minières ou pétrolières, ou ceux bénéficiant d’un avantage concurrentiel spécifique, doivent favoriser la compétitivité des talents afin de s’assurer une prospérité durable.

Le développement des talents peut être interne ou externe: certains pays comme les États-Unis ou en Europe se concentrent avec succès sur le développement des talents au sein de leurs propres frontières, tandis que d’autres, tels que la Chine, attirent les talents étrangers ou envoient leurs élites à l’étranger pour la poursuite de leurs études.

Les pays doivent tenir compte de l’employabilité et du risque de niveaux de chômage élevés: « miser sur ses talents pour accélérer la croissance » implique de répondre aux besoins actuels de l’économie nationale. La Suisse, Singapour et les pays nordiques adaptent leur système éducatif afin d’atteindre des niveaux appropriés de « compétences utiles sur le marché du travail ».

Les systèmes éducatifs doivent redonner sa place à l’apprentissage traditionnel: le développement des talents au cours du 21ème siècle doit aller au-delà de l’éducation traditionnelle formelle et permettre l’essor des compétences professionnelles.

La technologie contribue à redéfinir les « compétences utiles sur le marché du travail »: les changements technologiques auront des incidences sur de nouveaux segments du marché du travail et affecteront les 250 millions de « travailleurs du savoir » présents dans le monde à l’heure actuelle.

Pour Bruno Lanvin, « les nouvelles technologies bouleversent radicalement la physionomie des métiers. Le phénomène du Big Data apporte de nombreux changements en matière de compétences requises sur le marché de l’emploi actuel. Les professions intellectuelles sont affectées de manière significative par les changements que la technologie provoque dans la notion de mobilité. Ceci est le cas non seulement dans les économies les plus sophistiquées mais également dans les économies émergentes, ayant une proportion élevée de travailleurs exerçant des activités offshore de service et de support, comme en Inde, au Maroc, en Tunisie ou encore en Egypte. »

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