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Agoria se dit ouverte au débat sur des glissements fiscaux et parafiscaux


Dans l’industrie technologique, il n’existera aucune marge pour négocier sur les salaires dans les années à venir, relève Agoria en réaction en réaction au rapport annuel que vient de publier le Conseil central de l’économie (CCE). Quand allons-nous enfin véritablement nous atteler à une approche structurelle de notre handicap des coûts salariaux?, s’interroge la fédération de l’industrie technologique.

Comme chaque année, le CCE a publié son rapport sur notre handicap des coûts salariaux. Chaque fois, ce rapport ne tient nullement compte de notre handicap historique. Au contraire, chaque année, il laisse penser, sur la base de suppositions, que notre handicap sera résorbé dans quelques années. « La réalité est cependant tout autre, commente Marc Lambotte, CEO d’Agoria. Elle nous apprend que nous perdons des entreprises dans l’industrie année après année. Pas au profit de la Chine ou d’autres pays lointains, mais bien d’autres pays européens. Nous constatons également que des investisseurs étrangers optent résolument pour des sites de production dans d’autres pays européens. »

« Dans ce rapport, le handicap des coûts salariaux est lourdement sous-estimé, souligne-t-il. Un travailleur belge coûte 41 euros par heure à son employeur, alors qu’en Espagne, pays au profit duquel nous perdons des emplois, il n’est que de 21 euros. Mais ergoter sur les pourcentages dans un rapport ne permet pas de créer le moindre emploi. »

Comment faire la différence?

Dans le rapport du CCE, il est à nouveau suggéré que tout cela n’a rien à voir avec l’écart au niveau des coûts salariaux. Marc Lambotte: « Allez expliquer cela aux travailleurs qui perdent leur emploi au profit de travailleurs en Espagne. Et ne dites surtout pas que notre productivité est deux fois plus élevée que celle de l’Espagne. » Les syndicats allemands utilisent toutefois des chiffres tout à fait différents et soulignent notamment les coûts salariaux élevés dans notre pays (41,2 euros par heure), qui sont nettement supérieurs à leurs propres coûts salariaux (31,3 euros par heure). C’est en s’appuyant sur ces chiffres que les syndicats et les employeurs allemands ont procédé à une modération salariale cette dernière décennie. « Aujourd’hui, ils en cueillent les fruits: l’industrie est en croissance et davantage d’emplois ont été créés. Et aujourd’hui, ils disposent à nouveau de marges pour négocier des augmentations salariales. »

Dans notre pays, cela est notamment rendu impossible par le mécanisme de l’indexation. « Grâce au saut d’index et aux mesures annoncées par le gouvernement, une partie limitée de notre handicap des coûts salariaux pourra être résorbée. Mais il ne s’agit que d’une première étape, précise Marc Lambotte. Pour faire véritablement la différence et pouvoir créer des emplois, nous devrons prendre des mesures structurelles pour éliminer le handicap réel. Pas tant en touchant aux salaires nets, mais bien en s’attaquant aux ponctions publiques sur le travail et la production. Nous sommes donc tout à fait disposés à entamer un débat sur des glissements fiscaux et parafiscaux, pour peu que les autres parties de la concertation sociale daignent s’asseoir autour de la table. »

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