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Comment lutter contre le chômage de longue durée?

Le nombre de chômeurs de longue durée, multiplié par deux entre 2008 et 2014, représente actuellement la moitié du chômage total dans l’Union européenne. Au troisième trimestre de 2015, le chômage touchait 10,5 millions de personnes (4,3 % de la population active de l’UE), dont 63% étaient sans emploi depuis plus de deux ans.

Voici quelques mois, la Commission européenne a présenté une proposition de recommandation du Conseil visant à mieux soutenir les chômeurs de longue durée et à faciliter leur réintégration sur le marché du travail. La recommandation prévoit la réalisation d’une évaluation individuelle pour tous les demandeurs d’emploi au chômage depuis plus de douze mois. Ceux-ci devraient en outre bénéficier, avant la fin du 18e mois de chômage, d’un accord écrit d’intégration professionnelle leur proposant un plan concret et personnalisé de retour à l’emploi.

Pour éclairer le sujet, la Commission a publié une note d’information. On y lit notamment que les États membres sont diversement touchés. En 2014, le taux de chômage de longue durée s’échelonnait de 1,5% en Autriche et en Suède à 19,5% en Grèce, soit quasiment un cinquième de l’ensemble de la main-d’œuvre de ce pays. Le chômage de longue durée touche diverses populations. Les travailleurs peu qualifiés et les ressortissants de pays tiers risquent deux fois plus de faire l’expérience du chômage de longue durée; en outre, les personnes handicapées et les minorités défavorisées telles que les Roms sont également touchées de façon disproportionnée.

On recense trois fois plus de chômeurs de longue durée parmi les travailleurs peu qualifiés que parmi les personnes possédant de bonnes qualifications. Le chômage de longue durée est légèrement plus présent chez les hommes (54 %) que chez les femmes (46%). La ventilation par âge des chômeurs de longue durée est relativement homogène, même si les moins de 30 ans et les plus de 55 ans sont un peu plus touchés. Les travailleurs âgés ont des emplois plus stables et sont dans l’ensemble moins touchés par le chômage. En revanche, lorsqu’ils se retrouvent au chômage, cette situation risque davantage de perdurer.

« Les programmes de lutte contre le chômage de longue durée sont mal ciblés et l’engagement des employeurs trop faible, dénonce notamment la Commission européenne. Dans de nombreux pays, ces programmes ne visent pas suffisamment le retour à l’emploi et ne tiennent pas compte des besoins des employeurs. Dans certains États membres, l’accent est mis sur les programmes de travaux publics (lesquels représentaient près de 31% des fonds consacrés aux mesures actives du marché du travail en faveur des chômeurs de longue durée en 2012). Or, ces programmes n’ouvrent pas toujours des passerelles vers le marché du travail. »

Bonnes pratiques 

Plusieurs bonnes pratiques sont par ailleurs mises en évidence:

- L’introduction d’un point de contact unique s’est traduite par une plus grande probabilité de retour à l’emploi et une moins grande dépendance des chômeurs à l’égard des prestations au Royaume-Uni, ainsi que par une réinsertion professionnelle plus rapide des chômeurs de longue durée en Allemagne, parallèlement à une meilleure mise en correspondance de l’offre et de la demande d’emplois.
- En Allemagne, l’initiative « Berlin Job-Offensive » a permis d’intensifier les mesures de conseil et d’orientation, grâce à une réduction du nombre de cas traités par chaque employé, d’accroître la fréquence des contacts avec les chômeurs (toutes les quatre semaines) et, partant, d’augmenter les transitions vers l’emploi.
- Un meilleur suivi des chômeurs dans leur recherche d’emploi et des menaces plus crédibles de sanctions ont également abouti à une augmentation des transitions vers l’emploi au Danemark, en Allemagne et en Estonie.
- Un projet pilote réalisé aux Pays-Bas montre que des contacts plus fréquents, mettant l’accent sur les droits et les devoirs, mènent à une recherche d’emploi plus intense.
- Des données recueillies au Danemark, en Allemagne, aux Pays-Bas, au Portugal et en Suède prouvent qu’une diminution du nombre de dossiers à traiter ainsi qu’une plus grande « intensité des contacts » ont des répercussions positives. Un modèle combinant un soutien intensif, une liberté de décision des agents traitant les dossiers et un suivi des résultats a des retombées positives tant sur les taux de placement que sur la mise en correspondance de l’offre d’emplois et des qualifications des demandeurs d’emploi.
- Des interventions personnalisées et un engagement des employeurs accroissent les possibilités de transition vers l’emploi offertes aux personnes restées longtemps au chômage, comme le prouvent les données recueillies en Autriche et en Suède.
- En Allemagne, de bons résultats en matière de retour à l’emploi ont également été enregistrés avec un programme à l’intention des chômeurs de plus de 50 ans, qui incluait des mesures de conseil et de formation reposant sur une étroite coopération entre les pouvoirs publics locaux, les prestataires de services et les employeurs.

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