< Retour au sommaire

« Avec ton travail, tu n’as plus une minute pour nous! »

En France, environ un salarié sur sept déclare recevoir des reproches de son entourage en raison de son manque de disponibilité lié aux horaires de travail. Ces reproches sont plus fréquemment adressés aux salariés qui travaillent la nuit ou qui subissent des horaires alternants. À l’inverse, travailler à temps partiel réduit ces reproches.Parmi les salariés à temps plein, ils concernent plus souvent les femmes que les hommes.

Ces constats ressortent de l’enquête Conditions de travail et risques psychosociaux de 2016 et font l’objet d’une analyse approfondie de la Dares, la direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques est une direction de l'administration publique centrale française, qui dépend du ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social. À caractéristiques identiques (personnelles, professionnelles, conditions de travail, etc.), les femmes reçoivent nettement plus souvent de tels reproches, notamment quand elles ont des enfants de moins de 18 ans. Certains facteurs de risques psychosociaux, comme la charge mentale ou le débordement, sont associés à des difficultés plus grandes des salariés avec leurs proches. À l’inverse, l’autonomie dans le travail limite les tensions. Les difficultés avec les proches sont associées à une santé perçue comme altérée et un moindre sentiment de bien-être, surtout chez les femmes.

Les femmes et les hommes vivant en couple avec des enfants affirment plus souvent avoir des difficultés à équilibrer leur vie familiale et leur vie professionnelle, surtout quand les enfants sont jeunes. En effet, 16% des personnes vivant en couple avec des enfants de moins de 18 ans rapportent que leurs proches se plaignent de leur indisponibilité, contre 12% des personnes en couple avec des enfants de plus de 18 ans ou sans enfant. À caractéristiques identiques, leur probabilité de signaler de tels problèmes est 20% plus élevée, mais l’écart n’est significatif que pour les femmes. Les difficultés avec les proches sont également plus fréquentes lorsque le conjoint est inactif: 19% des hommes et 15% des femmes dans cette situation font état de reproches de la part de leur entourage, contre respectivement 14% et 13% pour les salariés dont le conjoint est également actif.

Les cadres sont plus nombreux que les autres salariés à rapporter des difficultés avec leurs proches: ainsi, 18% des cadres hommes et 17% des cadres femmes rapportent des reproches de la part de leur entourage, contre 13% des ouvriers et des ouvrières. Pour une femme, le fait d’être cadre semble au contraire plutôt protecteur, avec une probabilité de recevoir des reproches de l’entourage réduite de 20% par rapport aux professions intermédiaires.

Par ailleurs, cumuler plusieurs emplois accroît les difficultés de conciliation, et cette situation pèse davantage pour les hommes. En effet, 19% d’entre eux déclarent des difficultés avec leur entourage, alors que les femmes pluriactives sont seulement 12% à en faire part. Travailler de nuit, le week-end ou avoir des horaires alternants augmente également les difficultés des salariés à concilier vie professionnelle et vie privée, et s’accompagne plus souvent de reproches de la part de l’entourage.

Le fait de pouvoir être aidé par ses collègues et/ou ses supérieurs hiérarchiques semble améliorer l’équilibre vie professionnelle-vie privée des salariés, et ce de façon plus marquée pour les hommes. En effet, seuls 9% des hommes ayant un score élevé de soutien social déclarent des difficultés avec leurs proches, contre 26% des hommes ayant un faible score de soutien social. De la même façon, les hommes et les femmes déclarant disposer de marges de manœuvre dans leur travail font moins souvent état de difficultés avec leurs proches que les salariés ayant peu d’autonomie: seuls 9% des femmes et 11% des hommes qui déclarent pouvoir s’absenter facilement quelques heures en cas d’imprévu personnel rapportent des difficultés avec leur entourage, contre près de 20% pour les salariés n’ayant pas cette possibilité. Les difficultés avec les proches s’accentuent lorsque les salariés ne peuvent pas modifier leurs horaires en s’arrangeant avec leurs collègues: 19% des hommes dans ce cas déclarent des difficultés avec leur entourage, contre 12% de ceux qui peuvent s’arranger avec leurs collègues.

Sur le même sujet

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour pouvoir réagir, vous devez vous connecter
< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages