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Petit traité du compromis

Auteur:Christian Thuderoz
Editeur:PUF, 376 pages.
ISBN:978-2-13-063491-1
Prix:€20
Le compromis, c'est un peu comme faire émerger un fruit qui n’existe pas a priori, un fruit qui serait composé d’une moitié de pomme et d’une moitié de poire. Décodage.

Au début du XXe siècle, le sociologue Georg Simmel qualifiait le compromis d’une des plus grandes inventions de l’humanité, « tant il fait partie des techniques que nous utilisons tout naturellement pour notre vie quotidienne ». Les Belges, eux, se targuent même d'être passés maîtres dans l'art du compromis, le fameux compromis « à la belge ». Mais qu’est-ce qu’un « bon » compromis ? Pourquoi, quand et comment concéder ? Comment combiner des intérêts antagonistes ou concilier des points de vue divergents ? Pourquoi le compromis a-t-il mauvaise presse? Peut-on compromettre des valeurs ou des concepts ?

Dans ce Petit traité du compromis, Christian Thuderoz, professeur de sociologie à l’INSA de Lyon, propose d’en comprendre le mécanisme, l’originalité et d’en (re)découvrir la noblesse. « Le compromis incarne une pensée de midi, une pratique de la mesure, de l’équilibre et de la juste répartition des droits et des devoirs. Modalité du vivre-ensemble, il est l’outil d’une démocratie renouvelée », écrit-il ainsi.

Alors, quelles sont, selon lui, les conditions d’un « bon » compromis, un enjeu d’importance pour le DRH, amené à négocier à différents niveaux de l’organisation ? Tout d’abord, le respect de certaines règles procédurales (au minimum, l’égalité des participants dans l’accès aux informations disponibles, l’échange d’arguments fondés, la justification des prétentions, le respect des règles classiques d’organisations des débats…). Ensuite, quelques règles comportementales (respect réciproque, relative sincérité des parties, disponibilité à la recherche de solutions originales…). Enfin, diverses procédures de construction des formules compromissoires sont nécessaires: exploration de scénarios, périodes de remue-méninges, débats contradictoires, volonté d’arriver à un meilleur compromis…

Christian Thuderoz souligne qu’il faut cependant faire autre chose que simplement « louer le compromis »: il faut le « penser », autant pour comprendre sa dynamique que pour outiller ceux qui y ont recours. « Bâtir des compromis, c’est oser, innover, entreprendre. Ceux qui les nouent savent les risques qu’ils prennent. Penser le compromis, c’est pareillement s’affronter à l’incertain, cheminer de côté, découvrir de nouveaux horizons. Mais c’est aussi, assurément, espérer qu’au sommet de la plus haute tension va jaillir l’élan d’une droite flèche, du trait le plus dur et le plus libre », comme l’écrit Albert Camus…

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