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Le travail invisible

Auteur:Pierre-Yves Gomez
Editeur:Editions François Bourin, 260 pages.
ISBN:978-2-84941-360-9
Prix:€22
On a perdu de vue la réalité des individus au travail, le travail tel qu’il se fait. Pierre-Yves Gomez incite à replacer le travail comme point de départ de la création de valeur.

La cause profonde de la crise économique de 2008 est à trouver dans la mauvaise gestion du travail. C’est le point de vue que développe Pierre-Yves Gomez, dans son livre Le travail invisible (Editions François Bourin, 2013). Pour ce professeur de stratégie à l’Ecole de Management de Lyon (EMLYON Business School), figure reconnue en matière de gouvernance d’entreprise et spécialiste du lien entre l’entreprise et la société, il faut totalement repenser le management du travail « en s’intéressant au travail réel des collaborateurs ».

Voilà trente ans que l’on nous fait la promesse d’une société où l’on ne travaillerait plus. Une société ludique, des loisirs sans fin, des subventions faciles, de l’oisiveté aristocratique, une société dont la devise serait « du pain et des jeux ». L’esprit de rente est l’opium du peuple. Un puissant narcotique pour gouverner une société indolente où des magiciens divertissent les travailleurs et les font disparaître. Pendant ce temps, les nouveaux capitaines du monde ont imposé leurs cartes, leurs mesures et leurs desseins grâce à un savoir mystérieux et terriblement efficace, « la finance ». Ils nous ont fait croire qu’on pouvait créer de la valeur à partir de rien.

Le fondement de la critique avancée par ce professeur? Les élites, politiques mais aussi économiques, ne voient plus le travail parce qu’elles pilotent l’économie et l’entreprise à partir de concepts, d’indicateurs abstraits, d’agrégations et de tableaux de bord. Le propos ne peut bien sûr laisser le DRH indifférent. Pour l’auteur, on en arrive aux limites d’un système qui finit par bloquer toute l’économie, ce que révèle la crise.

Pour en revenir au travail réel, à la réalité matérielle que les gens vivent au quotidien, et le valoriser comme cœur de l’activité économique, il faut l’observer, le connaître, le comprendre, indique-t-il. C’est pourquoi ses équipes contribuent à former des managers à l’observation du travail réel, mais aussi à la reconnaissance du travail effectué par leur collaborateurs, dans toutes ses facettes. Mais la solution se profile déjà. La crise montre que les travailleurs aspirent à être reconnus comme des sujets et non de simples opérateurs. Dans la vraie vie, le travail peut être pénible et fatiguant, mais il est aussi stimulant et enrichissant. Dans la vraie vie, le travail est vivant. « Sans reconnaissance, le travail est anonyme, vidé d’une partie de sa réalité, comme s’il avait été accompli par personne ou n’importe qui. Cette négation du travailleur en tant qu’être singulier est une des plus grandes violences qu’on puisse lui faire », écrit-il.

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