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Politique du travail

Auteur:Laurent Tertrais
Editeur:Editions L’Harmattan , 130 pages.
ISBN:978-2-343-11501-6
Prix:€15
Quittons les approches comptables et moralisatrices sur le travail, exhorte Laurent Tertrais: la politique de l’emploi se joue au niveau du salarié. L’auteur invite à s’intéresser au travail lui-même, à l’activité, au rôle de l’accompagnement, aux métiers et à la fierté professionnelle.

A cause de l’ampleur du chômage, on ne parle plus du travail lui-même, regrette Laurent Tertrais, responsable éditorial sur les questions sociales et politiques et auteur par ailleurs de La Promesse syndicale. Quel syndicalisme pour le XXIe siècle? aux Editions Michalon (2012). « Qui, dans son entreprise, a des espaces de dialogue sur son travail? Non pas des réunions d’équipe ou des entretiens avec son chef, mais des moments de pause réguliers durant lesquels on parle de ce que l’on réussit, de ce que l’on rate, de ce que l’on voudrait faire, des doutes et des satisfactions quotidiennes. Des lieux où l’on entend que les erreurs font partie de la réussite. La machine à café ne suffit pas. Parler du travail, cela s’institue, s’autorise, se structure. »

Car l’emploi, dont on parle beaucoup, ne dit en fait rien du travail. Il précise un statut, délimite son champ, mais, à l’exception du travail indépendant (agriculture, artisanat, professions libérales), hors de l’emploi, il n’y a pas de travail reconnu comme tel. « Travailler, c’est utiliser ses capacités intellectuelles et physiques, ses compétences professionnelles et personnelles, ses appétences, son parcours et son capital social contre un revenu, une reconnaissance et un statut. Le travail est à la fois manuel et intellectuel. L’ingénieur se démêle avec des outils informatiques et le jardinier réfléchit à l’agencement d’un paysage. Le travail est à la fois respect des consignes et ajustements avec la prescription. Le travail, ce sont des tâches reconnues ou invisibles, des projets et des actes manqués ou des échecs (qui font partie de la réussite), entre frustrations et fécondité. »

L’auteur cite d’ailleurs des responsables RH qui plaidant, eux aussi, pour un recentrage de leurs missions autour de la question des métiers: « Poussées par une logique strictement économique, les entreprises ont tendance à mettre de côté l’analyse du travail réel. Elles ne définissent pas suffisamment leurs politiques de gestion des ressources humaines en se fondant sur une construction des parcours professionnels adaptés à la spécificité de chaque métier, ce qui permettrait d’assurer un réel développement des compétences tant individuelles que collectives. »

Le travail engage la personne, son corps, son rythme quotidien, parfois son sommeil (un salarié sur dix est en horaire atypique, beaucoup se disent accaparés par des préoccupations professionnelles le soir), parfois sa santé, nous rappelle Laurent Tertrais. « Le travail est abstrait, concret, intime, collectif, loisir, besogne, épanouissant, accablant… Le travail oscille entre tâches ingrates, parfois éprouvantes, et satisfaction d’accomplir une oeuvre, qu’elle soit infime, modeste ou ambitieuse. Le travail est un don de soi à quelque chose qui dépasse ses propres envies et intérêts immédiats, tout en étant une source de construction personnelle. »

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