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« Inspirons-nous davantage du modèle scandinave! »

A en croire l'étude menée pour le compte de Tempo-Team auprès d'un échantillon représentatif de 405 employeurs et 1.210 travailleurs, la moitié des Belges travaillent par nécessité, pas par plaisir. Un contraste avec les pays scandinaves où l'on parvient à maintenir intacte la motivation des travailleurs pour les inciter à prester plus longtemps. Les auteurs en tirent des enseignements face à l’enjeu de l’allongement des vies professionnelles.

Sans surprise, les Belges qui n'aiment guère leur travail ou le font par nécessité n'ont pas plus envie de l'exercer longtemps: seul 1 salarié sur 4 est disposé à poursuivre jusque 67 ans. Pour les auteurs de l’étude, la clé du succès des Scandinaves consiste à se concentrer sur la teneur de l'emploi et la valorisation de l'expérience des travailleurs plus âgés. L'ASBL bruxelloise Duo For A Job confirme pourtant qu'il se révèle très efficace d'harmoniser la teneur de l'emploi avec les besoins et le potentiel des aînés et de valoriser leur savoir-faire en leur accordant un rôle d'encadrement des jeunes.

Les facteurs de réussite de la méthode scandinave sont connus: stimuler le plaisir ressenti au travail par un emploi intéressant, la formation et l'encadrement sur mesure ainsi que l'emploi actif de la connaissance et de l'expérience des travailleurs aînés. L'enquête Tempo-Team constate cependant que les entreprises belges investissent insuffisamment dans une politique active pour garder les travailleurs plus âgés. Moins d'une sur trois adapte le cadre, la teneur et les conditions de travail à l'âge du personnel, estime celui-ci. Moins de la moitié organisent chaque année un entretien sur les carrières. « Pourtant, accorder beaucoup d'attention à la concertation individuelle sur les tâches professionnelles et la poursuite de la carrière s'avère valorisant et stimulant. Il y a dans ce domaine beaucoup de marge de progression pour nos entreprises », explique Valérie Denis, CSR advisor de Tempo-Team.

Le plaisir du travail fait toute la différence

Pour travailler plus longtemps, les salariés désirent surtout une meilleure concordance de rythme de travail avec la vie privée (2 répondants sur 3) et plus d'attention à la formation et à l'encadrement. La perte de salaire pour un emploi moins exigeant ou moins dur demeure tabou (pour 88%), tout comme (mais dans une moindre mesure) assumer une fonction ayant moins de responsabilités (pour 70% des répondants). « En Belgique, les travailleurs accordent surtout de l'importance à la qualité de la vie privée, et pas assez au plaisir éprouvé sur le lieu du travail. Pourtant, cet élément est l'un des principaux facteurs de réussite de l'allongement des carrières dans les nations scandinaves. Dans cette étude, nous constatons toutefois un changement de mentalité. Par rapport aux personnes de plus de 45 ans, les jeunes nés dans les années 90, appelés ‘millenials’, montrent une meilleure disposition à entreprendre les démarches concrètes pour travailler plus longtemps », explique Valérie Denis.

Privilégier le travail d'équipe

Inciter les aînés à travailler plus longtemps requiert toutefois des efforts supplémentaires. Les employeurs et les travailleurs se rejoignent pour dire qu'il est nécessaire d'accorder plus d'attention à une meilleure collaboration entre générations sur le lieu du travail, en exploitant les ressources des aînés comme coaches pour les jeunes. Les autres mesures les plus attendues consistent à adapter le contenu du travail à l'âge des aînés et à rendre possible le bon équilibre entre travail et vie privée. Seule une entreprise sur trois, selon son personnel, accorde assez d'attention à la bonne transmission et à l'échange du savoir entre jeunes et plus âgés. Seule la moitié des employeurs reconnaît que leur entreprise tire le meilleur de ses équipes.

« Avec les 300 aînés que nous encadrons à l'heure actuelle pour servir de coaches aux demandeurs d'emploi, nous prouvons que la valorisation de leur expérience s'avère payante, illustre Frédéric Simonart, de l'asbl Duo For A Job. Ils demeurent actifs, même au-delà de 67 ans, et se sentent fortement concernés par leur coaching. À l'heure actuelle, les initiatives qui valorisent l'expertise des travailleurs plus âgés sont trop peu nombreuses. Pour améliorer le taux d'emploi trop faible en Belgique, il faudra des informations plus abondantes, tout comme des initiatives d'entreprises motivant les plus âgés et donnant du sens à leur travail. »

 

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