< Retour au sommaire

Le silence des cadres

Auteur:Denis MONNEUSE
Editeur:Vuibert, 235 pages.
ISBN:978-2-311-01421-1
Prix:€19
Les cadres sont-ils condamnés au burn-out ou à démissionner pour changer de vie et retrouver du sens? Enquête sur les sources du « malaise des cadres ».

Le thème de la souffrance au travail a été popularisé ces dernières années. Et celui du malaise des cadres est tout sauf neuf. Dans son livre, Denis Monneuse le qualifie même de « marronnier », un sujet régulièrement remis sur le devant de la scène médiatique, entre un dossier sur les Francs-Maçons et un autre sur l’immobilier. Ce sociologue, chercheur associé à l’IAE de Paris, a mené l’enquête via 200 entretiens qualitatifs auprès de cadres de grandes entreprises privées, mais aussi dans des PME et des organisations publiques.

Premier constat : la notion de « malaise » n’est pas anodine et son usage est parfois impropre, voire abusif. L’auteur retient toutefois son acception médicale, une sensation de mal-être accompagnée d’une impression imminente de perte de connaissance. « On peut parler de ‘malaise de cadres’ sans galvauder cette expression à condition que ceux-ci ressentent une perte d’identité et de reconnaissance, ces deux éléments faisant écho, au sens figuré, à l’impression d’évanouissement », explique-t-il.

Sur base des entretiens, Denis Monneuse identifie trois types de malaise : un malaise identitaire dû à une diminution du prestige, donc de la reconnaissance externe de ce statut ; un sentiment d’iniquité mesuré par le ratio contribution/rétribution qui donne le sentiment d’être perdant ; un mal-être, dû au manque de sens et aux conflits de valeurs, qui renvoie plutôt à des problématiques personnelles, à la capacité de chacun de trouver (ou non) la situation de travail qui sied à sa personnalité, où elle permet de se sentir à sa place, en adéquation avec soi.

Pour autant, la « révolte des cadres » souvent annoncée n’a pas eu lieu. « Mais ce n’est pas parce qu’ils ne se révoltent pas que les cadres se laissent faire, note-t-il. La force du silence tient au fait qu’il permet aux plus malins de retourner les armes de l’entreprise contre elle et de se faire justice soi-même. » L’auteur se demande ainsi si la véritable protestation aujourd’hui ne consiste pas, par exemple, à négocier ses objectifs à la baisse par rapport à l’ambition initiale de sa hiérarchie ou des objectifs assez facilement accessibles afin de se dégager des marges d’autonomie. Mais, conclut-il, tout comme on a les syndicalistes qu’on mérite, les entreprises se devraient de davantage ‘chouchouter’ leurs cadres, en commençant par leur donner la reconnaissance qu’ils méritent et les moyens de bien manager. Le livre ouvre quelques pistes en ce sens…

Sur le même sujet


< Retour au sommaire

Vous cherchez, vous trouvez!

HR Square | Revue, Infolettre, Réseau, Site web, Séminaires,...

Devenez membre maintenant!
Bénéficiez des avantages