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65% des fraudeurs travaillent au sein même de l’entreprise

Le portrait type des fraudeurs? Majoritairement des hommes autocratiques âgés entre 36 et 55 ans, qui occupent une position dominante et qui sont grandement estimés dans l'organisation. Ils opèrent pour leur propre profit et s'associent à d'autres personnes... L’analyse proactive n'est guère utilisée pour lutter contre la fraude: seuls 3% des fraudeurs sont attrapés de la sorte.

L’analyse ressort d’une étude mondiale de KPMG (« Global Profiles of a Fraudster »), menée auprès de 750 fraudeurs dans 78 pays. Les auteurs ont collecté les données d'enquêtes concernant la fraude, réalisées entre mars 2013 et août 2015 par des experts médico-légaux du réseau mondial de KPMG. L'étude a examiné les études sur la « criminalité en col blanc » dans les régions où l'auteur était connu ainsi que les informations détaillées disponibles liées au contexte du délit. Elle reprend les observations et les points de vue des dirigeants de KPMG Investigations dans 81 pays du monde entier. Le rapport s'appuie sur une étude similaire menée en 2013.

On y apprend que les fraudeurs formés à la technologie utilisent cette dernière de différentes manières pour commettre une fraude : ils fournissent des informations erronées ou trompeuses à la comptabilité (24%), ils donnent des informations erronées ou trompeuses par e-mail ou par une autre plateforme de messagerie (20%) et ils abusent de leur accès à des systèmes informatiques (13%).

Le nouveau visage des fraudeurs

- Ils ont entre 36 et 55 ans (69% des fraudeurs étudiés).
- Ils constituent une menace de l'intérieur (65% travaillent pour l'entreprise).
- Il s'agit aussi bien de managers que de directeurs (35%).
- Ils travaillent depuis au moins 6 ans pour l'entreprise (38%).
- Ils disposent d'un pouvoir illimité dans leur entreprise et parviennent à éviter les contrôles (44%).
- Les fraudeurs sont le plus souvent décrits comme autocratiques (18%) et sont trois fois plus susceptibles d'être perçus comme aimables.
- Ils sont généralement estimés: 38% des fraudeurs se décrivent comme une personne respectée au sein de l'organisation.
- Ils collaborent vraisemblablement avec d'autres personnes (62% des fraudes; légère baisse par rapport aux 70% obtenus lors de l'enquête de 2013).

Les motivations essentielles:
- profit personnel (60%)
- avidité (36%)
- le sentiment « parce que je peux le faire » (27%).

La fraude opportuniste

L'insuffisance de contrôles internes joue un rôle capital dans 61% des cas de fraude examinés et le problème semble prendre de l'ampleur. Le nombre de fraudeurs capables de commettre des délits en exploitant l'insuffisance de contrôles est passé de 18% en 2013 à 27% à l'heure actuelle.

Même lors de la mise en place de contrôles plus stricts, les fraudeurs sont souvent en mesure de les contourner ou de les ignorer... et c'est ce qu'ils font. Les fraudeurs qui se sont associés à d'autres personnes ont pu détourner les contrôles stricts dans 16% des cas et 20% ont fraudé en toute insouciance, sans tenir compte des contrôles.

Autres conclusions majeures

Il est de plus en plus souvent question de fraude collective plutôt que de fraude individuelle (62% contre 38%). Bien qu'en cas de complicité l'on parle généralement d'un groupe mixte (46%), les hommes sont toujours plus enclins à s'associer que les femmes (39% sont des groupes d'hommes, contre 7% de groupes de femmes). Dans 61% des cas où le fraudeur s'associe, des tiers sont impliqués. 44% des fraudeurs ont été attrapés grâce à une dénonciation ou une plainte; 22% ont été démasqués grâce à un examen de la direction.

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