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Cash for Car? Le succès est loin d’être garanti

Troquer sa voiture contre une indemnité équivalant à environ la moitié du budget de leasing? D’après 80% des 300 dirigeants d’entreprise et managers RH sondés par Acerta, leurs travailleurs ne sont vraiment pas intéressés par cette solution. Cette question traduit cependant le budget mobilité approuvé par le Conseil des Ministres restreint du gouvernement Michel.

Pas moins de 77% des travailleurs estiment important à très important de pouvoir composer leur package salarial et de déterminer le rapport entre salaire, temps libre et avantages extralégaux. Par ailleurs, 73% des employeurs ne doivent plus en être convaincus, même s’ils jugent important de proposer ces choix aux travailleurs parmi des frais salariaux déterminés. À l’heure actuelle, seuls 14% des employeurs autorisent leurs travailleurs (ou une partie de ceux-ci) à composer partiellement leur package salarial. Cependant, parmi ceux qui n’offrent pas encore cette possibilité, 36% souhaitent le faire dans un avenir proche. D’après eux, les trois principaux obstacles résident dans l’organisation administrative, la législation et l’organisation du travail.

Budget mobilité: qui veut reconsidérer sa voiture de société?

La voiture de société fait partie des options pouvant être proposées par un employeur à ses travailleurs pour la composition du package salarial. Pratique et financièrement intéressante, son succès n’a cessé de croître au cours des dernières années. Cependant, les temps changent. Les villes élaborent des plans de mobilité et/ou introduisent des zones de basses émissions, un système de tarification routière est en place, les embouteillages coûtent très cher (et font perdre du temps), etc. Rien de plus logique donc que le marché du travail se penche aussi sur la question de la mobilité. Le résultat? Un « budget mobilité ».

Quelle est l’idée? La mobilité ne doit pas être limitée à la voiture. Les travailleurs ayant une voiture de société doivent avoir le choix de remplacer cette voiture de société par une autre solution. Le budget mobilité approuvé par le gouvernement prévoit une conversion de salaire bénéficiant d’un traitement (para)fiscal intéressant. La proposition des partenaires sociaux était que le budget libéré soit consacré en premier lieu au transport durable et ne puisse être payé en cash que de manière limitée. « Le budget mobilité est devenu ‘Cash for Car’, nous sondons actuellement les attentes des employeurs, explique Yannick Sarin, Directeur d’Acerta. Pratiquement 48% d’entre eux affirment qu’aucun de leurs travailleurs ne souhaitera échanger sa voiture de société contre un budget mobilité en espèces. Et plus de 30% déclarent que maximum 1 à 10% de leurs travailleurs disposant d'une voiture de société accéderaient à cette possibilité. Il y a donc encore du travail à fournir en ce qui concerne l’enthousiasme des travailleurs concernés par cette nouvelle loi. »

Un digne héritier de la « Reine Voiture »?

Le nouveau budget mobilité cible uniquement les personnes qui disposent déjà d’une voiture de société. La liste des alternatives au cash est variée, mais s’oriente principalement dans la direction suivante: 57% envisageraient de céder une partie de la rémunération en espèces contre une voiture ou un vélo de société. « Le budget mobilité n’aborde pas la question des travailleurs qui n’ont pas (encore) de voiture de société, observe-t-elle. Et pourtant, si l’on veut réduire le nombre de voitures (de société) sur les routes, un plan de mobilité plus complet doit être élaboré. En effet, à l’heure actuelle, de nombreux travailleurs sont prêts à investir une partie de leur rémunération en espèces pour obtenir une voiture de société. »

Du cash contre des congés

Autre élément intéressant dans le débat sur les packages salariaux personnalisés: le lien entre rémunération et congés. La possibilité de céder une partie de la rémunération en espèces contre des jours de congé supplémentaires s’avère l’option la plus séduisante parmi toutes les possibilités de composition du package salarial, puisqu’elle atteint les 70%. De même, l’opération inverse semble aussi intéresser certains travailleurs: pour 50% des personnes interrogées, céder des congés contre une augmentation de salaire figure dans le top 3 des compositions de budget choisies par les travailleurs.

Déterminer un bon cadre

Il est évident qu’à l’avenir, beaucoup plus d’entreprises permettront à leurs travailleurs de composer eux-mêmes une partie de leur package salarial, parmi des frais salariaux déterminés, bien entendu.  « Il s’agit d’une évolution logique, relève Yannick Sarin. Nos études montrent que l’offre de cette possibilité renforce l’implication des travailleurs, améliore les positions de départ dans la guerre des talents et accroît la rétention des travailleurs. Voici autant d’atouts à une époque où le talent se fait de plus en plus rare. Tout cela doit bien entendu s’inscrire dans le cadre juridique adéquat qui tient compte des limites et possibilités de la loi. »

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