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Pourquoi inclure un volet « mobilité » dans vos plans cafétéria ?

L’analyse des modes de déplacement domicile-travail des travailleurs évoluant dans le secteur privé le confirme : la négociation âpre pour une voiture de société perçue comme l’avantage par excellence à obtenir perd en importance, au profit d’un choix parmi différents avantages adaptés aux besoins spécifiques de la personne, et dont la mobilité représente une volet important.

Cet enseignement ressort des résultats du quatrième baromètre de mobilité publié par Acerta. Si la voiture reste le moyen de transport privilégié — 65% des répondants optent toujours pour ce mode de déplacement pour se rendre au travail —, la proportion de bénéficiaires d’un véhicule de société semble plafonner. « La popularité de la voiture est bien entendu liée à celle du véhicule de société, note Benoît Caufriez. L’an passé, 19,6% des employés recevaient une voiture de société, mais cette proportion est stable comparé à l’année précédente (19,5%). Il semble bien que la voiture ne représente plus l’avantage par excellence à obtenir au cours de ‘négociations’ relatives aux conditions de salaire et de travail. »

L’autre enseignement majeur du baromètre, c’est que, plus que jamais, les travailleurs combinent différents moyens de transport pour leurs trajets domicile-travail. Ainsi, près de 11% allient voiture et vélo. « Certains le font quotidiennement : après avoir parcouru la plus grande partie du trajet en voiture, ils sortent leur vélo (pliable) du coffre pour terminer. D’autres combinent selon les circonstances du moment : s’il fait sec et qu’ils ne doivent pas passer par la crèche, ils enfourchent leur vélo. » D’autres combinent voiture et transports en commun. « En 2018, 8% des travailleurs ont pris régulièrement le train, le tram, le bus ou le métro. Mais il ne s’agit du seul moyen de transport utilisé que pour 6,28%. »

Les transports publics enregistrent une nette progression d’une année à l’autre (+7,8%), même si leur part peut paraître modeste. « En réalité, les transports en commun touchent bien davantage que 8% des Belges occupés, analyse Benoît Caufriez. Notre baromètre ne reprend en effet pas les données du secteur public. Or, les travailleurs de la fonction publique représentent une très grande majorité des voyageurs en train et bus pour leurs déplacements domicile-travail, en raison de l’accessibilité des bâtiments résolument pensée en ce sens et d’horaires plus en conformité avec les impératifs des transports publics. »

La montée en puissance du vélo dans les déplacements domicile-travail a commencé en 2011 et se poursuit depuis lors. L’an passé, plus de 26% des travailleurs ont régulièrement opté pour le vélo, soit une progression de près de 9% par rapport à 2017. « Le succès des vélos électriques, de plus en plus souvent intégrés parmi les possibilités offertes dans les plans cafétéria, explique en partie cette augmentation. D’après le baromètre, les Belges travaillent en moyenne à 19 kilomètres de là où ils habitent, une distance moyenne stable année après année. Les cyclistes parcourent en moyenne une distance de 8,3 kilomètres entre leur domicile et le travail. Mais grâce à des vélos plus rapides et à de meilleures infrastructures cyclables, il n’est pas improbable que le vélo (de société) gagne encore du terrain dans les années à venir. Il reste en effet un grand potentiel, notamment quand on voit la différence de popularité du vélo entre le Brabant flamand où son usage est très répandu et le Brabant wallon où il l’est beaucoup moins. »

Une certitude : aujourd’hui, les travailleurs se posent de plus en plus la question de la meilleure solution de mobilité pour eux, dans leur situation spécifique, et parfois même au jour le jour, en fonction des conditions du moment. D’où le conseil de Benoît Caufriez aux employeurs : « Mettez en place une politique de mobilité qui puisse être comprise dans un plan cafétéria. Dans diverses entreprises, des plans cafétéria ne proposant que des solutions de mobilité sont même établis. Outre la possibilité de prendre une voiture de société de classe inférieure pour la combiner à d’autres moyens de transport ou celle pour les travailleurs de choisir une voiture mise à leur disposition par l’employeur (les fameuses voitures cafétéria), de très nombreux plans prévoient l’option d’un vélo de société, voire une trottinette électrique. Plus les solutions possibles sont diversifiées, mieux c’est. Le budget mobilité devrait permettre de poursuivre en ce sens. »

Benoît Caufriez
Director
Acerta Consult

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