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L'Innovation Jugaad

Auteur:Simone Ahuja,  Jaideep Prabhu,  Navi Radjou
Editeur:Diateino, 378 pages.
ISBN:978-2354560966
Prix:€24
Dans un monde où les ressources se restreignent, les entreprises gagnent à s’inspirer de l’art de concevoir des solutions ingénieuses développées dans les pays émergents.

Tout au long du 20e siècle, les entreprises occidentales se sont engagées dans une ‘course aux armements’ en matière d’innovation en investissant des milliards en R&D. Mais l’innovation ne s’achète pas, laissent entendre Simone Ahuja, Jaideep Prabhu et Navi Radjou dans L’Innovation Jugaad. Simone Ahuja a créé Blood Orange, un cabinet de conseil en stratégie et marketing à Minnéapolis et Bombay, spécialisé dans les pays émergents. Jaideep Prabhu est professeur titulaire de la chaire Jawaharlal Nehru en business et management indien et directeur du Centre for India & Global Business à la Judge Business School de l’Université de Cambridge. Vivant dans la Silicon Valley en Californie, à Palo Alto, Navi Radjou est consultant en stratégie, spécialiste de l’innovation et du leadership.

Les études réalisées par Booz & Company en témoignent: il n’existerait pas de corrélation entre le montant que vous investissez en R&D et votre capacité à innover. Les pays émergents comme l’Inde nous offrent un modèle d’innovation alternatif beaucoup moins coûteux mais bien plus efficace, ajoutent-ils. Dans ces marchés émergents, les initiatives se multiplient qui prouvent qu’en partant d'une problématique et avec peu de moyens, il est possible de mettre au point des innovations de rupture.

L’innovation frugale – ou Jugaad en hindi – est la capacité ingénieuse à ‘faire plus avec moins’. C’est-à-dire à maximiser la valeur apportée aux consommateurs, actionnaires et à la société en général tout en minimisant l’utilisation de ressources rares – énergie, capital, temps. L’innovation frugale est pratiquée aujourd’hui par des milliers d’entrepreneurs dans les économies émergentes comme l’Inde, la Chine, l’Afrique ou le Brésil qui sont imprégnées de fortes contraintes et dans lesquelles des ‘innovateurs de base’, avec très peu de moyens, conçoivent des solutions abordables et durables dans les secteurs essentiels comme la santé, l’énergie, l’éducation ou l’alimentation. Pour les auteurs, les entreprises occidentales gagnent à s’en inspirer et à faire preuve d’agilité et de frugalité vu qu’elles sont confrontées à une complexité grandissante et à une rareté de ressources.

Innover sans y mettre les moyens, ce serait plus souvent possible qu’on ne le croit? Ainsi, à Détroit aux Etats-Unis, le constructeur automobile Ford a converti un entrepôt en une sorte de plaine de jeux pour adultes: il permet à ses employés d’y venir le week-end, leur donnant accès à des équipements numériques high-tech pour tester des idées et les prototyper. Ceux-ci peuvent y concevoir les objets industriels qu’ils veulent sans être jugés ou y rencontrer d’autres personnes intéressantes, par exemple. L’entreprise s’est rendu compte que les ingénieurs avaient des idées parfois farfelues et qu’ils n’osaient pas exprimer dans le cadre de leur job, mais qui pouvaient amener des innovations en lien avec le business. En trois ans, Ford a pu ainsi augmenter le nombre des brevets déposés de 50% tout en réduisant ses dépenses en R&D. On a également constaté que la qualité des idées émises avait augmenté. Cet exemple démontre que, quand l’innovation est trop encadrée, les gens préfèrent jouer la sécurité et n’osent pas donner la pleine mesure de leurs possibilités.

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