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Combien de temps travaillons-nous?

C’est la question que s’est posé Acerta en marge de la fête du Travail, ce 1er mai. Sur base des chiffres portant sur une période de cinq ans (2012-2016) pour un sous-ensemble de 240.000 travailleurs, il apparaît que 71% du temps de travail théorique est effectivement presté. Autre constat: le pourcentage du temps de travail effectif par rapport au temps de travail théorique ne fait que diminuer.

Le 1er mai, c’est la fête du Travail, un jour férié étroitement lié au combat pour la journée de travail de huit heures. Qu’en est-il, plus d’un siècle plus tard, de notre temps de travail? Combien de temps travaillons-nous? Ou combien de temps ne travaillons-nous pas? Personne ne peut travailler 24h/24 et 7j/7. Le temps de travail acceptable est défini par la législation ou les CCT conclues généralement au niveau d’un secteur. Dans la majorité des entreprises, le temps de travail moyen pour un temps plein s’élève à 38 heures par semaine. Cependant, dans d’autres secteurs, le temps de travail est bien moindre. Depuis le début des années 2000 déjà, les banques et les compagnies d’assurances appliquent ainsi des semaines de 35 heures. Si tous les travailleurs prestent effectivement ces heures, on obtient 100% du temps de travail, la base de l’enquête réalisée par Acerta. Cependant, on n’arrive qu’à 71%. Un travailleur ne travaille effectivement que 71% de son temps de travail théorique hebdomadaire. Autrement dit, moins des 3/4 du temps de travail théorique total. Le pourcentage du temps de travail effectif par rapport au temps de travail théorique ne fait que diminuer. En 2012, le pourcentage des heures effectivement prestées s’élevait encore à 71,53 %. Il subit une légère diminution annuelle. En 2016, le pourcentage s’élevait encore à 70,84 %.

Le temps de travail effectif pourrait dépasser les 100% s’il s’avérait que les travailleurs prestent de nombreuses heures supplémentaires qui ne sont pas récupérées. D’après les chiffres d’Acerta, il apparaît que, dans tous les cas, le nombre d’heures supplémentaires enregistrées en tant que telles est relativement limité. Elles ne représentent que 1,22% des heures prestées totales. Le temps de travail effectif est influencé négativement par les absences des travailleurs. Les absences peuvent correspondre aux périodes d’inactivité payées (pensez aux vacances, jours fériés, période de maladie pendant laquelle l’employeur continue de payer le salaire) et des périodes non payées (périodes de maladie p. ex. après la période de salaire garanti, mais aussi un crédit-temps pris par le travailleur et les jours non payés de réduction du temps de travail).

La meilleure raison de ne pas travailler: les vacances!

Pourquoi n’atteignons-nous pas les 100%? Les vacances et les jours fériés sont la cause principale, mais également la plus agréable. En Belgique, les travailleurs à temps plein bénéficient de 10 jours fériés légaux ainsi que de 20 jours de vacances légaux. Dans certains secteurs ou entreprises, les travailleurs reçoivent des jours de congé supplémentaires (par exemple après un certain nombre d’années d’ancienneté) ou bénéficient de jours fériés extralégaux (par exemple, jours fériés régionaux ou communautaires).

De plus, les jours de réduction du temps de travail sont octroyés pour faire baisser le temps de travail moyen sur base annuelle. Si le temps de travail moyen s'élève à 38 heures sur base annuelle, une entreprise peut par exemple choisir de faire effectivement prester les 38 heures hebdomadaires prévues, mais peut également proposer comme autre solution de travailler plus d’heures sur base hebdomadaire contre des jours de congés supplémentaires (jours de réduction du temps de travail) pour rétablir le temps de travail à 38 heures. Les travailleurs à temps plein sous ce type de régime de travail reçoivent en moyenne 10 jours de réduction du temps de travail. Ces jours représentent environ 4% du nombre total des jours ouvrables de l’entreprise.

La part de jours de maladie est trop élevée

La deuxième cause principale d’inactivité est également la moins agréable: les accidents et les maladies. Ne pas pouvoir travailler, car son état de santé ne le permet pas, n’est agréable pour personne, que ce soit pour le malade, ses collègues ou son employeur. Wendy Rubini, directeur régional secrétariat social Bruxelles-Wallonie chez Acerta, explique: « Une fois sur quatre, c’est pourtant la raison de l’absence d’un collaborateur. Cette part a malheureusement continué d’augmenter avec les années: d’une petite fois sur quatre (24,9%) en 2012, nous sommes passés à une grosse fois sur quatre (27,8%) en 2016. C’est un souci. Le travail législatif pour la promotion de la réinsertion a récemment permis une amélioration considérable de l’approche pour aborder cette problématique très actuelle. »

La grossesse n’entraîne qu’une absence limitée

Du point de vue macro-économique, les grossesses ainsi que le repos d’accouchement, et éventuellement le congé d’allaitement qui peuvent y être directement liés, ne constituent qu’une part limitée des absences. Si nous considérons 100% des absences, le temps d’absence d’un travailleur pour une de ces raisons ne représente que 1,8%. En d’autres mots, l’absence moyenne d’un travailleur pour congé de maternité et/ou congé d’allaitement ne concerne que 0,5% du temps de travail maximum possible. Wendy Rubini explique: « Nous constatons par ailleurs au fil des années que ce type d’absence continue de diminuer. Il s’agit aussi sans doute d’une conséquence du vieillissement de la population active et des mesures gouvernementales encourageant à travailler plus longtemps. »

Les congés et la nouvelle législation

À côté des vacances et des maladies, qui justifient à elles seules environ 70% des absences, il existe toute une série d’autres « congés » tels que les congés thématiques (par exemple le congé parental), le crédit-temps et le congé-éducation. « La part de congé parental et de crédit-temps a diminué, quoique très légèrement, pour la première fois en 2016 (elle est passée de 11,8 à 11,1% du temps de travail non presté), indique Wendy Rubini. La nouvelle législation y est-elle pour quelque chose? Aura-t-elle un impact à l’avenir sur les heures effectivement prestées? Le non-marchand, un secteur employant de nombreuses femmes qui réalise un score de temps de travail inférieur à celui du secteur marchand (65-66% contre 74-75%), ressentirait l’impact en premier. »

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