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Les cellules de reconversion en Wallonie

Auteur:Aline Bingen
Editeur:CRISP, 287 pages.
ISBN:978-2-87075-156-5
Prix:€19
Les licenciements massifs se succèdent et posent la question récurrente des leviers d’actions mobilisables aux niveaux politique et social pour contrer les choix des décideurs économiques et faire face aux conséquences sociales que ces décisions provoquent. Aline Bingen analyse deux réponses données aux impacts sociaux des fermetures et restructurations d’entreprise.

Depuis la crise des charbonnages jusqu’à l’onde de choc provoquée par la fermeture de l’entreprise Caterpillar à Gosselies, les licenciements massifs n’ont cessé de provoquer l’indignation et le profond désarroi des travailleurs. Renault, les Forges de Clabecq, la Sabena, Volkswagen, Ford Genk, ArcelorMittal, Delhaize… Professeur en sociologie et chercheuse à l’ULB, Aline Bingen analyse deux réponses particulières aux impacts sociaux des fermetures et restructurations d’entreprise. D’une part, les réponses politiques qui ont visé, à travers le temps, à atténuer les effets sociaux des décisions économiques. D’autre part, une réponse originale élaborée, depuis 40 ans, par les organisations syndicales et les pouvoirs publics en Wallonie pour venir en aide aux travailleurs brutalement congédiés: les cellules de reconversion.

Les pouvoirs publics ont d’abord visé à réglementer les licenciements collectifs, ensuite à favoriser le recours au reclassement professionnel et à en faire un droit du travailleur, explique-t-elle. Par la suite, l’État social actif a transformé ce droit en obligation, en condition d’accès au régime de prépension et de maintien des allocations sociales.

L’analyse montre bien qu’au fil des années, on a pu observer une transformation des responsabilités engagées dans les problèmes d’emploi, à savoir la fin des logiques de compensations sociales et une absence des mesures économiques susceptibles de garantir le réemploi des travailleurs licenciés. De cette façon, l’État a consacré le passage du traitement d’un problème collectif d’emploi à celui d’un problème individuel d’employabilité.

Cette plongée dans l’histoire éclaire également de façon intéressante des enjeux actuels. « En rendant obligatoire l’accompagnement des travailleurs licenciés, les pouvoirs publics ont donné une impulsion à un processus de fragilisation des parcours, largement renforcé depuis 2009, explique ainsi Aline Bingen. Avec la dégressivité accrue des allocations de chômage, le contrôle renforcé des travailleurs licenciés âgés, la fin des dispenses de disponibilité en fonction des années de carrière et le recul de l’âge de la prépension dite anticipée à 60 ans, les gouvernements successifs ont soutenu la flexibilisation accrue du marché du travail, en obligeant les individus à accepter n’importe quel emploi. »

Plus d'information: www.crisp.be

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