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Changements organisationnels: la participation des salariés protège-t-elle du risque dépressif?

En 2013, les changements organisationnels ont concerné quatre salariés sur dix en France. Ils peuvent être un facteur d’insécurité pour les salariés, du public comme du privé, et contribuer à dégrader leur santé mentale. Les salariés bien informés présentent moins souvent un symptôme dépressif que ceux qui ne l’ont pas été. Et c’est encore plus vrai pour les salariés qui jugent avoir influencé les modalités du changement.

Ces résultats ressortent d’une analyse de la DARES, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère français du Travail (N°061, septembre 2017). De même que le chômage est un facteur prouvé de dégradation de la santé mentale, l’insécurité socio- économique, pour les personnes en emploi, figure parmi les principaux facteurs psychosociaux de risque, aux côtés de l’intensité du travail, du manque d’autonomie et de soutien social, de la demande émotionnelle et des conflits éthiques. L’insécurité ressentie au travail concerne le risque de perdre son emploi, mais englobe aussi la crainte d’une dégradation des conditions du travail, qu’on peut appeler « insécurité du travail ».

En 2013, 39% des salariés français signalent qu’au moins un changement a « fortement modifié (leur) environnement de travail au cours des douze derniers mois ». 18% des salariés signalent un seul changement, 12% deux et 9% trois ou plus. Les changements les plus cités concernent « l’organisation du travail au sein de l’établissement », « les techniques utilisées », une « restructuration ou déménagement de l’établissement » ou un « rachat ou changement dans l’équipe de direction », devant le « plan de licenciements » et les « autres changements »

Les effets de ces changements dépendent beaucoup de la qualité de l’information des salariés et de leur consultation sur ces changements: 56% des salariés ayant vécu un changement disent avoir reçu une information satisfaisante, et 17% estiment avoir eu une influence sur les changements. Les salariés bien informés présentent moins souvent un symptôme dépressif que ceux qui ne l’ont pas été; c’est encore plus vrai pour les salariés qui jugent avoir influencé les modalités du changement. Les salariés qui ont connu un changement important signalent plus souvent un symptôme dépressif (14% contre 9% pour les autres). Cependant, leur état de santé psychique dépend beaucoup de la façon dont se sont combinées (ou non) information, consultation et participation aux décisions lors du changement. 37% n’ont été ni informés correctement ni consultés, 28% se disent bien informés mais pas consultés, 18% consultés mais pas écoutés et 17% consultés et écoutés. 21% de ceux qui n’ont été ni suffisamment informés, ni consultés présentent un symptôme dépressif, alors que c’est le cas de seulement 6% des personnes consultées et écoutées. Il semble qu’il vaille mieux être informé mais pas consulté si l’on n’est pas ensuite écouté: 13% des personnes consultées mais pas écoutées ont un symptôme dépressif, soit trois points de plus que celles qui disent avoir été bien informées mais pas consultées.

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