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Comment sont perçues les mesures sur le travail « faisable » et « maniable »?

Près d'un cinquième des travailleurs et employeurs se montrent inquiets quant aux conséquences de la loi sur le « travail faisable et maniable ». Les mesures censées favoriser un travail faisable emportent une large adhésion, mais d'autres cherchant à accentuer la flexibilité de l'emploi, comme l'annualisation de la durée du temps de travail et le compte Plus Minus, font nettement moins l'unanimité.

En début d'année, la Chambre a adopté le projet de Loi Peeters sur le « travail faisable et maniable ». Ces mesures, qui doivent favoriser la flexibilité en entreprise et apporter un meilleur équilibre entre travail et vie privée du personnel, ont suscité de nombreuses critiques au sein des organisations patronales et syndicales. Qu'en pensent les employeurs et les travailleurs? Fin de l'année dernière, Tempo-Team a soumis à un échantillon représentatif de patrons et de salariés une série de propositions censées favoriser le travail soutenable et flexible. Il ressort de cette enquête qui a porté sur 1.050 travailleurs et employeurs que près d'un employeur ou travailleur belge sur cinq est inquiet des mesures envisagées par le ministre Peeters, en particulier les travailleurs actifs dans de grandes entreprises ou ceux de plus de 35 ans. Ces derniers sont même deux fois plus inquiets des conséquences des mesures du travail maniable que leurs collègues âgés de 18 à 34 ans. En outre, 40% des employeurs et 43% des travailleurs estiment que cet ensemble de mesures est pratiquement impossible à appliquer dans leur entreprise.

« La loi est entrée en vigueur, mais l'inquiétude ne faiblit pas, commente Marina Willecomme, directrice des ressources humaines chez Tempo-Team. De nombreux travailleurs et entreprises ignorent (au moins partiellement) comment la nouvelle réglementation doit être mise en pratique. Tout cela implique une charge de travail considérable. Il est nécessaire et urgent d'apporter des réponses en fournissant plus d'informations et en prenant des mesures concrètes, tant au niveau des sociétés que du gouvernement et de la concertation sociale. » 

Sur la même longueur d'onde

Les résultats de l'étude montrent que les patrons et les salariés sont globalement d'accord sur plusieurs mesures. Parmi elles, l'épargne carrière, le télétravail occasionnel et les heures supplémentaires volontaires sont les trois plus appréciées – et demandées – pour rendre le travail plus faisable (soutenable). Elles sont aussi considérées comme les plus faciles à mettre en œuvre, avec respectivement 64% pour les heures supplémentaires volontaires, 73% pour le télétravail occasionnel et 65% pour l'épargne carrière. « Cette nouvelle loi répond enfin à plusieurs besoins ressentis par les employeurs et les travailleurs, analyse Stefan Nerinckx, avocat spécialisé en droit du travail. Certaines modifications avaient d'ailleurs déjà été intégrées par les employeurs – et tolérées par l'inspection sociale – avant même l'adoption de la loi. Mais maintenant, il est temps de réactualiser et de concrétiser la législation, voire d'anticiper les nouveaux développements et changements de nature socio-économique. »

Les employeurs plus favorables

Les employeurs croient davantage que les travailleurs dans la faisabilité des nouvelles mesures. Celles-ci leur plaisent d'ailleurs davantage: ils sont respectivement 28 et 26% à être séduits par le compte Plus Minus et l'annualisation de la durée du travail, alors que les salariés ne sont que 14 et 12% à penser de même. A contrario, les travailleurs se disent à 57% en faveur de l'épargne carrière, contre seulement 39% des employeurs. De plus, les personnes qui souhaiteraient ne voir se réaliser aucune des mesures de la Loi Peeters sont deux fois plus nombreuses chez les salariés que chez les patrons. C'est notamment le cas des travailleurs entre 35 et 49 ans (18%), contre 9% pour ceux de moins de 35 ans. Les aînés semblent plus séduits par l'annualisation de la durée du travail (18 contre 11%), mais moins par le télétravail (40%) qui séduit davantage les jeunes (50%). Le télétravail occasionnel est également plus populaire dans les grandes sociétés qu'au sein des PME (respectivement 48 et 30%). « Il est important de moduler les mesures pour le travail faisable et maniable à chaque entreprise. Une PME n'est pas une grande société, et les différences se marquent également entre les secteurs », conclut Marina Willecomme.

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