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Travailler aujourd'hui

Auteur:Nicolas Latteur
Editeur:Éditions du Cerisier, 426 pages.
ISBN:978-2-87267-205-9
Prix:€23
Sur une période de deux ans et demi, le sociologue Nicolas Latteur, formateur au CEPAG, est allé à la rencontre de 44 travailleurs, aux profils et dans des secteurs variés, pour qu’ils « racontent » leur travail. Il en ressort une photographie saisissante du « travail réel », tel qu’il est vécu et ressenti par les gens.

C’est un voyage saisissant au cœur du salariat que propose Nicolas Latteur, un voyage porteur d’enseignements pour les DRH tant les conditions de travail décrites interpellent. Des ouvrières qui, après leur nuit sur la chaîne, ont d’autres activités complémentaires pour pouvoir nouer les deux bouts. Des assistants sociaux évalués à la quantité de dossiers traités. Des écarts de sécurité rendus invisibles par une cascade de sous-traitants. Des cadres qui, parce qu’elles sont femmes, sont prises pour des secrétaires. Des banquiers malades de vendre des produits dont ils connaissent les défauts et amenés à frauder avec leur propre éthique. Une société qui pousse ses salariés à la démission. Des évaluations arbitraires qui mesurent la docilité des travailleurs,… Ces situations sont bien réelles, relatées par les salariés eux-mêmes.

Dans son ouvrage Travailler aujourd’hui — Ce que révèle la parole des salariés, Nicolas Latteur livre des propos bruts. Il répercute la parole de travailleurs pour s’intéresser au travail et aux conditions dans lesquelles il s’effectue, une parole qui met en lumière des réalités qui nous sont souvent invisibles. Ces « paroles de salariés » bousculent les bonnes intentions exprimées par les DRH. Pour le dire crûment, on est bien loin du bonheur au travail. Au point qu’on peut avoir l’impression d’avoir été invité au bureau des plaintes.

Il n’en est rien, d’après l’auteur. « Les personnes qui témoignent ne sont pas tellement dans la plainte, mais bien dans l’analyse et le décodage de situations de travail, précise-t-il. J’ai rencontré très peu de personnes qui ne sont pas engagées dans leur travail, même si celui-ci est difficile ou pénible. Rares sont les personnes qui n’étaient pas passionnées par leur travail. » Du bonheur au travail, il y en a, ajoute le sociologue, « mais pas le bonheur qui rend aveugle. Car, ce n’est plus alors le bonheur, c’est l’amour. Les travailleurs rencontrés se montrent lucides sur le travail qu’ils ont à accomplir et, surtout, sur les conditions dans lesquelles ils doivent l’effectuer. On n’est pas dans la plainte, mais dans une sorte de constat désabusé. Les gens expriment un fort attachement au travail bien fait, au fait de ‘bien travailler’. Or, ils mesurent un certain nombre d’écarts entre les conditions de la réalisation de leur travail et la possibilité d’un travail bien fait, entre le travail prescrit et le travail réel. »

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