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Après une semaine, les CEO du Bel 20 ont déjà gagné le salaire annuel médian des travailleurs

C’est la CNE qui le dit en qualifiant ce lundi 8 janvier de « CEO Jackpot Day ». Avec un salaire annuel médian de 2.080.000 euros en 2016, les CEO du Bel 20 gagnent 7.969,35 euros par jour travaillé. Sachant que le salaire annuel médian des travailleurs belges est de 44.374 euros, les CEO du Bel 20 gagnent le salaire annuel médian des Belges en 5,57 jours de travail

Sur base du calendrier 2018, c’était donc ce 8 janvier que les CEO du Bel 20 auront gagné l’équivalent d’un an de salaire du travailleur belge médian. Ces chiffres font écho aux études sur les inégalités de richesse menées par Thomas Piketty et ne doivent pas faire oublier que les inégalités sont le fruit d’accumulation de richesses. Si en 2015, un CEO gagnait 38 fois le salaire médian, en 2016, le chiffre passe à 46 fois le salaire.

Jackpot pour les CEO, pas pour les salariés

Ces chiffres contrastent surtout avec l’évolution des rémunérations réelles par travailleur en Belgique. « Lorsqu’on regarde l’évolution des rémunérations réelles (c’est-à-dire en enlevant l’inflation) par travailleur, la rémunération par travailleur a évolué de 8,2% en Belgique depuis 1996, contre 3,6% en Allemagne, 18% en France et 18,4% aux Pays-Bas. Nos salaires évoluent très peu au-delà du coût de la vie, contrairement aux Pays-Bas et à la France, constate Nabil Sheikh Hassan, économiste au service d’études de la CNE. Et les trois dernières années sont des années records de baisse. Les travailleurs belges ont des raisons d’être frustrés actuellement. La Belgique a connu 9 années de baisse des rémunérations réelles depuis 1996 dont trois depuis la mise en place du gouvernement Michel (2015, 2016, 2017). Le salaire a baissé depuis la mise en place de ce gouvernement de 3,08 %, ce qui est la plus importante perte de pouvoir d’achat depuis 1996. »

Le tax shift mis en place par le gouvernement avait comme pour justificatif la hausse des salaires. Or, les chiffres montrent la réalité sous un angle différent, indique la CNE. « La hausse des salaires nets profitent à ceux et celles qui bénéficient du tax shift. Mais une grande majorité de ces personnes voient également qu’on leur reprend d’une main ce qu’on leur a donné de l’autre. Cela se traduit en tout cas par des rémunérations réelles à la baisse en Belgique. Il est grand temps qu’un rattrapage des rémunérations réelles brutes soit opéré. Donc, il ne faut surtout pas se limiter à une hausse des rémunérations nettes via le tax shift, mais plutôt sur une évolution à la hausse en réel des rémunérations brutes. En effet, une hausse de celles-ci permet une meilleure couverture sociale et un meilleur financement des fonctions collectives via des recettes accrues pour l’Etat et la sécurité sociale. Cela permettrait également d’éviter un problème majeur: actuellement, les travailleurs voient des augmentations nettes via le tax-shift gommées par des hausses de TVA, taxes et des pertes de droits de sécurité sociale. Un rattrapage est d’autant plus nécessaire que si les CEO du BEL20 peuvent gagner 26% de plus en un an, il doit être possible de desserrer l’étau de la loi qui encadre l’évolution des salaires en Belgique, pour le bien des travailleurs et surtout de l’économie. Cette hausse des salaires commence à être constatée partout en Europe et la Belgique est en retard et à contre-courant, ce qui pénalise sa croissance économique. »

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